Beaucoup d’émotions encore autour de la lecture de Lali l’Orpheline en ce mardi matin à l’Ehpad de Semur en Brionnais. Une vingtaine de résidents répondent présents avant de laisser place au choix de la lecture. Nous rappelons la fête du jour : Sandrine. Nous cherchons un prénom ancien commençant par S. « Ben mais moi, je m’appelle Simone ». Notre main innocente est toute trouvée. Le mot tiré dans la corbeille: « Orpheline ».

Le livre passe de main en main, bien feuilleté par tous. S’en suit la lecture dans la salle d’animation étonnamment calme.

Dès la dernière page, une dame prend la parole. « J’allais souvent à l’orphelinat près de chez moi, apporter bonbons et papillotes aux bambins. A l’époque, c’était les sœurs qui s’occupaient d’eux. Je prenais parfois avec moi un enfant le temps d’une journée pour m’en occuper. Ils avaient tellement besoin d’amour et moi je n’avais pas d’enfant, j’en avais tellement à donner. »

Une autre dame de renchérir:  » Non seulement Lali est orpheline, mais en plus, elle est infirme, quel malheur! Marion est très gentille, elle a compris ce qu’il fallait faire. C’est une très belle histoire, émouvante, triste qui remue le cœur.Ca pourrait être une histoire vraie. Les orphelins souffrent beaucoup, par manque d’amour. »

« Moi, ça me parle pas », dit un monsieur, vieux garçon. « Par contre il est bien ce livre car bien écrit et pas trop long. »

Une dame, timide et discrète nous confie alors son histoire déchirante :
« Moi, ça me fait penser à mon fils qui est décédé en 4 jours d’une leucémie foudroyante alors qu’il n’avait que 15 ans. Il était en étude de menuiserie. Ca lui est tombé dessus au moins d’août. J’ai eu 5 enfants que j’ai aimé pareil, tous enfants de chœur. Ni ses frères, ni moi ne l’avons accepté. On ne méritait pas ça. Pour les petits abandonnés, c’est pareil. »

Dur de rebondir après de telles confidences. Alors Madame Simone, bientôt centenaire se redresse dans son fauteuil et dit : « Et bien moi, je suis une pupille de la nation de la guerre 14 18. J’avais un an quand papa est mort. Plus tard, j’ai adopté deux enfants alors qu’ils avaient 5 et 6 ans. Leur maman venait de mourir. Pour moi, c’était évident. Je les ai élevés comme mes propres enfants. D’ailleurs j’ai eu un fils après. Mon cœur est partagé en trois. »

Ce matin ce qui est sûr c’est que les cœurs ont parlé, grâce à Lali…..
Murielle Daumur à l’EHPAD de Semur