Le mythe de l`aviateur

carnet des lectures 2014-2015, Le Pilote et le Petit Prince commentaire »

Grâce à Cécile, notre documentaliste, c’est la deuxième année que notre établissement participe à 1, 2 , 3 albums proposé par Livralire. Après une première expérience enthousiasmante, j’ai décidé de m’investir énormément, car j’y crois chaque jour encore plus.
J’enseigne le Français à des apprentis en CAP et en Bac Pro qui ne sont pas lecteurs. Cette année, j’ai été séduite par plusieurs albums qui m’ont semblé tout-à-fait adaptés aux classes de Bac Pro.
Dans le cadre du programme de Terminale Bac, j’ai choisi de travailler sur le mythe de Saint-Exupéry (concernant la partie Au XXème siècle, l’homme et son rapport au monde à travers la littérature et les autres arts) et je me suis donc servie du Pilote et le Petit Prince pour introduire la séquence. La lecture épicée a permis de découvrir l’homme d’une manière très originale ainsi que l’histoire de l’aviation. L’album a été très apprécié, d’autant plus qu’il s’agit d’une « biographie » et c’est un genre que les apprentis affectionnent particulièrement car c’est une « histoire vraie ».

Après cette entrée en matière, nous avons visionné un documentaire sur l’aéropostale dans lequel les apprentis ont retrouvé plusieurs personnages de l’album : Pierre Georges Latécoère, Mermoz, Guillaumet… ainsi que leurs aventures aériennes. Nous avons également analysé différentes affiches de la compagnie aérienne. Enfin, nous avons étudié quelques extraits de son œuvre Terre des hommes.

J’ai compris que l’utilisation d’un album permettait d’enrichir mes pratiques pédagogiques et de varier les supports. Si je n’avais pas découvert Le Pilote et le Petit Prince, j’aurais simplement demandé aux apprentis de faire une recherche documentaire sur Saint-Exupéry dans un dictionnaire ou sur internet, et pour l’avoir pratiqué, cela aurait été un « bide ». Alors que là, ils ont été captivés par la scénographie des assiettes ! Ces lectures épicées les intriguent, éveillent la curiosité de certains et déclenchent chez eux une grande écoute. D’autant plus que l’album est très riche et assez difficile d’accès pour nos jeunes.
J’aurais aimé achever ma séquence par la visite du Musée de l’Air et de l’Espace au Bourget afin de montrer aux apprentis les restes de l’avion de Saint-Exupéry, malheureusement cela n’a pu se réaliser. J’espère toutefois reconduire cette lecture passionnante les années à venir et ainsi me rendre à cette exposition.
Claire Santacru, professeur au centre des métiers -Bobigny (93)

Un verre : lecture épicée

carnet des lectures 2014-2015, Un verre, vidéos commentaire »

De l`opposition à la création 

carnet des lectures 2014-2015, cartes postales 2014-2015, Le casque d'Opapi commentaire »

La découverte du Casque d’Opapi avec les CAP cordonniers 1ère année aura été mouvementée et nous aura obligées à rebondir. Résumé du déroulement.

1/ Lecture épicée à deux voix : les jeunes écoutent attentivement.

2/ Impressions à vif avec les smileys de couleur : 3 verts – 3 oranges – 1 bleu.
Le jeune qui n’a pas aimé l’album me demande de lire tout haut le commentaire qu’il a écrit : « C’est un manque de respect, nous ne sommes pas des gogols. Quand j’étais animateur, je lisais le même genre d’histoire aux enfants pour les calmer ». Je cache comme je peux ce coup de massue. Je dis à l’élève que les enfants ne sont pas des « gogols » et que cet album, contrairement à ce qu’il croit, n’est pas pour les petits. Les autres se taisent.

3/ Claire, leur professeur de lettres, leur propose de lire à voix haute l’album à cinq Bacs pros carrossiers qui ont déjà voyagé l’année dernière.  Ils refusent. Claire leur raconte les deux lectures faites l’an passé par des cordonniers 2e année devant leurs professeurs, le CPE et l’assistant d’éducation. Va pour une lecture devant l’équipe pédagogique, mais pas des pairs.

