Suite à la lecture du Jardin de Baba, des élèves de 6e du collège de Pont-de-Vaux (Ain) évoquent des souvenirs avec leurs grands-parents. Les illustrations sont celles de l’album, réalisées par Sydney Smith.

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L’artiste Roxane Appert est venue au collège de Talant animer un atelier sonore avec dix élèves volontaires. En 5 séances de 2 heures, ils ont lu et sonorisé l’histoire du Jardin de Baba (Editions Didier jeunesse). Ils ont utilisé toutes sortes d’objets pour faire les bruitages (bouteilles, pièces de jeu, papier, doigts, sifflets…) et repris le chant polonais traditionnel « Miala Baba ».

L’expérience a permis aux jeunes de développer diverses compétences : lecture à voix haute, manipulation d’objets, utilisation de micros, montage audio sur un logiciel gratuit.

Sylvie Merabti, documentaliste, collège de Talant (21)

Virginie Inot, professeure des écoles à l’école Prévert, et moi-même, documentaliste au collège Boris Vian, avons animé pour sa classe de CM2 une séquence autour du Jardin de Baba.

L’atelier s’est déroulé sur deux heures au collège :

1. Lecture épicée de l’album.

2. Echanges et réactions que nous avions, par expérience, anticipés, notamment le possible dégoût des vers de terre.

3. Vidéo documentaire sur l’utilité des vers de terre.

 4. Travail sur les compétences en français autour de noms de légumes communs et de l’ajout d’un article défini. Voir fiche.

 5. Observation d’oeuvres d’Arcimboldo.

6. Création plastique selon un processus proposé en ligne : coloriage en groupe de dessins de légumes, découpage, puis assemblage à la manière de l’artiste italien.

Conclusion : Une séance très efficace et une belle occasion pour les futurs collégiens, ravis de leur matinée, de découvrir le CDI du collège et d’y travailler autrement.

 Sylvie Merabti, collège Boris Vian (Talant-21)

 

Devant 13 résidents et 3 membres du personnels d’un établissement de santé psychiatrique, nous avons présenté La Robe de soie et Le Jardin de Baba, sur le thème commun des souvenirs et de la relation grand-parent/enfant. Ensuite, nous leur avons demandé s’ils pouvaient/voulaient nous faire partager, par écrit, un souvenir de leur enfance en lien avec un grand-parent, voici quelques extraits :
 
« Ma grand-mère et moi allions toutes les deux le dimanche matin au marché. J’aimais l’ambiance, elle ma payait toujours un chocolat chaud en fin de marché. »
 
« Avec mon oncle, nous allions ramasser les myrtilles dans les forêts des Vosges. Nous partions le matin très tôt accompagnés de mon frère et ma cousine afin de profiter de ce moment avec lui et de ses connaissances. On les appelle les brinbelles : ce sont des petites myrtilles qui poussent sur des arbustes sauvages. Nous les ramassions dans nos petits bacs en plastique. Puis nous pique-niquions tous ensemble pour continuer l’après-midi. Et enfin, nous rentrions le soir et préparions des beignets et une tarte avec notre grand-mère. »
 
« L’odeur de ma grand-mère sentie depuis toujours, rassurante, que j’ai sentie pour la dernière fois sur elle au funérarium, il n’y a pas si longtemps. Pour combler ce vide, j’hume sa bouteille vide que j’ai récupérée…. Cela me replonge dans ses bras l’espace d’un court instant, dans mes plus agréables souvenirs. »
 
« Ma grand-mère Simone ou Mamie est décédée quand je suis rentré au collège. Elle habitait en région parisienne d’où je suis issu. Je ne la voyais donc pas très souvent. Mais c’était un pur bonheur quand nous allions la voir, elle était affectueuse et aimante. Aujourd’hui si je ferme les yeux je ne suis pas capable de voir son visage mais, quand je pense à elle, c’est l’odeur de son parfum qui me revient. Je ne saurai le décrire, c’est une odeur douce, sucrée et épicée. A son décès, ma tante m’a donné son dernier flacon de parfum que je garde précieusement, l’étiquette est effacée, presque illisible mais le flacon reste scellé car il contient une odeur que je veux garder intacte, tels mes sentiments. »
 
