La riche expérience d’une bibliothécaire du Berry nous rappelle que le fil rouge d’1, 2, 3 albums, doit rester la lecture individuelle et collective. En effet, dans le collège où elle intervient, le temps consacré à la lecture après la scénographie est réduit à peau de chagrin. Les élèves n’ont pas lu tous les albums, qu’ils doivent en choisir un et le mettre en scène. Les idées fusent mais les réalisations, laissées à leur imagination, sont très moyennes : des saynètes bâclées, des gribouillages illisibles, des lectures inaudibles…Du coup les jeunes, pourtant investis, ne sont pas valorisés, certains désabusés, d’autres vexés ou déçus. L’album Demain les rêves n’a pas été choisi. Normal, il n’a jamais été expliqué ni discuté.

Si l’intention est bonne, le résultat est très décevant d’autant qu’il n’a pas dépassé les murs de la classe. Avec le même volume horaire pris sur les heures de français, on pourrait se recentrer sur la pédagogie (lecture , compréhension et discussion, oralité) et donner aux élèves l’occasion d’être acteurs de lecture. Soit, ils jouent totalité ou partie de la scénographie à une autre classe soit, ils préparent quelques lectures épicées (ou interprétations de lecture) pour des camarades d’autres classes à qui serait prêté bien sûr l’album correspondant. Pour cela il faut l’aval et la complicité de collègues professeurs dans le collège et ça, ce n’est pas acquis partout.
VML