4/ Le lendemain, Claire leur lit quelques lettres de poilus, puis passe en revue avec eux les composantes d’une lettre personnelle : date, formule d’appel, corps de la lettre, formule de politesse, signature. Les jeunes doivent se mettre à la place d’Emile et rédiger une lettre de poilu. Voici celle de Jeffrey datée du 11 septembre 1914 :
Ma chère belle et tendre Dulcé,
Cela fait depuis mon départ que mon cœur saigne de douleur. Ici au bataillon : les choses se compliquent. Nous avons creusé des tranchées pour nous protéger des attaques ennemies. J’aurai préféré être auprès de toi et voir notre fils grandir et l’aider dans son éducation. Car cette guerre m’est insupportable : combien de temps je devrai encore souffrir en voyant mes compagnons d’armes mourir ou être blessés par les boulets de canon ?
Mais il y a quand même des moments, nous pouvons moi et mes compagnons nous reposer autour d’une partie de cartes, cela me permet d’oublier cet enfer où je suis blessé de l’extérieur et de l’intérieur, mais je tiendrai.
En attendant de te retrouver ma Dulcé et toi mon petit Gérard, je vous dis adieu ou au revoir, car je ne sais pas si je reviendrai.
Ton cher mari Emile

Cécile BEYER, campus des métiers, Bobigny (93)

Le livre de la semaine

carnet des lectures 2014-2015, cartes postales 2014-2015, Le casque d'Opapi, Un toit pour moi commentaire »

pupitreopapi1Aux Quatre-saisons à Sainte Hélène (71), chaque lundi, Christelle, l’animatrice, et moi faisons aux résidents une lecture épicée d’un album. L’an passé, nous nous installions dans une petite salle polyvalente fermée qui, le succès venant, s’avère trop petite. Nous occupons maintenant le grand salon ouvert. Pour que la vingtaine de personnes assises en profite, nous avons dû organiser l’atelier en deux temps successifs. D’abord, la lecture épicée démonstrative et commune face au groupe puis, en  demi-groupe, un feuilletage de l’album au plus près, Christelle et moi ayant chacune un exemplaire  en main. Nous tentons des échanges. Pas facile. Certains s’assoupissent, d’autres ont la mémoire qui flanche. MAIS…

 Hier, c’était le tour du casque d’Opapi. Un monsieur totalement sourd, affalé dans son fauteuil roulant, redresse la tête. Il me sourit quand je lui montre les images. Un autre qui s’était isolé sur une banquette de côté, loin du groupe et des livres, me voyant ranger m’interpelle : « Vous avez parlé de la guerre 14-18. Je connais plein de choses là-dessus ». Comme je lui dis que ça m’intéresse, sa langue de délie. Né en 1927, il a connu sa femme quand il était au régiment à Verdun. Quand il marchait dans Douamont, son beau-père lui racontait la guerre. Et lui, rétif au groupe, semble content de parler seul à seul. Conclusion : l’installation ostentatoire des lecteurs dans le salon, passage obligé vers les chambres, a du bon.

Les albums de cette année et ceux des éditions précédentes sont en libre-accès en « facing » dans un panier glissé dans le meuble bibliothèque. Pour encourager la (re)lecture individuelle des aînés et du personnel, m’est venue l’idée de laisser dans le salon, sur un pupitre bien en vue, le livre du lundi qui devient le livre de la semaine. On a prévu une photocopie couleur de la couverture, posée en « fantôme » sur le chevalet, pour le cas probable où le livre sera parti vivre sa vie dans une chambre.

toitsemaineCette semaine, Le casque d’Opapi.
La semaine passée, Un toit pour moi et ses livres cousins : deux sur les habitats animaliers : Un toit à moi (Milan), Maisons (De La Martinière, mon imagier photo découverte) et un sur les maisons du monde : J’habite ici  (Milan, épuisé).

VML

Ma part pour un monde meilleur

carnet des lectures 2014-2015, cartes postales 2014-2015 commentaire »

A Noiron (21), Sabrina la bibliothécaire continue son jumelage inventif avec les seniors de sa commune. Les élèves de CM1/ CM2 leur ont envoyé une invitation à venir découvrir les albums avec une question : « Si je devais redessiner le monde, comment je le ferais…. »

Le jour de la rencontre, les enfants ont joué la scénographie, puis les seniors, nombreux, ont répondu à la question des enfants. L’un d’eux a dit :
 » Je redessinerais simplement le monde sous la forme d’une goutte d’eau, l’eau c’est la vie ! Dans cette goutte d’eau, j’y mettrais des parfums, la joie, le bonheur, la lumière, la vie… Ensuite des milliards de gouttes différentes, réunies, formeraient une pluie, puis une mer porteuse d’unité malgré les tempêtes. Cette goutte d’eau, c’est chacun de nous humains. Quand ceux-ci se font confiance, les gouttes s’unissent et font de leurs différences des complémentarités fécondes porteuses d’espérance ».

