Parmi les groupes que nous embarquons depuis 3 ans dans 1, 2, 3 albums, une classe de seconde « Plastiques et Composites » du lycée Jules Verne de Mondeville, des garçons peu enclins à la lecture et ne maîtrisant pas forcement la langue française, accompagnés par leur professeur de lettres et histoire et la documentaliste.

Deux albums les ont touchés particulièrement : Moi, c’est tantale et Philémon et Baucis.

Les dieux magiciens l’ont emporté pour le choix d’une adaptation avec un spectacle en 3 parties :
1. Lecture de la métamorphose d’Ovide dans une version jeunesse par un récitant.
2. Représentation de Philémon et Baucis transposé à l’époque moderne par quatre ou cinq élèves.
3. Expression personnelle : évocation de différents vœux. Les lycéens ont été invités à exprimer le souhait qu’ils souhaiteraient réaliser si un génie leur en donnait la possibilité.

En janvier débute le travail d’écriture. Sur des fiches sont notées des amorces du conte original. Chacun complète et lit sa proposition à ses camarades. Ensemble, ils choisissent les meilleures versions pour constituer le texte du spectacle. Juste avant la période de confinement, commencent les répétitions du spectacle (distribution des rôles, lecture à voix haute, mise en scène) qui sera joué à une classe de CM1-CM2 et à des résidents d’un foyer et d’un Ehpad.

Corona oblige… La représentation n’aura pas lieu. Le texte sera enregistré à la rentrée et diffusé via la radio du lycée.
Cela permettra au moins aux lycéens, très investis à chaque étape – lecture, écriture, spectacle – de valoriser leur travail au sein de leur établissement.
Une belle expérience de lecture et de création collectives que vous pourrez déguster en cliquant sur le visuel.

 

Arnaud Legoff, bibliothécaire, médiathèque Quai des mondes à Mondeville dans le Calvados.

Le confinement n’a pas brisé notre engagement dans 1, 2, 3 albums. Il en a modifié le rythme et la forme. Impossible de tenir l’agenda du voyage mais nous continuerons les lectures cet été. En effet, le temps si long pour les résidents est paradoxalement devenu si court pour le personnel. Et nous avons dû adopter les couloirs comme scènes de vie commune :  loto avec micros, jeux collectifs, lectures du journal et d’albums. Les résidents à leur porte, les animatrices au centre. La distanciation physique n’a pas empêché les échanges.

Philémon et Baucis ont eu la chance d’être présentés en grand groupe avant l’enfermement individuel.
Leur histoire d’amour a fait l’unanimité et réveillé des souvenirs :
Autrefois beaucoup de miséreux passaient. On leur donnait du pain. Ils étaient souvent courbés par de gros sacs en toile qu’ils portaient sur le dos. On les appelait les rondins ou les plots, ou encore les gredots. Ils dormaient souvent à l’écurie, dans le foin. On leur demandait de nous donner leur briquet avant de leur accorder de passer la nuit, afin d’éviter les feux. Bien sûr on le  leur rendait le lendemain. Proposer le gîte et le couvert était monnaie courante et il y avait une grande solidarité. Parfois les vagabonds nous faisaient peur car nous étions enfants.

A la proposition de formuler un vœu à la suite de celui du couple mythique de ne pas être séparés par la mort, les ainés ont dit :  Revoir ma maison, garder la santé, trouver un compagnon à mon goût, faire un long voyage.

Murielle Daumur et son équipe d’animation, Ehpad Bouthier de Rochefort,  Semur-en-Brionnais (71)  

Illustration de Chloé Almeras extraite de l’album Philémon et Baucis, page 11.

 

Titre : Philémon et Baucis
Auteur : MIM
Illustrateur : ALMERAS Chloé
Editeur : Didier Jeunesse © 2018

Philémon habite depuis des années avec son épouse adorée Baucis dans une modeste bâtisse isolée. Leur seul rêve est de vivre ensemble le plus longtemps possible. Un soir deux vagabonds leur demandent l’hospitalité. Le couple les installe auprès du feu et leur offre des olives, des figues et du lait de chèvre. Sitôt la cruche vide, la voilà remplie de vin ! Qui sont ces deux invités au don étonnant ?