Des albums nous parlent, d’autres non !

cartes postales, L'incroyable histoire de l'orchestre recyclé commentaire »

A  l’Ehpad de Semur en Brionnais (71), une vingtaine de résidents participent à 1, 2, 3 albums. Les lectures partagées sont l’occasion d’être ensemble, d’écouter une histoire, de discuter autour d’un thème commun, de partager. Tous peuvent s’exprimer autour de l’histoire qui vient d’être lue selon leurs envies, feuilleter l’album du jour, l’emprunter pour le relire aussi.
Au fil des lectures, les impressions, les  ressentis, les souvenirs, les émotions s’expriment et  les discussions – et parfois les débats – sont riches.

Mais il est vrai que les albums ne remportent pas tous le même suffrage, certains entrant plus en résonance avec la vie des aînés que d’autres.

L’orchestre recyclé a inspiré des réflexions sur ce qu’on peut faire de magnifique avec pas grand-chose, sur la misère et le bonheur qui est « contagieux si on va le chercher ou si on le donne ».
Il nous a permis de faire le point sur les goûts musicaux des uns et des autres.
J’adore la musique, le reggae, la dance.
J’écoute souvent de la musique.
Mon cœur penche plus pour l’opéra que pour le rap !

Naya, Les bonnes nouvelles du monde et Nos plus grands rêves ont également beaucoup plu. Preuve en est cette belle affiche illustrant les « grand rêves » des participants racontés après coup, réalisée dans le cadre des activités manuelles et affichée dans le hall d’accueil *.

Méditerranée n’a pas forcément été compris par l’ensemble du groupe qui a discuté quand même autour du titre, laissant émerger des souvenirs de mer.

Les résidents sont restés perplexes face à L’extraordinaire histoire d’Adam R. **. On a évoqué Moby Dick et parlé de la lecture en général. Et même si le livre n’a pas plu à ce public, on a passé un très bon moment et on a ri avec cette dame qui a parlé du très grand De Gaulle et du petit Sarkozy !

Preuve en est que les lectures peuvent nous emmener loin, très loin dans la discussion et les échanges.
Murielle Daumur, animatrice

Additifs LIVRALIRE :
*En Isère, Le jardin de rêves, composé de ceux de jeunes de 5e et des aînés partagés en séance commune à Corenc, est exposé fin mai 2018 à l’Ehpad Ma Maison de La Tronche durant le festival des Fruits de la passion.
  **Ailleurs, Adam R.  a été  très apprécié par des adultes qui se sont reconnus dans la marginalisation provoquée par la différence ou la lecture qui les a sauvés à un moment de leur vie.

Au collège, mieux lire grâce aux albums

Bonnes nouvelles du monde, cartes postales commentaire »

Septième atelier lecture à la maison des seniors à Chalon sur-Saône. De 15h à 15h30, nous découvrons la lecture polyphonique des Bonnes nouvelles du monde.  Puis, pupitres et livres en main, nous partons à pied pour le collège Camille Chevalier où nous allons partager l’album avec les jeunes de 6e, nos complices de lecture.

On aménage un peu la classe pour que chacun puisse bien voir les illustrations de l’album. Une fois la lecture épicée terminée, Emmanuel, le professeur de lettres, prend le relais et questionne les élèves. Toutes les idées sont accueillies et approfondies, les questions et les commentaires acceptés, même les plus naïfs.
– C’est pas possible aux oiseaux de faire de tels trajets en si peu de temps !
– Mais si puisqu’on est dans une histoire !            

– Vous dites que les peintures sont faites sur du papier journal.  Ça n’a pas sa texture.
Les illustrations des albums sont des reproductions.

On observe que les bonnes nouvelles résultent de petites choses qui ont pris de l’ampleur : un cadeau de deux œufs …  et la vie d’une famille s’améliore. Les enfants font entendre leur voix … les ours blancs sont sauvés.

Une fois les élèves envolés, nous partageons nos impressions avec le prof :
C’est autrement plus ouvert que quand j’étais au collège où on se devait d’avoir la réponse attendue.
C’est quasi philosophique.

Et l’enseignant de nous rappeler que c’est ça apprendre à lire : comprendre ce qui se dit entre les lignes, autrement dit mettre les élèves en situation d’apprécier l’intention de l’auteur.
C’est aussi la raison pour laquelle il tente de tirer profit de toutes les propositions des élèves : partir de leurs représentations du texte permet de préciser, enrichir, faire évoluer ces dernières et développer ainsi la compréhension. Par exemple, avec l’album Bonnes nouvelles du monde, il s’agit de permettre aux élèves de prendre conscience, par le biais de leur lecture, qu’une meilleure marche du monde tient aux petits faits et gestes que nous pouvons tous accomplir au quotidien. C’est sacrément encourageant et permet d’envisager l’avenir avec optimisme !