Les enfants, très influencés par les événements de janvier à Paris, ont ensuite partagé par des dessins et des mots leurs souhaits pour un monde différent : plus d’amour et de beauté, moins de misère et de violence, maintien de la liberté d’expression, suppression des religions et de la mort. Ils rêvent de ne manger que des bonbons, ne plus aller à l’école. Ils veulent un monde rigolo, doux, arc en ciel.

La confrontation des propositions a donné lieu à des échanges riches.

Et si on allait plus loin ? Plus loin que des vœux pieux. Si on répondait à l’invitation de l’écrivain marocain, Abdellatif Laâbi, qui termine son poème « J’atteste » par cette phrase. « J’atteste qu’il n’y a d’être humain que celui qui, dès qu’il ouvre les yeux au matin, se pose la question : que vais-je faire aujourd’hui pour ne pas perdre ma qualité et ma fierté d’être homme ? « 
(dans l’anthologie, Je rêve le monde assis sur un vieux crocodile, Rue du monde)
VML

Django sur le plateau du campus

carnet des lectures 2014-2015, La guitare de Django commentaire »

djangoptAprès  la lecture épicée  de  La guitare de Django, faite à trois voix,  nous avons proposé  aux apprentis cordonniers (1ère année) de préparer une interview du chanteur. Ils inventent des questions qu’on met en commun. Le  lendemain, chaque apprenti vient écrire au tableau une question de son choix. Le groupe s’interroge : peut-on répondre à l’aide de l’album ? Si non, on fait une recherche sur internet ou dans une encyclopédie.

  Voici le résultat de l’interview
–  Qui êtes-vous Django ?
On me connaît sous le nom de Django. En réalité, je m’appelle Jean-Baptiste Reinhardt.  
– De quelle origine êtes-vous ?
 Je suis d’origine tzigane, c’est la même famille que les Gitans.
–  Quand et où êtes-vous né ?
 Je suis né en 1910 en Belgique, très beau pays.
–  Pourquoi avez-vous choisi de devenir musicien ?
Je ne sais ni lire ni écrire. Mais jouer de la musique, c’est une tradition dans ma famille.
–  De quel instrument jouez-vous ?
A la base, je jouais du banjo mais depuis quelques temps, j’ai changé, je suis passé à la guitare.
– Expliquez-nous pourquoi ce changement d’instrument ?
Ce n’était pas un choix ! A l’âge de 18 ans je me suis endormi dans ma roulotte, car je vis dans une roulotte, et un incendie s’est déclenché par je ne sais quel moyen pendant mon sommeil. Heureusement que des membres de ma famille sont venus me sortir de là sinon j’y serai passé. Dans cet incendie, j’ai perdu deux doigts et ma main gauche a été endommagée. Donc je ne pouvais plus utiliser le banjo car les cordes étaient trop dures. Alors, mon frère Joseph me conseilla d’utiliser la guitare car ses cordes étaient plus souples. J’étais au bout du rouleau. Mais ce qui m’a donné de l’espoir, c’est lorsque ma femme m’apporta mon fils. J’ai eu une forte envie de jouer de la guitare que Joseph, mon frère m’offrit pendant mon séjour à l’hôpital.
 – Quel type de musique jouez-vous ?
Je qualifierais ma musique de jazz moderne.

 Cécile Beyer, documentaliste au campus des métiers à Bobigny (93)

Qui est malfoutu ? Qui est beau ?

carnet des lectures 2014-2015, Les Cinq Malfoutus commentaire »

Cela fait trois mercredis que nous allons à la maison de retraite l’Espérance à Dijon.Nous avons fait deux mercredis sous forme de groupe de IME1parole avec la comédienne Danielle, l’animatrice Catherine, les résidents et ma classe.
 Nous avons donc lu le livre Les cinq  malfoutus et de là nous avons débattu sur ce qui fait la différence :
– l’âge
– le handicap
– les lunettes
– le gabarit : mince / gros
– la couleur des cheveux
– le tempérament : dynamique/passif
– l’origine

IMEptPuis le 3ème mercredi, nous avons commencé à créer des masques de malfoutus avec les résidents. Nous avons prévu d’en faire un défilé avec mimes.

Melle Rousseau et son groupe de l’IME PEP – Dijon

Autre proposition (Livralire) autour de Monsieur Beau : les critères de beauté selon les sociétés et les époques. Voir par exemple les retouches qu’ont fait 40 graphistes de 25 pays différents sur la photo d’une journaliste américaine après que celle-ci leur ait dit :  » rendez -moi belle ! »


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