123 albums 4 – Mars 2010 (envoyé à tous les voyageurs)

Sitôt la sélection dévoilée par la scénographie, des auditeurs sont attirés par tel ou tel livre. Cette jeune femme malgache repère le mot Dedieu sur la couverture d’Aagun, dont il est l’auteur. C’est par ce livre là qu’elle veut commencer et pas un autre ! Trois ados s’arrachent L’abécédaire de la colère. La Femme Dorade  rappelle à une grand-mère un conte de son enfance. 

Après l’étape de la dégustation, voici donc venue celle de la lecture. Et pour que cette étape se passe le mieux possible, il nous semble nécessaire de rappeler certains points.
Il faut penser à :
 – Encourager la lecture intime en accompagnant ceux pour qui elle est difficile par manque d’appétit ; ceux qui sont méfiants vis-à-vis du support jugé enfantin ; ceux qui ont une maitrise insuffisante de la langue ou une vue déficiente. La lecture à haute voix, seule, en duo ou en polyphonie, balise le terrain pour ceux qui ont du mal à faire sens. Et quand bien même le lecteur ne comprendrait pas tout, il aurait dans l’oreille, telle une chanson en langue étrangère, la musique des mots.
Les albums, ce sont des images et du texte. Chacun peut avoir son compte.  Surtout ne pas détourner l’usage de l’album qui n’est pas un manuel d’apprentissage ni un terrain de jeu mais un outil de développement de la pensée.

Favoriser les échanges, croiser les points de vue, pour relier le livre à  la vie personnelle et au monde, en s’inspirant des pistes suivantes.

Pistes de circulation :
– Faciliter l’emprunt des albums à domicile : famille des jeunes,  chambre de la maison de retraite ou de centre de soins.
– Organiser au besoin une chaîne de lecture avec rotation des 10 livres au sein d’un groupe ou par portage à domicile.

Pistes d’ouverture :
Autour d’un livre
:
L’abécédaire de la colère
Constitution d’une boîte à mots de la colère, d’une frise de colère ou d’un abécédaire propre au groupe.
On peut préférer, par opposition, réaliser un abécédaire de la douceur.
Les uns et les autres insèrent leur page douceur dans un classeur collectif consultable par tous.  

Les moindres petites choses
Repérer ce qui, dans les illustrations, évoque la notion de lenteur (carriole, « belle endormie », tortue…), celle du temps qui passe (globe, gisant), celle du bonheur (sourire de l’ange de Reims…).
Donner ses propres images de la lenteur, du temps et du bonheur.

A quoi tu joues ?
Repérer dans la presse et les magazines des images ou  points de vue « sexistes ». Les regrouper dans un carnet en les accompagnant d’une phrase adaptée.

Mao et moi
Page d’enfance : Questionner des plus vieux que soi sur un évènement, une rencontre marquante de leur enfance, des éléments du quotidien (jouet, habitat, repas, vêtement…).

Mama Sambona
Mise en scène : ce conte se prête à un jeu scénique avec modulation sonore que des jeunes pourraient créer et partager avec d’autres.

Tous les livres
– Si je n’avais qu’une image à garder, laquelle ? Une à supprimer, laquelle ?
– A quel personnage je fixerais volontiers un RDV ? Lequel j’éviterais ?

Faire des passerelles entre albums :
les pages de garde. Seulement trois ont des éléments graphiques.
les titres : Rebaptiser les albums en créant des titres phrases à la manière du Vieux qui avait un grain dans la tête. Exemples : La reine qui rusa avec la mort ; L’homme que la curiosité perdit.
les postures. Par exemple : Madame Avril sur sa chaise ; Mama Sambona sur son fauteuil à bascule ; La femme dorade assise sur ses talons…
les décors. Exemples :
 Figuration des arbres dans Les moindres petites choses, Le vieux qui  avait un grain dans la tête ; Les deux soldats ; Mao et moi.
 L’habitat : la yourte ; la péniche ; l’immeuble ; la cabane ; la maison en  bois ; la grotte de pierre.
les sentiments : douceur, tendresse, colère, violence, rire

Merci à ceux qui étofferont ces propositions et raconteront leurs explorations.
Véronique Marie Lombard (Livralire)