Après la découverte de l’album Je n’ai jamais dit, j’ai proposé aux jeunes de 11 à 15 ans, intégrés à l’ITEP Le chemin à Albi, avec qui je voyageais pour la première fois de :
– dessiner un personnage dans un graphisme cousin de celui de l’album
– lui donner une identité : nom, âge, nationalité
– inventer sa confidence, l’écrire puis l’enregistrer
– utiliser un logiciel (découvert dans un atelier proposé par Canopé-Albi aux enseignants inscrits à 1, 2, 3 albums) pour animer le visage.

Sandra Clec’h, enseignante (Tarn)

Fait avec Padlet
Au collège des Champs Plaisants à Sens (Yonne), des 6e dévoilent quelques secrets dans un album numérique inspiré de celui de Didier Jean, Zad et Régis Lejonc, paru chez Utopique.
Découvrez les en cliquant sur l’image.

Aux 7 fontaines, à Givry (71), le confinement du printemps ayant chamboulé l’emploi du temps, il allait manquer un mardi pour partager tous les albums et clore le voyage-lecture par le vote. Et si on faisait circuler* le 8e album Je n’ai jamais dit entre les participantes, d’appartement en appartement ?

L’annonce est faite à l’issue de l’atelier du mardi de reprise après le 3e confinement.

Le jeudi qui suit, Gigi, 88 ans, tête de liste, fait la lecture et sa part d’écriture. Elle lit l’album puis rédige une confidence sur une feuille A5 qu’elle met dans une enveloppe. Le lendemain, elle glisse le courrier « nomade » dans la boite à lettres de la deuxième dame notée sur la liste. La chaine est lancée. Les secrets seront partagés avec les CM2 qui voyagent en jumelage lors de l’unique rencontre de l’édition prévue mi-juin.

*Idée facile à adopter en salle de profs, dans une classe, dans un atelier  adulte avec l’avantage de faire entrer l’album dans les  maisons !

Véronique & Marie-Christine

 

Je n’ai jamais dit que j’ai le vertige, que j’ai peur des araignées, que mon rêve est de faire le tour du monde en bateau…

Après la lecture de l’album de Didier Jean & Zad, illustré par Régis Lejonc, les élèves de l’école des Tilleuls et les résidents du foyer Clair Soleil à Mondeville ont dans leurs établissements respectifs (covid oblige !) :
– attribué un nouveau secret à un personnage de l’album
– rédigé anonymement un secret personnel.
Les confidences des jeunes et des ainés seront mélangées. Les voyageurs-lecteurs devront deviner pour chaque secret s’il s’agit de celui d’un adulte ou d’un enfant.

Arnaud Le Goff, Médiathèque de Mondeville (Calvados)

A l’Ehpad de Semur-en-Brionnais (71), vingt résidents ont partagé la lecture, courte et aisée, de Je n’ai jamais dit, en deux groupes de dix, répartis sur deux après-midi.

Tous les participants ont évoqué le thème des secrets, plus ou moins lourds à porter, presque toujours importants. L’échange a été riche. :

  • Il y a forcément des choses que l’on n’a jamais dit, soit par timidité, soit par peur , par honte ou juste parce qu’on n’a pas envie.
  • Moi, je crois que je n’ai pas de secrets. Quand quelque chose me turlupine, je le dis et après c’est fini ! Par contre, quand on me confie des choses, je sais les garder pour moi.
  • Il ne faut jamais trahir un secret. Il y a des choses que l’on garde pour nous, non pas que ça soit grave mais parce que c’est intime.
  • Il y a des bribes de vie qui n’appartiennent qu’à nous et que l’on doit pour cette raison garder pour nous.
  • On n’a pas forcément tous des secrets mais, par contre, tous nous avons des choses que l’on garde pour soi.
  • Parfois, les secrets que l’on nous confie sont trop graves et on ne sait pas quoi en faire.
  • Certains secrets peuvent faire trembler le monde !

Deux résidents nous ont également livré des bribes de vécu en nous révélant qu’ils n’en n’avaient jamais parlé à personne, ce qui a généré beaucoup d’émotions de leur part et aussi de la nôtre. Mais chut !  Comme le dit l’album : « Ne le dit(es) à personne ». Nous ne pouvons que respecter notre engagement !

Murielle Daumur, animatrice, porte-parole des résidents de l’EHPAD de Semur-en-Brionnais (71)

L’équipe de l’Unité Protégé du collège a installé un arbre à secrets (cliquez sur les images) dans le CDI, invitant les élèves à le garnir.
Les jeunes ont apprécié cet espace de libre expression.
Ils savent que cet arbre leur est proposé par les élèves de l’UE et cela est comme un pont entre eux.
Ils ont également bien rempli la boîte qui contient les Je n’ai jamais dit destinés à rester cachés.

