Mes élèves de la 5e Segpa du collège Jean Jaurès à Albi ont découvert par l’image l’album Je n’ai jamais dit. A partir des illustrations, ils ont imaginé un secret pour chaque personnage avant de découvrir ceux proposés par les auteurs.

Des personnages, on ne sait que le prénom, l’âge et le pays d’appartenance. S’ils taisent ce qu’ils ont fait ou ce qu’ils ressentent, c’est qu’il y a une raison. Les jeunes ont imaginé pourquoi. Ils se sont mis avec empathie dans la peau d’un personnage. Ils ont travaillé à plusieurs et avec persévérance pour écrire leurs fictives confidences.

J’avoue être fière du résultat. Voici ci-dessous un aperçu, dans un montage réalisé par Livralire, des productions de Ahlem, Carla, Enzo, Fayrouge, Mathis, Melvin, Nakida et Nohlam, les autres étant tout aussi intéressantes.
Madame Balocco, professeure (Tarn)

Je m’appelle Ezra, j’ai 31 ans, je suis d’origine Sud-Africaine. Je n’ai jamais dit que j’avais peur des araignées et des clowns. Je ne l’ai jamais dit à personne car vous imaginez un policier qui fait partie du RAID, qui n’a pas peur des braqueurs armés, des terroristes, mais qui a peur des araignées ?

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Je m’appelle Jie, j’ai 7 ans. Je viens de Chine et j’ai un dragon qui s’appelle Riz. Il a éternué et des flammes sont sorties de son nez et de sa bouche.

Le local à poubelle a brûlé, on est parti. Je n’ai jamais dit que c’était moi. Je n’ai pas envie de le dire, je ne veux pas qu’on m’enlève mon dragon.

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Moi c’est Asrar. J’ai 16 ans et je suis algérienne.
Je n’ai jamais dit à personne que je rêve de devenir mannequin.

Si je l’étais, je pourrais faire plein de choses comme voyager, faire des photos, représenter des marques de vêtements. Et peut-être devenir une star.

Enfin, voilà, c’est tout ce que je rêve de faire. Mais, à cause de ma religion, je ne peux pas faire tout ça. Dans notre religion, ça n’existe pas. Les femmes n’ont pas le droit de faire tout ce qu’elles veulent. Il y a des obligations à respecter et comme je suis musulmane je suis obligée de faire ce qu’on me dit.

Voilà pourquoi je n’ai rien dit. Je ne voulais pas décevoir ma famille.

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Je m’appelle Safiha. J’ai 37 ans. Je vis en Irak et je suis Kurde. Je n’ai jamais dit que j’ai sauvé un ennemi parce que mon camp va dire que je suis une traître. Je ne voulais pas qu’il meure. Pourquoi? Parce que c’est un humain comme tout le monde.

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Je m’appelle Natalya. J’ai 8 ans et je suis d’origine Russe. J’ai un secret que je n’avais encore jamais dit : je déteste la danse. Je vais vous raconter pourquoi.

Tout a commencé à ma naissance. Je suis née le 25 octobre 2007 et depuis, ma mère me force à faire de la danse. Si je l’écoute, c’est comme cela de génération en génération, alors c’est fichu. Je dois continuer encore et encore.

Moi je rêve d’être footballeuse professionnelle ! Mon père est professeur de football, ma mère, professeur de danse. Mon frère jumeau, lui, fait du football. LA CHANCE !!

Je fais tout pour en parler à ma famille, mais j’ai très peur de leur réaction. Comment faire ?

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Je m’appelle Amaravathi. J’ai 32 ans et je viens d’Indonésie.

J’ai un secret : je n’ai jamais dit que j’ai volé pour ma famille.

Je suis une mère d’une famille pauvre. Mon mari est mort d’un cancer et je n’ai pas de travail. Je ne gagne donc pas d’argent.

Comme mère protectrice de mes enfants, je ne voulais pas qu’ils meurent de faim. Je suis allée au supermarché, au rayon des sandwichs et j’ai volé, pour eux.

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Je m’appelle Ziad, j’ai 21 ans. Je vivais en Syrie. Mon pays était en guerre, il y avait des bombardements, des explosions, de la tristesse, de la peur et de la violence.

J’ai du fuir mon pays en bateau. Il était petit, plein de monde.

Pourtant, j’ai un secret. Je n’ai jamais dit que j’ai vraiment très peur de l’eau…

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Je m’appelle Johan. J’ai 10 ans et je suis australien.
J’ai un secret, je n’ai jamais dit que j’aime porter les habits de ma mère .
Je ne l’ai jamais dit parce que j’ai honte .

Je ne le dirais jamais ni à ma famille ni à mes proches .

J‘aime porter les affaires de ma mère parce que je me sens mal dans ma peau. Je veux devenir une fille et ma mère ne doit jamais voir que je porte ses affaires.

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Au collège de Leyment dans l’Ain, l’équipe de l’Unité d’enseignement s’est emparée du projet 1, 2, 3 albums à bras le corps.

Après la scénographie jouée au CDI, les enseignants ont partagé les lectures épicées avec leurs élèves de 12 à 16 ans de cette classe thérapeutique rattachée à un hôpital pédopsychiatrique.

Ensuite et entre autres, ils ont fait réaliser par les jeunes un panneau autour de chaque album, façon de mettre en mémoire les personnages, de repasser le fil de l’histoire jusqu’au final, de poser le cadre et l’époque.

