Échanges à bâtons rompus après la lecture épicée de Kini, le monde à bras le corps par trois adultes devant douze élèves de 6ee.
(En noir les 6e, en bleu, les adultes)

– Est-ce que c’est une histoire vraie ? Est-ce qu’elle a vécu ?*
Bien sûr que Kini a existé ! A votre avis, qu’est ce qui nous le prouve ?
Sa photo** et celle de ses complices de voyages, la couverture de ses différents livres aussi.
– C’est bizarre pour une sportive de fumer la pipe !
A l’époque on n’avait pas fait le lien entre santé et tabac ; on fumait couramment.
Elle ne s’est pas mariée et n’a pas eu d’enfants. C’est pas normal pour une femme !
– Avec tous ces voyages, elle n’aurait pas eu le temps de s’occuper d’une famille.
– C’était pas important pour elle.
– C’est une femme sacrément indépendante.
– Elle a fait ce qu’elle voulait de sa vie.
– C’est une aventurieuse !
Eh oui ! Une aventurière curieuse, rieuse !

 * L’incrédulité des jeunes lecteurs est un bonne rampe de lancement pour l’échange. Cela permet de revisiter l’album dans sa totalité, c’est-à-dire de :
– fixer dans les mémoires les principaux épisodes de la vie d’Ella Maillart
– mettre en évidence le caractère extraordinaire de son parcours
– aborder le thème de la singularité : savoir qu’il est possible de marcher en dehors des sentiers battus, qu’une vie n’est pas nécessairement toute tracée.

C’est dire, dès lors, si ce temps de lecture partagée, même bref, n’est pas perdu.

** De l’intérêt d’avoir mis en avant (dans la lecture épicée) les protagonistes avec leur photo noir & blanc et pas seulement les illustrations de l’album.

Véronique Lombard et Emmanuel Delorme, professeur de lettres, collège Camille Chevalier (Chalon-sur-Saône)

 

 

Dans l’album dont le titre reprend son surnom, Kini le monde à bras le corps, la biographie de l’aventurière suisse Ella Maillart défile en 20 courts chapitres.

Le découpage par tranche d’âge (l’enfance, la jeunesse et l’âge adulte) retenu pour la lecture épicée, permet, si besoin, de faire une lecture feuilleton en 3 épisodes : le temps de la formation, le temps des voyages, le temps de la maturité.

Ella Maillart nait à Genève en 1903.  Dans sa famille on la surnomme Kini. Elle est ravissante mais très souvent malade. Difficile d’imaginer qu’elle deviendra une solide baroudeuse et une des plus grandes aventurières du XXe siècle.

Depuis 30 ans, la télévision Suisse, la RTS, offre dans l’émission « Passe-moi les jumelles », des portraits de gens qui, comme elle, vont au bout de leurs rêves.

Parmi les dizaines de vidéos d’une durée moyenne de 30 minutes, vous découvrirez, dans des cadres magnifiques :

Les merveilles d’une créatrice de papier dans la magnifique vallée de la Gruyère.

Un aquarelliste qui pendant 366 jours peint en pleine nature dans le Jura.

 

Un photographe animalier en planque en Suisse et dans le Grand Nord où le loup blanc finit par se montrer !

Les 2500 Joyeux givrés se baignent déguisés, le jour de Noël, dans le lac Léman qui ne fait pas plus de 8 degrés.

Deux frères bâtisseurs qui construisent des structures et des murs de pierre en pleine montagne.

A regarder seul, en duo ou en famille.
A installer sur les tablettes à l’Ehpad, au foyer logement, au collège, à la bibliothèque.

Titre : Kini, le monde à bras le corps
Auteure : Ingrid THOBOIS
Illustratrice : Géraldine ALIBEU
Editeur : A pas de loups
Année : 2019

Petite fille suisse malingre, Ella Maillart est devenu une jeune femme sportive et volontaire puis une aventurière indépendante et audacieuse. De ces voyages au long cours en Russie, Asie et Inde, dans la première moitié du 20e siècle, elle fera des livres et des conférences. Elle est morte à 94 ans dans son chalet de Chandolin, à 2000 m au-dessus de Genève, le 27 mars 1997.