Dans le Cher, une bibliothécaire jeunesse découvre 1, 2,3 albums par internet. Conquise, elle montre le blog à sa directrice et propose de lancer ce projet dans le collège de sa ville. La documentaliste se dit intéressée. Elles viennent toutes les deux à Coulandon (BDP Allier) pour assister au lancement de la 8e édition.
En janvier, elles jouent la scénographie préparée par la bibliothèque devant deux classes 6e.
Les jeunes apprécient mais c’est …fini. La bibliothécaire rappelle à la documentaliste qu’elles ont, via la liste de diffusion et le blog, des outils de lectures épicées et de lectures partagées.

Quelque temps plus tard, la bibliothécaire profite d’un atelier de lecture à voix haute qu’elle anime au collège pour sonder les jeunes. Un élève sur vingt a lu la sélection entière, la moitié n’a rien lu et la plupart ont lu celui qui avait le moins de texte. Une poignée a lu 2 voire 3 albums.
Diagnostic : rien n’a été fait pour accompagner la lecture. Pire : les albums sont sous clé. Il faut les réclamer. Ils ne doivent pas quitter le CDI.

La bibliothécaire rebondit. Dans le cadre de son atelier, elle fait lire en polyphonie : Un rêve sans faim (David François) qu’elle a inscrit dans le Printemps des Poètes. Elle fait partager les impressions de lecture sous le regard de la documentaliste qui reconnait qu’il y a un manque de motivation… de la part des élèves !

Suite à son SOS frustration, la bibliothécaire et moi avons, un échange téléphonique. Nous vérifions encore une fois que :
– Le partenaire naturel n’est pas forcément le bon. Ce n’est pas un profil de poste qui le détermine mais un profil humain (compétence, dynamisme, intérêt).
– La mise en appétit des jeunes (par la scéno) ne suffit pas. Il faut ensuite les aider à manger et à digérer les histoires et les illustrations.

Je lui conseille d’intégrer 1, 2, 3 albums dans son atelier puis de donner aux élèves de l’atelier l’occasion d’aller lire et dire les albums devant des profs et des jeunes du collège. Ce faisant, ils deviennent lecteurs et peuvent réussir à contaminer des adultes qui seront alors de nouveaux partenaires pour l’an prochain.
VM Lombard