Propositions de couvertures de la BD Si je reviens un jour par des élèves du collège Georges Bataille à Riom-es-Montagne dans le Cantal.

Pierre, 35 ans, habite Chalon/Saône. Il a lu tous les albums.
Pour les 6e du collège Camille Chevalier embarqués par leur professeur de lettres dans 1, 2, 3 albums,
il a dessiné une carte postale avec un visuel pour chaque livre.

A vous de les reconnaitre ?

Si je vous dis bal, seule, rides et secret, vous pensez à quel album ?
4 acrostiches réalisées par des 6e du collège de Pont-de-Vaux (01)

L’album Les rides de JR a été le point de départ d’une correspondance tissée entre les résidents de l’Ehpad des Peupliers à Bourg-en-Bresse et la classe de 3e du collège de la Plaine de l’Ain à Leyment (01)

Premier échange : le temps de la jeunesse
Les collégiens, sans destinataire attribué, font leur autoportrait avec une illustration, un dessin ou une photo, et confient comment ils imaginent leur vie future : rêves, peurs, espoirs.
Dans le même temps, les ainés retrouvent une photo de leur jeunesse et partagent leurs souvenirs.

Les courriers sont échangés, et les élèves, émus, découvrent qui a lu leur lettre et comment on vivait, à leur âge, en pleine seconde guerre mondiale.

Deuxième échange : le temps de la vieillesse
Les collégiens se projettent dans le futur. Quel visage auront-ils au soir de leur vie ? Que racontera-t-il des épreuves traversées ?

Les résidents, pris en photo par Marie-Line, leur animatrice, écrivent sur leur vie et parlent de leur quotidien dans la résidence.

Les élèves attendent avec impatience cette deuxième lettre. Ils se souviennent parfaitement du premier portrait de jeunesse qu’ils ont reçu. Ils répondent, trouvent des points communs avec leurs aînés ! « Nous ne sommes pas les meilleurs mais nous ne nous laisserons jamais manipuler ou offenser. Nous partageons ça avec vous. »

Les ainés se réunissent pour découvrir les portraits imaginaires des élèves dans quelques années à partir de leurs têtes actuelles. Leurs visages se dérident, rayonnent de joie et d’émotion à la lecture des petits mots des jeunes.

Quel pied de nez au virus que ce projet mené à bout et quelle expérience ! On ne serait sans doute pas allé si loin face à face.
Comme le dit Jacqueline : « Nous ne nous sommes pas rencontrés, mais nous avons l’impression de nous connaître. »
Les rencontres sont parfois plus belles encore par l’écriture…

Emilie Nallet associée à Marie-Line Dumange et Jessica Mota

Au collège de Pont de Vaux dans l’Ain, Delphine NAUCHE, professeur de français, voyageuse fidèle et investie, repère chaque début de saison les albums à potentiel collaboratif. Aujourd’hui, elle partage la démarche et le résultat du travail interdisciplinaire autour des Rides, dans une mise en page inspirée de l’original, sur fond bleu ou jaune selon la sixième d’appartenance des futurs seniors.

Vincent Aupoil, professeur d’histoire-géographie, a fait travailler les élèves sur les différentes villes de l’album et les vestiges du passé que l’on trouve dans ces villes. Les élèves ont fait des recherches sur internet et savaient par la suite reconnaître les villes grâce aux monuments et bâtiments.

En français, sur les heures de groupe, nous sommes allés au CDI où j’ai été épaulée par ma collègue documentaliste, Nathalie Blanc. Nous avons fait la lecture épicée sur l’album après avoir replacé sur un planisphère les villes étudiées en histoire-géo.

Puis j’ai lancé le sujet d’imitation : « imagine et rédige la belle vie de ton alter ego vieillissant ». Les élèves ont trouvé facilement l’inspiration et ont pour la plupart imaginé vivre ou voyager à travers le monde. Je pense que c’est à cause / grâce au travail de mon collègue de géographie qui leur a fait voir ce qu’il y avait au-delà de Pont de Vaux !

En arts plastiques, Stéphane Boulet-Burgan a fait travailler la matière aux élèves puis il a photographié leur production qu’il a appliquée comme un filtre sur leur visage.

Après la découverte de l’album Je n’ai jamais dit, j’ai proposé aux jeunes de 11 à 15 ans, intégrés à l’ITEP Le chemin à Albi, avec qui je voyageais pour la première fois de :
– dessiner un personnage dans un graphisme cousin de celui de l’album
– lui donner une identité : nom, âge, nationalité
– inventer sa confidence, l’écrire puis l’enregistrer
– utiliser un logiciel (découvert dans un atelier proposé par Canopé-Albi aux enseignants inscrits à 1, 2, 3 albums) pour animer le visage.

Sandra Clec’h, enseignante (Tarn)

Fait avec Padlet

La lecture épicée de Si je reviens un jour a libéré les souvenirs des résidents qui ont connu des familles juives.

Les juifs sont des personnes courageuses, très cultivées et érudites. C’était dans mon souvenir des familles distinguées qui comptaient les plus grands médecins et chirurgiens.

– Dans mon école, il y avait beaucoup d’enfants juifs. Je me souviens qu’un jour, j’étais en train d’acheter des bonbons et il y a eu une rafle. Un médecin a été arrêté sous mes yeux.

– Mes beaux-parents ont caché des juifs. 

– Papa était juif. Il a fait tout son possible pour toujours nous donner du pain. Jeune, il habitait en Russie. Il est venu à Paris avec un groupe d’amis. Puis il s’est installé dans le Charolais où il a rencontré maman qui habitait Chambilly. Mon nom de jeune fille, c’est Navelski. Papa ne nous a pas raconté tout ce qu’il a subi et ne nous a pas tout dit. Lorsqu’il nous livrait quelques souvenirs, il avait tout de suite les larmes aux yeux !

On parle de la guerre 39-45, des Allemands, de l’étoile jaune. Les paroles fusent. Nous restons sans voix en écoutant les témoignages poignants de nos anciens.

Murielle DAUMUR, animatrice Ehpad Semur-en Brionnais