Enseignante en Segpa, j’ai été entrainée dans 1, 2, 3 albums l’année dernière par notre conseillère pédagogique. Confiante et intéressée, j’ai embarqué cette année 16 élèves de 5e Segpa du collège Louis Pasteur à Graulhet dans le Tarn.

J’ai commencé par Les Rides.  Après la lecture collective, j’ai demandé aux élèves de repérer les différentes émotions puis de chercher une personne de leur entourage, ridée, qui  accepterait d’être prise en photo en faisant une grimace, en riant, en exprimant un secret ou simplement au naturel.


La plupart des grands-parents vivant au loin, seule une jeune fille a tiré le portrait de sa grand-mère. Alors, j’ai proposé aux élèves de chercher sur internet un visage qui illustrerait une des  trois expressions (ou non) et de lui inventer un autoportrait à la manière de ceux donnés dans l’album, avec une ville et un pays, un métier, une situation familiale. L’ensemble forme quatre panneaux.
Marion BASTIE, collège Louis Pasteur – Graulhet (81)

 

Suggestion Livralire : pour un rendu global qui valoriserait davantage les productions, donner au départ aux élèves un modèle de fiche où coller la photo et écrire le texte. Puis organiser un agencement « artistique » sur le tableau avant collage.

L’expérience virtuelle de vieillissement des visages racontée sur ce blog, a donné une idée inverse à Sylvie Merabti, documentaliste au collège de Talant.

Les seniors qui dans la ville de Talant et via la bibliothèque, ont lu individuellement les albums sans pour l’instant rencontrer les collégiens n’ont pas toujours eu des rides.

Et si on leur demandait deux photos, une récente avec leur visage marqué, une de leur jeunesse à la peau douce ?

Sylvie Guyot à la bibliothèque se chargera de scanner ou tirer les portraits qui seront exposés au collège.

En juin, les élèves voyageurs découvriront les visages des partenaires de lecture en appariant les portraits ridés et ceux d’avant les rides !

VML

 

Les élèves de la classe UPE2A (Unité Pédagogique pour Elèves Allophones Arrivants) du lycée Valéry Larbaud (Allier) ont rédigé, à la manière du photographe JR, leur portrait  illustré d’une image de leur choix.

Ainsi, les jeunes migrants  se sont fait connaître au sein de leur établissement et ont fait découvrir leur pays d’origine à leurs camarades, grâce à la carte planisphère affichée à côté de leur portrait au CDI. Cette activité pédagogique a valorisé les parcours de vie authentiques, parfois douloureux et toujours émouvants de ces jeunes allophones.

Par ailleurs, grâce à cet exercice alliant création et rédaction, chaque élève a pu travailler le lexique et la syntaxe de leur nouvelle  langue d’apprentissage.

Vous pouvez découvrir leur portrait en parcourant la carte interactive : Portraits UPEA

Prochainement, les élèves de l’UPE2A  partageront une lecture scénarisée de l’album Si je reviens un jour, (album plébiscité par nos  jeunes migrants, passionnés par l’Histoire) avec leurs camarades de la classe de 3ème Prépa Métiers dont est inscrit au programme l’étude de cette tragique période historique.

Odile, professeur de français langue étrangère et Marie-Hélène, professeur documentaliste
Lycée V. Larbaud, 03306 Cusset


A Vesoul (Haute-Saône) les voyageurs-lecteurs de l’unité d’enseignement au lycée Belin se sont projetés dans l’âge mûr… avec des rides (grâce au logiciel de vieillissement « snapchat ») et un métier (ou une situation sociale), qu’ils ont décrit dans un autoportrait imaginaire.
Ainsi le garçon, à droite sur la photo de groupe, passionné de tracteurs aura, le temps de l’atelier, réalisé son rêve : « être à la tête d’une grosse exploitation agricole de 230 hectares, avoir 7 tracteurs, 7 ensileuses, 6 bennes, 2 presses… une femme et 5 enfants ».

A Mondeville (Calvados), la médiathèque fédère par une newsletter régulière ses trois groupes de voyageurs : un Ephad, un lycée, un CM1-CM2.
La dernière en date relate les premières séances de photos animées par un club photo de la ville (l’Image photo club Paul Langevin).
Stéphanie et Marc ont installé un studio éphémère au lycée Jules Verne. Les élèves de terminale MELEC (Métiers de l’électricité et de ses environnements connectés) se sont prêtés au jeu, masqués et démasqués. Leurs portraits seront exposés à la médiathèque avec ceux des plus jeunes et des ainés. On imagine pour les visiteurs un jeu plaisant d’association entre les portraits au naturel et ceux en partie cachés.

 

Une heure pour découvrir Les Rides de JR, publié par Phaidon, dont la photo ci-dessous est extraite (page 25).

J’ai demandé à mon petit groupe d’élèves de 6e comment ils se représentaient les personnes âgées. Ils les voient, de manière prévisible, comme des personnes fragiles, empêchées, ne pouvant plus faire leurs courses seul.e.s, pouvant tomber plus facilement malade, voyant moins, entendant moins, se déplaçant moins facilement.

Ensuite, je leur ai proposé de s’intéresser à la façon dont JR les voyait, lui.
Ils ont d’abord voulu savoir qui il était. Ensuite, je leur ai montré quelques-uns des visages qu’il a photographiés et publiés dans l’album. Ils ont alors compris que le regard de JR était différent du leur. Par exemple, sur les photographies, les personnes âgées sourient. Certaines sont encore amoureuses !

J’ai terminé par la double-page où JR nous dit que les rides racontent aussi des histoires. La séance étant terminée, il nous a fallu nous arrêter là. Je voulais leur demander quelles histoires des rides peuvent raconter, ce qu’ils aimeraient, eux, en savoir, en apprendre…

Je les ai renvoyés à une lecture personnelle et plus approfondie de l’album qui confortera certainement le changement de regard des élèves sur les aînés amorcé au cours de la séance : en début d’heure, les seniors étaient « des pépés et des mémés », à la fin « des personnes âgées ».

 Emmanuel Delorme, professeur de lettres (Camille Chevalier / Chalon)

Titre : Les Rides
Auteur-illustrateur : JR
Editeur : Phaïdon
Année : 2019

L’artiste, connu pour son duo avec Agnès Varda dans le film Visages villages, avait exposé les photographies grand format de visages d’anciens sur les murs de leur ville. En hommage au temps qui passe, il présente dans cet album carré des photos noir et blanc de visages ridés de femmes et d’hommes de cinq villes différentes, complétés par des autoportraits écrits.