A Noiron (21), Sabrina la bibliothécaire continue son jumelage inventif avec les seniors de sa commune. Les élèves de CM1/ CM2 leur ont envoyé une invitation à venir découvrir les albums avec une question : « Si je devais redessiner le monde, comment je le ferais…. »

Le jour de la rencontre, les enfants ont joué la scénographie, puis les seniors, nombreux, ont répondu à la question des enfants. L’un d’eux a dit :
 » Je redessinerais simplement le monde sous la forme d’une goutte d’eau, l’eau c’est la vie ! Dans cette goutte d’eau, j’y mettrais des parfums, la joie, le bonheur, la lumière, la vie… Ensuite des milliards de gouttes différentes, réunies, formeraient une pluie, puis une mer porteuse d’unité malgré les tempêtes. Cette goutte d’eau, c’est chacun de nous humains. Quand ceux-ci se font confiance, les gouttes s’unissent et font de leurs différences des complémentarités fécondes porteuses d’espérance ».

Les enfants, très influencés par les événements de janvier à Paris, ont ensuite partagé par des dessins et des mots leurs souhaits pour un monde différent : plus d’amour et de beauté, moins de misère et de violence, maintien de la liberté d’expression, suppression des religions et de la mort. Ils rêvent de ne manger que des bonbons, ne plus aller à l’école. Ils veulent un monde rigolo, doux, arc en ciel.

La confrontation des propositions a donné lieu à des échanges riches.

Et si on allait plus loin ? Plus loin que des vœux pieux. Si on répondait à l’invitation de l’écrivain marocain, Abdellatif Laâbi, qui termine son poème « J’atteste » par cette phrase. « J’atteste qu’il n’y a d’être humain que celui qui, dès qu’il ouvre les yeux au matin, se pose la question : que vais-je faire aujourd’hui pour ne pas perdre ma qualité et ma fierté d’être homme ? « 
(dans l’anthologie, Je rêve le monde assis sur un vieux crocodile, Rue du monde)
VML