La découverte du Casque d’Opapi avec les CAP cordonniers 1ère année aura été mouvementée et nous aura obligées à rebondir. Résumé du déroulement.

1/ Lecture épicée à deux voix : les jeunes écoutent attentivement.

2/ Impressions à vif avec les smileys de couleur : 3 verts – 3 oranges – 1 bleu.
Le jeune qui n’a pas aimé l’album me demande de lire tout haut le commentaire qu’il a écrit : « C’est un manque de respect, nous ne sommes pas des gogols. Quand j’étais animateur, je lisais le même genre d’histoire aux enfants pour les calmer ». Je cache comme je peux ce coup de massue. Je dis à l’élève que les enfants ne sont pas des « gogols » et que cet album, contrairement à ce qu’il croit, n’est pas pour les petits. Les autres se taisent.

3/ Claire, leur professeur de lettres, leur propose de lire à voix haute l’album à cinq Bacs pros carrossiers qui ont déjà voyagé l’année dernière.  Ils refusent. Claire leur raconte les deux lectures faites l’an passé par des cordonniers 2e année devant leurs professeurs, le CPE et l’assistant d’éducation. Va pour une lecture devant l’équipe pédagogique, mais pas des pairs.

4/ Le lendemain, Claire leur lit quelques lettres de poilus, puis passe en revue avec eux les composantes d’une lettre personnelle : date, formule d’appel, corps de la lettre, formule de politesse, signature. Les jeunes doivent se mettre à la place d’Emile et rédiger une lettre de poilu. Voici celle de Jeffrey datée du 11 septembre 1914 :
Ma chère belle et tendre Dulcé,
Cela fait depuis mon départ que mon cœur saigne de douleur. Ici au bataillon : les choses se compliquent. Nous avons creusé des tranchées pour nous protéger des attaques ennemies. J’aurai préféré être auprès de toi et voir notre fils grandir et l’aider dans son éducation. Car cette guerre m’est insupportable : combien de temps je devrai encore souffrir en voyant mes compagnons d’armes mourir ou être blessés par les boulets de canon ?
Mais il y a quand même des moments, nous pouvons moi et mes compagnons nous reposer autour d’une partie de cartes, cela me permet d’oublier cet enfer où je suis blessé de l’extérieur et de l’intérieur, mais je tiendrai.
En attendant de te retrouver ma Dulcé et toi mon petit Gérard, je vous dis adieu ou au revoir, car je ne sais pas si je reviendrai.
Ton cher mari Emile

Cécile BEYER, campus des métiers, Bobigny (93)