chapelsorptMalgré plusieurs rencontres avec la direction (2), le cadre de santé (2), les équipes (2), et malgré l’engouement lorsque je présentais le projet, alors que  nous avions défini une scénographie très très réduite MAIS adaptée à la structure, rien ne s’est fait.
Je me suis retrouvée à lire comme j’ai pu à un petit public arraché à la torpeur.
Cela dit, beaucoup de choses émouvantes, comme toujours, dans ces brefs moments de rencontre :
– une dame Alzheimer déambulante qui est restée durant toute la lecture des Soeurs koumba : attentive et silencieuse,
– deux soeurs qui ne se rappellent jamais de rien, mais “on y va, ça nous changera les idées”…
– une autre, qui attend, se rappelle de mon prénom, mais parle peu car ne peut plus beaucoup s’exprimer,
Un voyage, oui, pour ces quelques personnes…
Martine Alexandre (Maison de retraite La Pommeraie – La Chapelle sur Oreuse, 89)

Point de vue complémentaire
Marie Christine Defaut, présidente de Livralire, et moi-même assurons régulièrement des animations avec les aînés, dans des résidences différentes. Il nous aura fallu trois ans pour que ça devienne une activité reconnue et attendue !
Avec le recul, nous confirmons que la lecture partagée en maison de retraite n’est pas quelque chose de facile.  Parce que c’est nouveau, autant pour les soignants que pour les résidents et qu’il faut la pratiquer régulièrement.
Mais elle est efficace, à condition d’être centrée sur un seul album à chaque rencontre, avec des modes de lectures variés et d’associer les aînés : une phrase à dire, un objet à poser. C’est ce que mettent en pratique les lectures épicées et c’est pour cela qu’on les a créées.
Et enfin, lire ensemble est utile. Pour certains c’est seulement un passe-temps ou une belle récréation, pour d’autres un voyage hors les murs, pour d’autres encore une occasion de prendre la parole (qu’il nous faut donner et stimuler). Pour tous, c’est au moins une occasion d’un moment différent ! C’est pour cela aussi qu’avant le temps des lectures, nous tenons à jouer la scénographie sans adaptation particulière, chaque spectateur retenant ce qu’il peut ou veut. Mieux à l’Ehpad de Semur en Brionnais, et depuis dans d’autres établissements, les éléments de la scénographie sont préparés par les résidents qui, de ce fait, sont curieux de connaître le contenu des histoires.
Véronique M Lombard