Emilie Nallet, professeur documentaliste, collège Leyment (01)  

L’année dernière, une classe de 1MEI/PLC (1ère professionnelle Plastiques et Composites, Maintenance des Equipements Industriels) avait entamé un travail de réécriture, inspirée de l’album Philémon et Baucis*, malheureusement stoppé par le premier confinement du printemps 2020.

Après quelques péripéties, la classe a pu achever ce beau projet, sous la forme d’une pièce radiophonique de cinq minutes :  Martin et Maxime.

Nous sommes très heureux de pouvoir enfin partager l’histoire d’un duo de frères qui, à Mondeville, ont accueilli deux SDF venus frapper à leur porte. Félicitations aux jeunes et à leurs professeurs !

Arnaud Legoff, médiathèque Quai des mondes, Mondeville (Calvados)

 *L’album Philémon et Baucis qui aborde le thème de l’hospitalité pourra être proposé en livre cousin de Quelqu’un m‘attend derrière ma neige.

 

A la suite de Gloria et de ses comparses, héroïnes de Quelqu’un m’attend derrière la neige, qui voient les hommes s’agiter en dessous d’elle, nous avons, avec les 6e, imaginé des hirondelles voyageant au-dessus des albums.

Chaque élève a :
– choisi un album de la sélection du voyage-lecture en cours
– colorié un profil « standard » d’hirondelle dans la tonalité correspondante
– raconté* ce que l’oiseau a vu, compris et ressenti.

Karine Pépin, Collège George Sand, Pont de Veyle (Ain)

*cliquer sur les photos pour lire le texte

Je n’ai jamais dit, tu n’as jamais dit, ils n’ont jamais dit …

Au collège Saint Joseph La Salle de Dijon, après la lecture de l’album de Didier Jean & Zad, nous avons encouragé les élèves de la classe de 6e B à partager quelque chose qu’ils n’avaient jamais dit. Leurs propositions, plus ou moins fictives, sont partagées sous forme d’un mur numérique (padlet).

Cécile Pereira (professeure de Français), Frédéric Gillot (professeur documentaliste).

 

Échanges à bâtons rompus après la lecture épicée de Kini, le monde à bras le corps par trois adultes devant douze élèves de 6ee.
(En noir les 6e, en bleu, les adultes)

– Est-ce que c’est une histoire vraie ? Est-ce qu’elle a vécu ?*
Bien sûr que Kini a existé ! A votre avis, qu’est ce qui nous le prouve ?
Sa photo** et celle de ses complices de voyages, la couverture de ses différents livres aussi.
– C’est bizarre pour une sportive de fumer la pipe !
A l’époque on n’avait pas fait le lien entre santé et tabac ; on fumait couramment.
Elle ne s’est pas mariée et n’a pas eu d’enfants. C’est pas normal pour une femme !
– Avec tous ces voyages, elle n’aurait pas eu le temps de s’occuper d’une famille.
– C’était pas important pour elle.
– C’est une femme sacrément indépendante.
– Elle a fait ce qu’elle voulait de sa vie.
– C’est une aventurieuse !
Eh oui ! Une aventurière curieuse, rieuse !

 * L’incrédulité des jeunes lecteurs est un bonne rampe de lancement pour l’échange. Cela permet de revisiter l’album dans sa totalité, c’est-à-dire de :
– fixer dans les mémoires les principaux épisodes de la vie d’Ella Maillart
– mettre en évidence le caractère extraordinaire de son parcours
– aborder le thème de la singularité : savoir qu’il est possible de marcher en dehors des sentiers battus, qu’une vie n’est pas nécessairement toute tracée.

C’est dire, dès lors, si ce temps de lecture partagée, même bref, n’est pas perdu.

** De l’intérêt d’avoir mis en avant (dans la lecture épicée) les protagonistes avec leur photo noir & blanc et pas seulement les illustrations de l’album.

Véronique Lombard et Emmanuel Delorme, professeur de lettres, collège Camille Chevalier (Chalon-sur-Saône)

 

 

Enseignante en Segpa, j’ai été entrainée dans 1, 2, 3 albums l’année dernière par notre conseillère pédagogique. Confiante et intéressée, j’ai embarqué cette année 16 élèves de 5e Segpa du collège Louis Pasteur à Graulhet dans le Tarn.

J’ai commencé par Les Rides.  Après la lecture collective, j’ai demandé aux élèves de repérer les différentes émotions puis de chercher une personne de leur entourage, ridée, qui  accepterait d’être prise en photo en faisant une grimace, en riant, en exprimant un secret ou simplement au naturel.


La plupart des grands-parents vivant au loin, seule une jeune fille a tiré le portrait de sa grand-mère. Alors, j’ai proposé aux élèves de chercher sur internet un visage qui illustrerait une des  trois expressions (ou non) et de lui inventer un autoportrait à la manière de ceux donnés dans l’album, avec une ville et un pays, un métier, une situation familiale. L’ensemble forme quatre panneaux.
Marion BASTIE, collège Louis Pasteur – Graulhet (81)

 

Suggestion Livralire : pour un rendu global qui valoriserait davantage les productions, donner au départ aux élèves un modèle de fiche où coller la photo et écrire le texte. Puis organiser un agencement « artistique » sur le tableau avant collage.