Dans la cour d’entrée, nous retrouvons, les bibliothécaires et les élèves de 5e du collège St Exupéry avec Sandrine Blanc, leur professeur de lettres et la documentaliste. L’émotion nous saisit à l’entrée dans la salle. 15 ainés en boubous accompagnés de leurs trois animateurs, font face à 70 de leurs pairs entourés de soignants. Ces acteurs occasionnels, venus de l’EHPAD et de deux services de long séjour, attendent leurs jeunes complices de lecture avec qui ils ont préparé, en quatre séances, une mise en scène partagée de 3 albums : La voix d’or de L’Afrique, Sans papiers,La maison en petits cubes et le chant « Enfants de tous pays ».
Avec leurs animateurs, les aînés ont aussi réalisé un éléphant et une girafe en papier mâché, un tapis de pêche et un cerisier sous lequel dire le poème de Prévert (évoqué dans Sans Papiers) : « La vie est une cerise -La mort est un noyau- L’amour est un cerisier ». Renée en fauteuil roulant et sous oxygène, fait deviner les titres des albums présentés. Marie et Monique à tour de rôle exposent une affichette avec le titre du livre.
Si tous les spectateurs, n’ont pas entendu ou compris les histoires, ils ont souri, ils ont rebondi sur un mot. Ils ont été éveillés par la présence vivante des ados très investis dans leur rôle de chanteur et de lecteur. L’après-midi n’est que la partie émergée et publique de ce qui s’est tramé dans la classe et à l’hôpital, dans les échanges et les créations.
Jamais je n’aurais pensé en inventant ce voyage-lecture me retrouver dans une salle d’hôpital au milieu de 120 personnes, valides ou non, en pleine santé ou très diminuées, réunies par des histoires d’ici et d’ailleurs. Et tout ça grâce à une ado : Victoria Milcent. Il y a deux ans, passionnée par la lecture des albums, elle dit à son prof, Madame Blanc : « Moi ma maman, elle en connaît des vieux avec qui on pourrait partager les albums. « Agnès, la maman, animatrice à l’hôpital, rebondit, se saisit du projet, et l’année suivante contamine ses deux collègues. Victoria ne pouvait qu’être là vendredi. Tant pis pour le cours de français qu’elle aura séché !
Véronique pour le texte et Marie -France pour les visuels