On est ressortis rajeunis et épatés de cette immersion en milieu scolaire qui nous donnerait presque envie de retourner au collège !
Joëlle, Claudine, Jean, Pierre, Guy et Véronique

Voter pour partager, pas pour gagner !

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1, 2, 3 albums est un voyage-lecture pas un concours de lecture.
C’est une aventure de lectures partagées, pas un championnat ni un défi.
Et pourtant on propose un scrutin.

 Voter est en effet un moyen de :
– clore l’aventure de lecture.
– dire quels sont les albums qu’on a préférés : les 3 titres qu’on aimerait offrir à quelqu’un ou se faire offrir.
– avoir une occasion d’initiation citoyenne.
– retrouver ceux avec qui on a partagé des moments de lectures et d’échanges notamment dans le cadre de jumelage.
– rencontrer d’autres personnes qui ont lu les mêmes textes. Exemple, à Sens (89) ou à Chagny (71) où tous les voyageurs se retrouvent à la médiathèque pour voter et partager une interprétation de lecture.

Livralire fournit du matériel (modèle d’affiches, de bulletins, fiches de résultat) et un guide pour organiser au mieux le vote individuel ou de groupe.
Exemples :
– A Courson-les-Carrières (89), le vote intergénérationnel se fait en deux temps. Jeunes et aînés, répartis en petits groupes ont discuté et fait un choix unique de trois albums préférés. Un délégué déposait ensuite le vote du groupe dans l’urne.
– A Chagny (71) : Le vote réunit les élèves de CM, de 6e et les aînés de l’Ehpad. Le vote a lieu dans chaque classe et à l’Ehpad. Lors de la dernière rencontre, les bulletins sont apportés, déposés dans l’urne et comptabilisés en public.

On peut organiser le vote quand on veut, sachant que les résultats doivent être transmis aux correspondants départementaux au plus tard le mercredi 13 juin.

 Les résultats seront proclamés le lundi 18 juin 2018.

Rêver d’aller mieux

cartes postales, Nos plus grands rêves commentaire »

Depuis 3 ans nous présentons 1, 2, 3 albums au centre psychiatrique du Cluzeau (36) en partenariat avec l’art- thérapeute et l’animatrice de l’établissement. Une fois par mois, nous faisons des lectures épicées, le public d’âge différent variant d’une séance à l’autre.

Après la présentation de Nos plus grands rêves,  les patients ont été invités à mettre par écrit leur plus grand rêve. Les réponses ont été partagées anonymement sous la forme d’une pioche. On a entendu entre autres :

Mon plus grand rêve, c’est de :
– voir grandir mes enfants en bonne santé et de me soigner pour être présent dans leur vie
– croire en moi en positivant et en faisant confiance aux autres
– ne plus être plus malade et essayer de ne plus me soucier
– gagner au loto en commençant à jouer
– retrouver la santé
– retourner chez moi en prenant le premier avion

L’art-thérapeute créée avec les patients à partir des albums. En juillet une exposition des œuvres aura lieu à la bibliothèque.

Catherine et Sylvie, bibliothèque de Rollinat (36)

Lecteur-acteur = le bonheur 

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Christine Liebe Nicolet raconte.
Au collège Jean-Jacques Rousseau de Val-de-Travers (Neuchâtel, Suisse), une classe de 8 Harmos (11-12 ans) a préparé la scénographie des 8 albums pendant tout le mois de janvier. Un metteur en scène est même venu l’aider !
Les élèves étaient un peu anxieux d’avoir à emmener en voyage leurs camarades et leurs parents. Plus de 200 jeunes ont eu la chance d’assister à la présentation de 1,2,3 albums. Tous sont ressortis enchantés et impatients de découvrir les albums.

Voici quelques commentaires rédigés par les « comédiens » :
Pour moi, 1,2,3 albums, c’est…

Du bonheur ! C’est juste magique ! Ça a été une joie, pour moi, d’avoir participé à cette scénographie – Elodie
Une partie de plaisir ! Une activité superbe – Hugo
Une belle expérience – Enzo
Pour montrer que les albums ne sont pas que pour les petits –Théo


La permission de s’évader et de rêver
Soraya
Permettre de créer des liens – Gil
Un moment de partageOphélie
Un plaisir de partager des histoires – Alexia


Une présentation de livres où l’on raconte une partie de l’histoire – Malo
Partager les albums et raconter l’histoire pour donner envie de les lire – Romain
Une façon de faire découvrir des livres à d’autres gens Tia
Une façon de transmettre la passion de lire –Bruno
Une façon de pouvoir partager notre passion de lire. J’ai appris beaucoup de choses –Nastasia
Aimer lire – Emma N., Lola, Emma D.
Une façon de pouvoir exprimer note passion de lire. Je suis très content d’avoir participer à cette activité – Tanguy

A Champicaulivres (89) : un exemple inspirant de voyage-lecture à la campagne !