Catherine et Laëtitia, bibliothèque Rollinat (Argenton -sur-Creuse)

Après la lecture du Jardin de Baba qui a touché mes élèves de 6e, je leur ai demandé de partager un souvenir intergénérationnel. Exemples ci-dessous avec un grand-père gâteau et deux grands-mères qui transmettent leur histoire familiale.
Estelle Buisset Debelfort, collège des Champs Plaisants à Sens (89)

Aya
« Mon grand-père m’aimait beaucoup. Quand j’avais sept ans, il m’achetait beaucoup de sucreries à chaque fois que je sortais de l’école. Ce jour-là, sur la table il y a un festin : des bonbons, des chocolats, des gâteaux. Je mange. Comme j’ai super soif, mon grand-père part me chercher à boire. Il revient et me tend une limonade. Je m’apprête à la prendre quand mon frère m’arrache le verre des mains :  Mais Papi, c’est de la bière ! On a bien rigolé ! C’est que mon grand-père n’avait pas une bonne vue.
Quand j’y repense, je me dis que j’aurais aimé passer plus de temps avec mon grand-père, plutôt qu’avec des amis qui n’en valaient pas toujours la peine. »

Aliya
« Quand j’allais chez ma grand-mère, elle me racontait toujours des histoires. Il y en avait une qui m’a marquée. Son mari était à la guerre. C’était un soir où elle était dans sa maison avec ma mère et ma tante, en Tchétchénie. Les Russes sont rentrés dans leur maison et ils avaient tout détruit pendant qu’elles fuyaient avec leurs affaires. Elles sont allées dans un train plein de personnes (blessés, enfants, mamans). Elles ne pouvaient pas manger ni faire leurs besoins pendant deux jours. Arrivées en Sibérie, ma tante et ma mère étaient très contentes avec toute cette neige, mais  pas ma grand-mère car elle avait consacré presque toute son âme dans cette petite maison.  Elles s’installèrent chez une cousine.  »

Eléna
« Ma grand-mère m’a raconté que son arrière-grand-père avait été retrouvé sur une marche de l’église tout seul, dehors, à l’âge de 6 mois. Comme il avait été déposé le jour de la Saint Michel, on lui a donné le nom de Michel. Il avait été adopté par une famille chrétienne, malheureusement pas du tout gentille. Quand il avait 3 ans, il se faisait maltraiter, frapper. À l’âge de 19 ans, il est parti vivre sa vie ailleurs. Quelques années plus tard, il a eu une famille avec une femme et des enfants. Son métier était militaire et un jour, il est parti à l’étranger pour faire une guerre. Malheureusement, il a quitté ce monde. »

 

On a choisi Le Jardin de Baba comme première lecture partagée avec des adultes du Centre Médico-Psychologique où nous animons 1.2.3 albums depuis des années.
Ce texte a fait remonter des souvenirs familiaux. Une personne a parlé de ses grands-parents agriculteurs avec qui elle faisait le jardin. Une autre a évoqué le « rituel » de son grand-père qui, pour se désaltérer et par habitude prise pendant la guerre, buvait un verre d’eau avec du vinaigre.

 

Nous leur lisons un texte « cousin » La Nappe blanche de Françoise Legendre aux éditions Thierry Magnier, collection petite poche (3,90 €).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis, pour rebondir sur les sensations éprouvées lors de ces deux lectures sur le thème de la transmission, nous les avons fait jouer à tour de rôle au « loto des odeurs ».
Enfin, chacune a été invitée à planter des graines de tomates dans un pot à emporter. Nous avons ri !  Qui aura des fruits ?

Catherine et Laëtitia, bibliothèque Rollinat à Argenton-sur-Creuse (36)

Le jardin de Baba  
Auteur : Jordan SCOTT
Illustrateur : Sydney SMITH

Didier jeunesse, 2023, 14,90 €

Chaque matin, un petit garçon va chez sa grand-mère.  Elle lui prépare un grand bol de gruau puis le conduit à l’école. Le soir, avant le retour du papa, ils passent du temps silencieusement dans le jardin. Jusqu’au jour où Baba ne peut plus vivre seule chez elle.