Emilie Nallet, professeure documentaliste, Collège de la Plaine de l’Ain, Leyment (01)

Mes élèves de la 5e Segpa du collège Jean Jaurès à Albi ont découvert par l’image l’album Je n’ai jamais dit. A partir des illustrations, ils ont imaginé un secret pour chaque personnage avant de découvrir ceux proposés par les auteurs.

Des personnages, on ne sait que le prénom, l’âge et le pays d’appartenance. S’ils taisent ce qu’ils ont fait ou ce qu’ils ressentent, c’est qu’il y a une raison. Les jeunes ont imaginé pourquoi. Ils se sont mis avec empathie dans la peau d’un personnage. Ils ont travaillé à plusieurs et avec persévérance pour écrire leurs fictives confidences.

J’avoue être fière du résultat. Voici ci-dessous un aperçu, dans un montage réalisé par Livralire, des productions de Ahlem, Carla, Enzo, Fayrouge, Mathis, Melvin, Nakida et Nohlam, les autres étant tout aussi intéressantes.
Madame Balocco, professeure (Tarn)

Je m’appelle Ezra, j’ai 31 ans, je suis d’origine Sud-Africaine. Je n’ai jamais dit que j’avais peur des araignées et des clowns. Je ne l’ai jamais dit à personne car vous imaginez un policier qui fait partie du RAID, qui n’a pas peur des braqueurs armés, des terroristes, mais qui a peur des araignées ?

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Je m’appelle Jie, j’ai 7 ans. Je viens de Chine et j’ai un dragon qui s’appelle Riz. Il a éternué et des flammes sont sorties de son nez et de sa bouche.

Le local à poubelle a brûlé, on est parti. Je n’ai jamais dit que c’était moi. Je n’ai pas envie de le dire, je ne veux pas qu’on m’enlève mon dragon.

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Moi c’est Asrar. J’ai 16 ans et je suis algérienne.
Je n’ai jamais dit à personne que je rêve de devenir mannequin.

Si je l’étais, je pourrais faire plein de choses comme voyager, faire des photos, représenter des marques de vêtements. Et peut-être devenir une star.

Enfin, voilà, c’est tout ce que je rêve de faire. Mais, à cause de ma religion, je ne peux pas faire tout ça. Dans notre religion, ça n’existe pas. Les femmes n’ont pas le droit de faire tout ce qu’elles veulent. Il y a des obligations à respecter et comme je suis musulmane je suis obligée de faire ce qu’on me dit.

Voilà pourquoi je n’ai rien dit. Je ne voulais pas décevoir ma famille.

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Je m’appelle Safiha. J’ai 37 ans. Je vis en Irak et je suis Kurde. Je n’ai jamais dit que j’ai sauvé un ennemi parce que mon camp va dire que je suis une traître. Je ne voulais pas qu’il meure. Pourquoi? Parce que c’est un humain comme tout le monde.

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Je m’appelle Natalya. J’ai 8 ans et je suis d’origine Russe. J’ai un secret que je n’avais encore jamais dit : je déteste la danse. Je vais vous raconter pourquoi.

Tout a commencé à ma naissance. Je suis née le 25 octobre 2007 et depuis, ma mère me force à faire de la danse. Si je l’écoute, c’est comme cela de génération en génération, alors c’est fichu. Je dois continuer encore et encore.

Moi je rêve d’être footballeuse professionnelle ! Mon père est professeur de football, ma mère, professeur de danse. Mon frère jumeau, lui, fait du football. LA CHANCE !!

Je fais tout pour en parler à ma famille, mais j’ai très peur de leur réaction. Comment faire ?

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Je m’appelle Amaravathi. J’ai 32 ans et je viens d’Indonésie.

J’ai un secret : je n’ai jamais dit que j’ai volé pour ma famille.

Je suis une mère d’une famille pauvre. Mon mari est mort d’un cancer et je n’ai pas de travail. Je ne gagne donc pas d’argent.

Comme mère protectrice de mes enfants, je ne voulais pas qu’ils meurent de faim. Je suis allée au supermarché, au rayon des sandwichs et j’ai volé, pour eux.

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Je m’appelle Ziad, j’ai 21 ans. Je vivais en Syrie. Mon pays était en guerre, il y avait des bombardements, des explosions, de la tristesse, de la peur et de la violence.

J’ai du fuir mon pays en bateau. Il était petit, plein de monde.

Pourtant, j’ai un secret. Je n’ai jamais dit que j’ai vraiment très peur de l’eau…

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020

Je m’appelle Johan. J’ai 10 ans et je suis australien.
J’ai un secret, je n’ai jamais dit que j’aime porter les habits de ma mère .
Je ne l’ai jamais dit parce que j’ai honte .

Je ne le dirais jamais ni à ma famille ni à mes proches .

J‘aime porter les affaires de ma mère parce que je me sens mal dans ma peau. Je veux devenir une fille et ma mère ne doit jamais voir que je porte ses affaires.

Ill : Régis LEJONC, Je n’ai jamais dit / Utopique, 2020