L’homme invisible a été un très bon support d’échange autour du thème de la solitude.

D’abord le temps de la lecture :
Un résidant pleure lors de la lecture. Tous sont attentifs à chaque mot, à chaque phrase. Pas de bruit dans la salle, juste quelques soupirs qui en disent parfois long.

Puis le temps des commentaires :
–  » C’est un très beau livre qui montre combien on a besoin des autres pour exister. Moi ici, à mon arrivée, j’ai été tout de suite très bien accueillie par une dame, qui est devenue mon amie. Elle m’a permis de connaître les lieux, les autres. Nous avons tissé des liens et du coup, je me suis sentie bien moins seule. Grâce à elle, je me suis située et je me suis fait ma place ».
– « La psychologie du seul et du non seul est immense, dit un monsieur. Ca peut être très pesant parfois et à d’autres instants, c’est un vrai bonheur. Tout est une question de temps. Il faut pouvoir rester seul, l’homme en a besoin, mais pas trop longtemps. De plus, on peut très bien être à l’écart et ne pas se sentir seul ».

Le temps de l’échange :
Tour de table sur les besoins de sécurité et d’attention en institution : pour la majorité, ils se sentent  bien entourés à Semur. Sauf une dame : « Et bien moi, à mon arrivée, je me sentais tel l’homme invisible. Chaque fois que j’arrivais ici,

en salle d’animation, je disais un p’tit bonjour avec le sourire et personne ne me voyait, personne ne me répondait. Aujourd’hui, ça va mieux. Je me sens plus acceptée par le groupe.  »
On aborde les différences, le respect, la tolérance. Deux personnes résument par une expression:  » On regarde toujours la paille dans les yeux de son voisin mais on ne regarde jamais celle qu’on a dans l’oeil ». On convient ensemble à dire que chacun doit être respecté  malgré ses différences et que tous méritent de l’attention. On aborde même la maladie d’Alzheimer et la solitude engendrée par cette affection. Du coup, on comprend un peu mieux l’autre qui souffre. Tous sont d’accord pour dire que la vieillesse engendre la solitude et que plus on vieillit plus on est seul et donc plus on se sent seul.
Une dame de finir:  » Eh bien moi ce matin, quelqu’un est venu s’asseoir près de moi et m’a pris le bras en me demandant où elle devait aller pour déjeuner. Elle semblait seule et perdue. Je l’ai accompagnée en salle à manger. Je lui ai rendu ce petit service qui ne coûte pas grand chose mais qui a fait du bien à la personne.  On a tous besoin d’amitié, d’entourage, de relations. On n’a pas le choix, parfois que d’être seul, alors acceptons de ne pas laisser l’AUTRE tout seul….. »

Le temps de l’ouverture :
On fait le lien avec un livre, Robinson Crusoé de Daniel Defoe et un film, Seul au monde avec Tom Hanks. On décide ensemble de voir le film et de relire des extraits de Robinson.
Murielle et son équipe à Semur en Brionnais