A Jassans-Riottier dans l’Ain, 1 ,2, 3 albums a été adopté par la bibliothèque depuis plusieurs années. Le collège, la maison de retraite et l’Ephad en ont déjà profité.

Pour l’édition 2021, une classe primaire était partante. Comme c’était difficile d’envisager un jumelage avec des ainés en résidence à cause des contraintes sanitaires, Jennifer, la bibliothécaire, a fait l’offre au centre social. Cindy, l’animatrice, enthousiaste, en a parlé à des personnes de la ville, inscrites à des ateliers divers (couture, photo, jardin partagé, etc.).

Un groupe de 5 femmes et un monsieur auxquels se sont jointes deux bénévoles de la BM s’est constitué. Avec Cindy et Jennifer, ils ont préparé et joué la scénographie aux élèves. Un jeu de livres était à leur disposition à la bibliothèque, l’autre partant dans la classe.

L’album Les rides les a réunis. Les ainés et les enfants ont été photographiés par un spécialiste, Marc Féréol, bénévole au centre culturel. En deux séances à la bibliothèque, les élèves répartis en petits groupes, ont interrogé un senior sur sa vie puis rédigé sa biographie.

A l’occasion du vote, les voyageurs-lecteurs ont découvert les portraits grand format exposés 15 jours au centre culturel de Jassans puis encore 15 jours à la médiathèque Simone Veil.

Le monstre « aux limites de l’humain » est au programme de 6e. Juste avant le confinement du printemps, avec mes deux classes de 6e, nous avons travaillé sur le mot « monstre » et ses différents sens, sur les monstres dans les contes tels que les ogres et les sorcières.

Pendant le confinement, j’ai demandé aux élèves de regarder la vidéo de la lecture épicée des Souliers usés (Cela nous a permis d’avancer !) puis de réfléchir à la question suivante : « quel personnage du conte est monstrueux ? »

Leur réponse devait être argumentée.
Pour les uns, le monstre est évidemment le bourreau, celui qui coupe les têtes sans pitié.
Pour d’autres, c’est le roi qui ordonne la mise à mort des princes qui ne résolvent pas l’énigme des souliers usés et qui enferme ses filles.
Quant aux princesses, elles laissent faire leur père. Elles endorment les surveillants. Elles sont menteuses et moqueuses. Elles sont démoniaques.

Delphine NAUCHE, professeur de français au collège Antoine Chintreuil de Pont de Vaux (01).

 

Agnieszka et Pascale, sont deux bibliothécaires heureuses à Réalmont dans le Tarn. Pour la 3e année consécutive elles ont embarqué une classe Ulis du collège Louisa Paulin dans le voyage-lecture.  Hormis deux nouveaux, les jeunes sont les mêmes. Cette continuité est un point fort d’autant que leur professeur s’investit beaucoup dans le projet. Elle se réserve la surprise des albums qu’elle découvre par la scénographie et les emprunte pour six mois pour sa classe. Elle rebondit sur les thématiques.

Le groupe a bénéficié de 3 lectures épicées jouées à la médiathèque (sur les 5 prévues avant la suspension temporaire des cours au printemps).

Le vote a fait l’objet du dernier RDV. Et beau cadeau retour pour les bibliothécaires, les jeunes ont partagé leurs réalisations inspirées de quatre albums :

– L’Armoise de Louise où ranger leur documentation sur la Shoah
Une fiche technique sur le barrage de Razisse, proche de Réalmont
Une mappemonde où visualiser les voyages de Kini
Un cahier collectif de secrets

L’an prochain, fort de l’expérience d’autres classes de même profil (ou pas),  pour éviter la routine et gagner en puissance et visibilité, on pourra :
– faire  circuler les albums dans les familles
– donner une place active aux jeunes en leur proposant, par exemple, de monter et partager une lecture épicée ou une saynette inspirée d’un album,  avec leurs parents, leurs profs, des camarades ou du public à la médiathèque …
– faire profiter des animations d’autres publics jumelés ou non

VML

Quels beaux moments passés autour de la lecture partagée de l’album Le Barrage, avec 27 résidents de l’Ehpad de Semur-en-Brionnais, répartis en deux groupes !
Le livre a beaucoup plu. La lecture de l’histoire a entrainé une discussion passionnante autour de la construction d’un barrage, de son utilité, des conséquences, des avantages et des inconvénients.