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Dans l’Yonne, les bénévoles de « Champicaulivres »,  la bibliothèque de Champs-sur-Yonne (1580 h), s’activent depuis des années, entraînant avec elles les dépositaires de deux villages voisins, Quenne (1080 h) et Augy (452 h). Suite à un stage organisé par la Bibliothèque Départementale sur la mutualisation en bibliothèque, elles ont adopté 1, 2, 3 albums comme projet commun.

Elles ont préparé en équipe la scénographie qu’elles ont jouée à la bibliothèque aux scolaires de Champs et d’Augy, et à domicile pour les personnes de la résidence de Champs et les adultes handicapés d’Augy. Les lectures « épicées », travaillées cet hiver dans l’atelier organisé par la BDY, sont faites dans les classes.

« C’est du boulot, mais c’est payant », dixit Georgette Raphaël, présidente pendant 20 ans. La lecture coopérative facilite l’écoute. A l’école, l’enseignante voit ses élèves au petit appétit dévorer les albums. A Augy, le public les a beaucoup remerciées.

Leur expérience met en avant trois facteurs qui pourraient inspirer bien des professionnels :
– La rentabilité : une même animation sert à des publics différents. Le temps de préparation est amorti et le plaisir est décuplé.
– La mobilité : les animatrices du voyage-lecture accueillent dans leurs murs le public autant qu’elles se font inviter à l’extérieur.
– La visibilité : le déroulement des rencontres et les impressions des lecteurs sont mis en ligne sur le blog de la médiathèque par l’actuelle présidente Christine Gouin.

VML

À propos de Tsimiavo (par l’auteur de l’album)

cartes postales, Les Robinsons de l'île Tromelin commentaire »

Enfants et adultes m’interrogent souvent sur le prénom de mon héroïne. Est-il « vrai » ? ou s’agit-il d’un « prénom inventé » ?

Des 160 hommes, femmes et enfants arrachés à l’île de Madagascar, parqués dans les cales de l’Utile, fracassés sur les récifs de l’île de Sable*, puis abandonnés (pour ceux qui avaient survécu au naufrage) pendant 15 ans sur cette île déserte, il ne reste rien ou presque. De cette masse indifférenciée d’hommes, de femmes et d’enfants de tous âges émerge un prénom, et un seul, porté jusqu’à nous par les vents et hasards de l’Histoire : Tsimiavo.

ill. : Aline BUREAU

Ce prénom est celui de l’une des sept ultimes survivantes de cette tragédie. En langue malgache, il signifie « celle qui n’est pas orgueilleuse ». À mes yeux, Tsimiavo est surtout une battante. Elle a survécu à sa capture sur l’île de Madagascar, au naufrage du bateau qui la transportait, à 15 ans d’oubli sur un confetti corallien dénué de végétation et d’abris, au désespoir et à la mort qui rodait. Elle a même réussi l’incroyable exploit de donner naissance à un enfant sur cette terre stérile. C’est grâce à lui que nous connaissons le prénom de sa mère, mentionné phonétiquement sur son certificat de baptême​**​.

À leur arrivée sur le sol de l’île de France, le 14 décembre 1776, cet enfant, sa mère — Tsimiavo — et sa grand-mère, se virent en effet offrir le gîte et le couvert par l’intendant du roi de France. Encore fallait-il qu’ils soient baptisés pour pouvoir franchir la porte de son domaine en bons chrétiens… Tsimiavo fut ainsi rebaptisée Eve, son fils (nommé Hériniaina « la force de la vie » dans mon récit) fut nommé Jacques-Moïse et sa grand-mère se vit affublée du prénom de Dauphine (nom du navire de leur sauveteur). Seul le certificat de baptême de l’enfant est arrivé jusqu’à nous grâce aux recherches menées par Max Guérou​t​ et ce prénom… Tsimiavo qui ne doit plus jamais retomber dans l’oubli.

*l’île de Sable est aujourd’hui connue sous le nom d’île Tromelin.
** Ce certificat est conservé aux Archives Nationales d’Outremer, à Aix-en-Provence.

 Alexandrine Civard-Racinais


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