Depuis plusieurs années que les bibliothécaires d’Argenton-sur-Creuse (36) animent un club lecture au collège Rollinat, elles désespéraient de ne pouvoir élargir le cercle de lecture, notamment 1, 2, 3 albums qui reste confiné à ce petit groupe de lecteurs volontaires. La documentaliste du collège n’assurant pas le relais auprès des adultes, il était difficile d’accéder à l’équipe enseignante. Comme on évoquait cette difficulté par téléphone, je leur ai conseillé de s’appuyer sur les élèves. Le résultat est prometteur. VML

En janvier, nous avons joué la scénographie dans le cadre du jeudi mensuel du club-lecture. En février, nous avons joué la lecture épicée de l’album Le jardin du dedans-dehors aux cinq élèves présents ce jour-là. Nous leur avons proposé de la préparer à leur tour pour des adultes de leur choix. Ils ont remis une invitation personnalisée à trois professeurs (histoire, anglais et physique) et deux surveillants qui malheureusement n’ont pas pu se libérer.

Les 5 présentateurs ont séduit le public composé des trois enseignants et de quatre élèves qui ont pris leur part dans l’animation en construisant le fameux mur ! Les applaudissements parlaient d’eux-mêmes.

Les jeunes ont fait aussi la promotion de trois autres albums. La professeur d’anglais a embrayé sur Ruby tête haute et celui d’histoire a saisi l’intérêt d’avoir des albums passerelles avec le programme. Les professeurs se sont inquiétés des modalités d’inscription et du moment où la prochaine sélection serait disponible.

Je leur ai remis, pour eux et leurs collègues, un tract-mémo : 1, 2, 3 albums, qu’est-ce-que c’est ?
Gageons que l’an prochain, l’embarquement dans 1, 2, 3 albums au collège Rollinat sorte enfin de la confidentialité !
Catherine Talureau, bibliothèque d’Argenton / Creuse

Enseignement : Ce printemps est la période idéale pour donner aux lecteurs-voyageurs des occasions de semer des graines d’1, 2, 3 albums.

Au CDI du Lycée Professionnel Albert Schweitzer de  Champs/Yonne (89), jeudi 3 avril 2019, a eu lieu une rencontre entre trois groupes de voyageurs : des 2e de ce lycée, des jeunes du lycée La Brosse de Venoy et une classe de CM1- CM2 du village que nous accompagnons de bout en bout dans 1, 2, 3 albums.

Les lycéens du LEP étaient les animateurs de la séance, l’accueil et l’animation étant à leur programme de leur section aide à la personne. Un peu réservés au départ, les ados ont parfaitement assuré l’organisation en deux temps :

1 / Ateliers graphiques en demi-groupe. L’un autour de Mille dessins dans un encrier, avec dessins individuels au pastel agrémentés d’un trait à l’encre noire pour constituer une frise. L’autre sous forme d’un panneau avec des visages exprimant différents sentiments.

 

 

 

 

 

 

 

2 / Une lecture chorale d’Un air de liberté à Congo square réalisée par 6 élèves de seconde dont on devinait le travail sur la voix fait en amont avec leur professeur et qui peuvent être fiers du rendu de grande qualité.

La rencontre conviviale s’est conclue par un goûter préparé par les hôtes, et les primaires sont repartis avec les réalisations plastiques à afficher dans leur classe.
A renouveler.

Georgette RAPHAEL et Rose-Marie MARTIN, bénévoles à la bibliothèque Champicaulivres, qui ce jour-là étaient de simples et heureuses spectatrices.

Le très beau texte de Thomas Scotto Une somme de souvenirs suscite immanquablement l’envie d’en partager. Dans le cas d’une rencontre-lecture intergénérationnelle comme nous les animons au collège de Talant (21) avec les seniors volontaires de la ville, les échanges de souvenirs seraient d’autant plus riches que chaque participant y aurait réfléchi avant.

Pour ce faire, chaque élève a préparé une carte souvenir formulée à partir d’une trame commune : Quand je ferme les yeux, je vois … je ressens … j’entends.  Le texte écrit au verso d’une carte format A5 est illustrée au recto d’un visuel noir & blanc différent selon la classe voyageuse.

Exemples : La forêt (visuel ci-contre cliquable pour agrandir)

et le chat (texte de Noha ci-dessous)
Quand je ferme les yeux, je vois encore sa petite bouille avec ses petites moustaches. Je ressens encore sa présence à certains moments. J’entends encore ses ronronnements quand je le caressais. Je regrette d’avoir perdu mon chat, il me manque beaucoup. Il s’appelait Cannelle.

Les seniors ont apporté une photo ou un objet, souvent d’un autre temps, et partagé le souvenir qui lui correspondait.

