Echos d’animatrices

A Sennecé-lès-Mâcon
L’animatrice a galéré : plus d’ordinateur, grande solitude, difficulté d’attention des aînés qui souffrent de fatigue (endormissement) ou de troubles cognitifs. L’atelier lecture n’a pas tenu. Reste qu’elle a organisé des petits coins où feuilleter les livres et que 3 résidents ont pris des livres pour lire dans leur chambre… Pas si fréquent !


A Semur-en-Brionnais
peinturesemurscenosemurComme chaque année, émotions et souvenirs partagés avec les résidents, qui sont encadrés par deux animatrices très investies et soutenues  par leurs collègues.

La scénographie est un excellent support pour découvrir ensemble les albums et les thèmes abordés. Il est important de prendre le temps de bien la préparer avec les anciens qui, en découpant et peignant, sont éveillés et actifs dès le lancement.

15 personnes, des habitués, des hésitants et des novices, se retrouvent en moyenne autour de l’album du jour, choisi par le vainqueur de la devinette du jour. Il s’agit à chaque fois de trouver un mot, en rapport soit avec le titre de l’album, soit clé dans l’histoire.

Deux albums ont suscité de vifs échanges et de nombreux souvenirs : chacun y va de son vécu et de bribes de vie :
Le dernier voyage :
– Je devais passer une barrière pour aller voir ma grand-mère et chaque fois on me déshabillait et on me fouillait, ceci plusieurs fois de suite.
– Ce livre très bien écrit me rappelle de nombreux souvenirs bien douloureux. A Paris, je me souviens que les enfants avaient été enfermés dans un stade puis emmenés en Allemagne.
– Ce docteur aurait dû avoir la médaille du courage.

Te souviens-tu de Wei ?
– C’est dur de reparler de tout ça, c’est trop douloureux pour moi. Je préfère ne plus y penser.
– Moi, quand on parle de la guerre, je serre les poings.
– La migration continue, même aujourd’hui. J’aimerais vous parler un peu du canal de Panama avec les chinois dans les années 1800 avec Ferdinand de Lesseps : il avait déjà fait le canal de Suez. Il a échoué à creuser celui de Panama à cause du paludisme mais aussi à cause des conditions climatiques et des éboulements de terrain.
– Quand j’avais 10 ans, on bandait les pieds des petites chinoises pour qu’ils soient tout petits.
– Ce livre me rappelle des tas de souvenirs. Je l’aime beaucoup.

La maison des autres enfants a permis à chaque participant qui le souhaitait de décrire la maison de leur enfance. Nous avons également échangé sur leur chez eux actuel, à l’Ehpad.

Marcelle et Gisèle, Jean de Fer n’évoquent pas de souvenirs. Enfants, les résidents n’ont pas eu d’histoire avant de s’endormir. Adultes, ils n’en ont pas lu à leurs enfants. Comme quoi tout vient à point à qui sait attendre. Aujourd’hui, ils ont le bonheur des moments de lecture de ces contes, que quelques uns d’entre eux iront lire aux enfants de l’école du village le jeudi après-midi.