En tant que maîtresse de classe, j’ai eu un énorme plaisir à assister, le 4 février, au Dégustalivres offert par ma collègue Dominique et Sandra, la bibliothécaire.
Outre l’intérêt des livres présentés et la qualité de la scénographie, j’ai particulièrement apprécié de pouvoir observer la qualité d’écoute de mes élèves et surtout leurs réactions fort expressives, il faut bien le dire.

Après la présentation du deuxième ou troisième album suivie avec intérêt par l’ensemble des jeunes, premier soupir à ma droite… et un «ah non !…» juste murmuré.
Au suivant, le dépit gagne du terrain et d’autres voix commencent à s’élever, réclamant la suite de l’histoire.
Plus la présentation avance, plus la frustration augmente et s’exprime :
– Mais non, pourquoi vous vous arrêtez ?…
– J’en étais sûre !
– Non, j’aimerais connaître la suite…
– Mais c’est chaque fois la même chose !
– Ah non, je vais me suicider (certains ont décidément le sens de la démesure…)
– Mais pourquoi ? S’il vous plaît, lisez-nous la suite.
Ce qui est certain, c’est que le lorsque le dixième album a été posé sur le présentoir, mes neuf élèves (qu’on dit en « difficulté ») étaient au paroxysme de la frustration et une seule étincelle aurait suffi à mettre le feu à l’envie dévorante de découvrir tel ou tel ouvrage («Sans papiers» ayant récolté le maximum de suffrages…).
Les explications des deux protagonistes du Dégustalivre ont été écoutées avidement et des «oh yes !» ont accueilli l’annonce de la possibilité de découvrir prochainement ces histoires parfaitement mises en bouche… et je dirais même, mises en cœur.

A moi maintenant de raviver la flamme en permettant à chacun d’accéder, à sa manière, au cœur de ces histoires à peine dévoilées.
Colette Balet (Collège Aigle-Suisse)