On parle longuement du barrage de Villerest, situé à une trentaine de kilomètres et que la grande majorité ont déjà vu. Beaucoup se rappellent de sa construction dans les années 1970 et de son inauguration en 1972 :

Avant la construction du barrage, se trouvaient les tuileries Cancalon qui refusaient catégoriquement de s’installer sur un autre site. 

Avant sa construction, la Loire était souvent en crue, de Roanne jusqu’à la place de la grève à Digoin. On ne pouvait plus se rendre dans les villages avoisinants qui étaient coupés par les inondations. Depuis sa construction, les crues ont lieu uniquement en amont du barrage et les éleveurs concernés sont alors prévenus pour retirer leurs bêtes ! 

Le barrage a créé des emplois dès sa conception : nettoyage des berges, relevés par des topographes ou des géologues et a demandé ensuite beaucoup de main d’œuvre. 

Les résidents expliquent qu’il existe deux sortes de barrages : barrage voûte ou barrage poids. Le principe du barrage est de faire de l’électricité de façon écologique et c’est Electricité de France qui est chargé par l’Etat de les construire.

Tous se souviennent de la catastrophe du barrage de Malpasset en décembre 1959, qui a cédé au-dessus de Fréjus, balayant un quartier entier faisant environ 400 morts. On évoque le barrage de Génissiat ainsi que des grands barrages d’Egypte ou de Chine.

On se souvient de notre séjour vacances de 48 heures dans la Loire, il y a trois ans, avec la visite du barrage de Villerest et une balade en bateau sur le lac. Les participants donnent envie aux autres. Une nouvelle sortie est programmée pour faire découvrir ou redécouvrir le site. Et une dame d’ajouter : « En plus, on pourra manger au restaurant car là-bas il y en a deux !

Quel bonheur pour moi de m’être laissée porter par les souvenirs et les connaissances des résidents, mis en lumière grâce à un album.

Murielle Daumur, animatrice, porte-parole des résidents de l’Ehpad de Semur-en-Brionnais

Autant l’avouer, ni Nathalie la documentaliste ni moi, n’étions séduites par l’album sur Kini. Quant aux élèves de 6e, on se doutait que beaucoup ne le liraient pas seuls. C’était sans compter sur la lecture épicée créée par Livralire !

Et si on la préparait avec les élèves dans l’heure hebdomadaire où je les ai en demi-classe ? Le texte est facile à découper en 14 voix. Le groupe 1 a préparé la 1re partie vendredi dernier pour la présenter à l’autre partie de la classe.

Les élèves ont été vraiment sérieux dans la préparation de leur lecture. Le jour J, ils étaient stressés mais tout s’est bien passé ! Les autres élèves ont hâte de prendre la relève pour raconter à leurs camarades la suite de l’album. Une élève de 6e veut déjà faire la voix d’Ella !

Plusieurs élèves qui ne voulaient pas lire Kini, le monde à bras le corps (« texte trop long », « couverture trop moche ») ont changé d’avis sur l’album (Nathalie et moi aussi !). Nous avons échangé après la lecture et les élèves ont fait des remarques pertinentes. Pour Emma, c’est une femme libre et courageuse. Une rebelle, pour Nino. Et Quentin d’ajouter : Ella nous montre qu’on peut tout faire, quand on veut.

Pour mémoire, la fluence et la lecture à voix haute sont au programme des collégiens. Les lectures épicées nous permettent de travailler ces compétences en ayant un but concret : offrir une lecture à un public.