Exemple 1 : Une bougie par Mme Ta Kim
Simone, la dame du 5e. Quand j’étais plus jeune j’avais une voisine au 5e étage, une vieille dame très distinguée que j’admirais beaucoup. Elle était pauvre quand elle était petite, mais elle a fait ensuite de grandes études. Elle avait grand coeur, elle avait le souci des autres, elle était très généreuse. Elle lisait tous les jours les journaux, écrivait aux hommes politiques pour changer le monde et tous lui répondaient. Elles faisaient des dossiers pour les voisins sur tous les sujets qui nous intéressaient. Un jour je l’ai aidée et elle m’a offert une belle bougie. Je suis heureuse d’avoir gardé cette bougie, ainsi je repense à Simone.

Exemple 2 : Le tablier de Madame Valcin
Ma grand-mère portait un tablier pour protéger des vêtements moins faciles à laver que ceux d’aujourd’hui. Il lui servait aussi de gant pour retirer un plan du four, de panier pour ramasser des légumes au potager, de soufflet pour ranimer le feu.

Conclusion :  la lecture épicée a cette magie de percevoir le sens profond. Partagée, elle offre de magnifiques moments, des regards attentifs, beaucoup d’émotions. Les collègues sont conquis.
On programme un vide grenier de souvenirs à la « Porte ouverte » du collège le 5 avril !

Sylvie Merabti, professeur-documentaliste au collège de Talant (21) et ses collègues enthousiastes.

Maison des seniors, Chalon / Saône, le 12 mars 2019 :  on retrouve les 6e, après l’embarquement commun en janvier. Au programme : la découverte du labyrinthe de l’âme selon le canevas bâti avec le professeur de lettres.

1/ Pour annoncer le thème, tenu secret, les adultes, installés en cercle avec les jeunes, scandent le texte de la chanson de Mano Solo : les sentiments.

2/ Pour découvrir l’album, on se répartit en 4 groupes. Quatre visuels ont été sélectionnés correspondant à la peur, la joie, la colère et l’espérance. Le texte en vis-à-vis étant occulté, chacun observe l’image et propose un sentiment pouvant correspondre. Le texte est ensuite lu à voix haute.

 

3/ Pour illustrer concrètement ces 4 états d’âme, chacun est invité, dans son groupe, à répondre par écrit aux 4 questions suivantes : Je suis en colère quand … / J’ai peur … / Ce qui me rend joyeux… / Par quel objet, couleur, lieu ou musique représenterais-tu l’espérance ? Les réponses sont découpées et déposées dans des pots en verre. Ceux qui ont fini les premiers se plongent dans l’album.

4/ Pour partager le vécu, un binôme jeune-adulte lit les réponses d’un des pots devant l’assemblée plénière. Le temps manquant, les 6e sont repartis avec le pot des peurs et les adultes ont lu les représentations de l’espérance (envoyées ensuite par mail à l’enseignant).

 

5/ Dans un 5e pot, avait été glissée l’illustration du mot « surprise », reconnue facilement par les élèves. Les adultes, mis dans le secret à la séance précédente, ont partagé oralement une bonne ou une mauvaise surprise comme une livraison surprenante de fleurs, un essaim d’abeilles entre deux vitres, un vélo pour Noël, deux chatons pour le prix d’un, un livre inattendu dans sa boite à lettres.

RESULTATS :
1/ Le programme était trop ambitieux pour le temps imparti (80 minutes). Ça aurait mérité deux séances. Ceci dit, l’album a été introduit et le professeur compte bien poursuivre en classe.
2/ Les jeunes se sont regroupés par affinité et les bons élèves se sont mis ensemble. Ils ont eu des réactions rapides et des propositions pertinentes, éblouissantes même vu leur âge. Ce fut beaucoup plus difficile dans deux autres ateliers où les élèves ne s’écoutaient pas ou ne s’intéressaient qu’à eux. Peut-être aurait-il fallu diversifier la composition des groupes en amont. Pas sûr alors que les collégiens mûrs ou doués auraient parlé si librement, par peur d’être la risée de leurs camarades.
VML

A la bibliothèque de Noiron-sous-Gevrey (21) qui dessert  4 communes  (Epernay sous Gevrey, Broindon, Savouges et Noiron) représentant au total 1800 habitants au Sud de Dijon, j’ai adopté depuis plusieurs années, la formule du voyage-lecture  pour les petits de la maternelle comme pour les plus grands de l’école élémentaire et les adultes.

Pour faire d’1, 2, 3 albums un vrai projet lecture intergénérationnel, je m’appuie sur le facteur proximité à chaque étape :
1/ Nos locaux étant mitoyens avec ceux de l’école et les enseignants très impliqués,  je propose à des élèves de CM1 et CM2 de préparer la scénographie. Quand les volontaires sont trop nombreux, les enseignantes doivent se résigner à un tirage au sort. Une fois la scénographie expliquée à ce comité de présentateurs, les élèves s’engagent à lire intégralement l’album correspondant à leur partie. Nous travaillons et répétons sur trois à quatre séances.

 

 

 

 

 

2/ Dans le même temps, chaque élève de la classe prépare une invitation personnalisée et signée à transmettre  à un senior de son entourage. Cette année, les enfants ont réalisé une carte qu’ils ont portée au domicile du destinataire choisi autant que possible dans leur rue (merci aux parents qui jouent le jeu et accompagnent les enfants dans la démarche). Une maman a d’ailleurs salué notre initiative : « On se contentait d’un petit « bonjour » avec le vieux monsieur du quartier.  Ma fille était très heureuse de pouvoir l’inviter à la présentation pour le connaître un peu mieux » !

3/ Touchés par l’invitation nominale, les seniors viennent en nombre assister à la scénographie. Cette année sur 48 invitations lancées, 30 personnes ont répondu présents, des habitués et des nouveaux. Une dame nous a dit en arrivant : « Je ne sais pas comment vous avez eu mon adresse mais merci, je suis ravie d’être là ». Ils ont adoré notre petite carte. Ils nous apportent toujours quelque chose (bonbons à partager, lampe à huile, aquarelle…).

    

4/ La scéno est brillamment jouée par les élèves, les plus de 60 ans sont conquis. Après la scéno on parle des objets des livres. Jean ne pouvait pas être présent, il nous a fait passer une vieille lampe à huile et Bernard s’est gentiment proposé pour expliquer aux enfants comment elle fonctionnait. Françoise, ancienne institutrice, nous a confié que chaque lundi matin, elle passait devant chaque table avec son bidon pour remplir  l’encrier de chaque élève de sa classe. Les enfants échangent avec les adultes sur leurs réalisations autour du livre Le labyrinthe de l’âme.

5/ Je propose ensuite à des seniors de préparer avec moi et à tour de rôle les lectures épicées qu’on jouera aux jeunes dans le cadre des visites bi-mensuelles qu’ils font à la bibliothèque. Une dizaine d’entre eux repartent avec un  album.

6/ On se retrouvera tous pour le final. Les CM1 CM2 prépareront la mise en scène de deux livres choisis dans la sélection et les plus de 60 ans sont chargés de nous apporter un souvenir.
Sabrina, bibliothécaire à Noiron-sous-Gevrey

A la médiathèque Lucien Brenot de Chevigny-Saint-Sauveur (Côte-d’Or), nos tentatives pour   faire venir des adultes voir la présentation d’1, 2, 3 albums ayant jusqu’ici échoué, on a décidé de la proposer en janvier dans le cadre de la manifestation nationale en faveur de la lecture. Bien nous en a pris !

Les adultes, venus souvent en famille, ont goûté attentivement la scénographie. Curieux, ils ont demandé en quoi les albums étaient intergénérationnels et, dubitatifs, quel était le lien entre les sentiments annotés et les textes.

Si le label français « Nuit de la lecture » fait lever la méfiance envers les albums considérés à tort comme des livres de l’enfance, autant en profiter !
Françoise Igolen & Sarah Roblet

PS  :  A Sens (89), la médiathèque a programmé pour la 3e année consécutive 1, 2,3 albums dans le cadre de la Nuit de la lecture. La lecture-spectacle de présentation des albums est devenu un rendez-vous incontournable pour les familles.

Quatre  années de suite, les mêmes collégiens du collège Saint Dominique de Chalon ont  participé à 1, 2, 3 albums avec les mêmes seniors de la résidence Lauprêtre.  Accompagnés des documentalistes et des animatrices, ils ont partagé les lectures,  échangé des mails, discuté, se sont invités à des repas et ont partagé des cadeaux.

En septembre  2018, les jeunes sont entrés au lycée. Les ainés se sont sentis orphelins. Comme ils ont pris goût aux textes illustrés et aux rencontres intergénérationnelles, ils entendaient continuer.

Une page se tourne, une autre commence. Le 14 janvier 2019,  la moitié des résidents sont montés au collège pendant  trois heures.

Avec 10 élèves de 6e,  ils ont assisté au CDI à la scénographie de présentation des albums qu’ils ont dans la foulée feuilletés en binôme avant de partager un déjeuner par tables de quatre : deux jeunes, deux seniors.  Les binômes se sont constitués naturellement pendant ce temps riche en émotion.

Ils se retrouveront pour quatre lectures épicées puis le vote.