Delphine NAUCHE, professeur de français au collège Antoine Chintreuil de Pont de Vaux.

 

La lecture épicée de Quelqu’un m’attend derrière la neige a remporté un vif succès dans notre Ehpad de Semur-en-Brionnais comme dans celui de Marcigny. La mise en scène est magnifique. C’est très vivant et agréable à écouter.

Le contenu a été apprécié à l’unanimité. Lorsque Freddy se rend compte qu’il manque un bras au migrant, le public chuchote : C’est le petit garçon qui a sauvé Gloria ! Ces trois personnes qui se sauvent à tour de rôle les émeuvent beaucoup.

Gloria a permis un échange des plus riches sur le thème des hirondelles. Les résidents prennent notre relais et animent la conversation. En fins observateurs de la nature qu’ils ont été, ils nous expliquent :

  • Que les hirondelles faisaient en général deux nids par an dans les écuries de cochons ou de vaches, sur les poutres dans les vieux bâtiments.
  • Que détruire un nid d’hirondelle est un sacrilège. Ces oiseaux sont de véritables baromètres, puisque leur arrivée et leur départ donnent une indication précieuse sur l’arrivée du printemps puis de l’hiver.
  • Qu’elles se réunissent sur les fils électriques avant de repartir, qu’elles poussent la sérénade avant de parcourir jusqu’à 10 000 km.

Des proverbes sont échangés : L’hirondelle ne fait pas le printemps. Quand l’hirondelle vole haut, il fera beau et quand elle vole bas, c’est signe d’orage !

Des blagues sont racontées : Toto est en classe et l’instituteur demande de citer des rapaces : Toto répond : « L’hirondelle Monsieur ! » « Pourquoi donc Toto ? » « Parce qu’elle passe et qu’elle rapace ». On rit, on chante aussi le titre de Georgette Plana : L’hirondelle du faubourg.

Un résident nous apprend qu’avant les hirondelles s’appelaient des « arondes ». Il se lève et va dans sa chambre. Il revient avec un tiroir en bois dont l’assemblage est à queue d’aronde, avec des tenons et mortaises dont la forme rappelle celle de la queue de l’hirondelle.

Murielle Daumur, Ehpad de Semur-en-Brionnais  (71)

Au lycée Hilaire du Chardonnet à Chalon/Saône, Agnès Martre, documentaliste, a proposé à deux professeures de lettres de prendre appui sur les albums pour travailler l’expression orale avec leurs élèves : Madame Perreau avec 10 élèves allophones, Madame Seghetto avec 10 élèves de secondes (2 x5) volontaires de ses groupes d’accompagnement.
Chaque groupe a reçu en mars un album de la sélection. Les cinq autres livres étaient en consultation libre au CDI.

La pandémie a dicté l’organisation, parfois chaotique quand les jeunes n’étaient pas au lycée aux mêmes dates. Pour pouvoir avancer, certains faisaient des « heures sup » en présentiel, mettant des parents à contribution pour les conduites.

Emmanuelle Lieby, conteuse, a aidé les jeunes à mettre en bouche les récits sous trois formes différentes :
– Une polyphonie contée pour Les dessins de Claire avec la prouesse de textes sus par cœur et le charme des accents des six garçons africains et des trois filles originaires de Pologne, Australie et Syrie.
– Une théâtralisation pour Si je reviens un jour.
– Des jeux de récréation (1, 2, 3 soleil, plouf plouf, …) pour décliner avec humour les Rides : Je ride, tu rides, nous ridons…

A les écouter et les voir, on imagine les progrès que certains ont fait au niveau de la langue et de la confiance en eux pour se produire devant des camarades, leurs professeures et la principale du lycée.

J’avoue être admirative de l’investissement de tous pour mener le projet jusqu’au bout et offrir des restitutions de qualité.

VM Lombard