Après que la sélection du 15e voyage-lecture ait été annoncée, une professeure de lettres m’a dit : « Je connais déjà le très beau conte écrit par Timothée de Fombelle, Quelqu’un m’attend derrière la neige. Nous l’avons lu à deux voix à des élèves de 5e, juste avant Noël 2019. Je me réjouis du choix mais sachez que tous les jeunes n’ont pas compris l’histoire qui n’est pas si simple ».

Et moi de lui répondre : « C’est pour ça qu’on vous proposera une lecture épicée, qui aidera à la compréhension avec les trajectoires des deux protagonistes matériellement dissociées. Vous pourrez y associer des voyageurs comme dans la vidéo ci-dessous qui réunit trois générations ».

L’installation devant le groupe sera quelque peu différente de la celle de la vidéo (25 minutes). Les pupitres où visualiser le voyage de Gloria et celui de Freddy seront en vis-à-vis, à l’avant de la table qui symbolise la maison et, avec la guirlande, qui annonce un réveillon.
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Pour présenter les albums à des publics variés, lecteurs autonomes ou non, Livralire invente une scénographie qui met en avant les personnages, le cadre et l’intrigue.

Le montage ci-dessous explique les ressorts de la création et donne un aperçu du déroulement. Sur simple demande, les visiteurs du blog peuvent obtenir le lien vers le film de la scénographie intégrale (25 minutes) avec les textes savoureux empruntés aux auteurs.

Cette lecture-spectacle est jouée à partir de janvier 2021 par les animatrices (et animateurs) du voyage-lecture, seules, associées à des collègues ou/et avec le public. Dans certains collèges et lycées, ce sont les jeunes d’une classe ou d’un club qui préparent et jouent la scénographie pour les autres. En juin, des lecteurs-voyageurs l’utiliseront pour promouvoir à leur tour les albums auprès d’autres publics : des jeunes à leurs parents, des ainés à des CM2, des apprenants à du public à la bibliothèque, etc.

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Un couple. Quand l’histoire commence, la femme se contente de regarder par la fenêtre son mari travailler dans son atelier. Elle est la femme du potier.
Quand l’histoire se termine, l’homme regarde sa femme modeler dans le cabanon. Il est le mari de la céramiste.

Le renversement des rôles est admirablement orchestré par DEDIEU, leur créateur.

Preuve en est cette lecture épicée de La Femme du potier (éditions HongFei), créée par Livralire, qui souligne le basculement d’un côte à côte conjugal à un face à face artistique.

Elle doit impérativement être suivie de la lecture intégrale de l’album avec observation de la palette de couleurs chaudes dans lesquels se fondent les corps des personnages.
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Un téléphone à cadran est aussi exotique pour un élève de collège que l’est un smartphone pour un résident d’Ehpad, encore que l’on croise des nonagénaires qui manient les écrans avec une certaine habileté !

De sorte qu’avant la lecture partagée de l’album Moi, c’est tantale, il nous a paru nécessaire de remonter le temps et de raconter en dix photos l’histoire du téléphone.

Le voyage international de Tantale (Congo-Asie-Europe-Asie) se déroule en quatre temps marqués chacun par la rencontre d’un enfant dont le nom et le portrait sont annoncés en début de séquence et repris en fin d’album.

De là est venue l’idée de placer les personnages sur la carte du monde au fur et à mesure de leur entrée en scène et de demander aux auditeurs d’y associer des photos d’objets correspondant à leur activité ou aux événements.

On pourra partager cette lecture collective et figurative de Moi, c’est tantale en une seule séance ou sur quatre jours consécutifs, en prenant le temps de faire résumer par les auditeurs l’épisode précédent. L’histoire terminée, l’album est évidemment mis à disposition du public.

Les vidéos ont été tournées par Antonin Bonnot aux ateliers du cinéma à Beaune avec huit lecteurs et lectrices : Christopher, Jean-Lou, Jessica, Louis-Marie, Marie-Christine, Véronique, Yan, Zihan.

A chaque saison, il faut trouver une mise en bouche différente des albums. Celle de 2020 s’est imposée de suite avec un objet par livre qu’on ferait deviner au public et les portraits des personnages, qui, tels des marottes, seraient accrochés à leur album.

Le montage ci-dessous donne un aperçu du déroulement. Sur simple demande, les  visiteurs du blog peuvent obtenir le lien vers le film de la scénographie intégrale (25 minutes) avec les textes savoureux empruntés aux auteurs.

Cette lecture-spectacle est jouée depuis janvier 2020 par les animatrices (et animateurs) du voyage-lecture, seules, associées à des collègues ou avec le public, en salle ou sur scène. Dans certains collèges et lycées, ce sont les jeunes d’une classe ou d’un club qui préparent et jouent la scénographie pour les autres. En juin, des lecteurs-voyageurs l’utiliseront pour promouvoir à leur tour les albums auprès d’autres publics : des jeunes à leurs parents, des ainés à des CM2, des apprenants à du public à la bibliothèque, etc. VML

Murielle Daumur, animatrice à l’Ephad à Semur-en-Brionnais (71), a rappelé lors du lancement en Saône-et-Loire qu’ 1, 2, 3 albums permettait aux aînés de prendre la parole, de partager des souvenirs, des expériences et des savoir-faire, entre eux et sur le blog.
Exemple en 2019, la sortie des tableaux  après la lecture partagée de 1000 dessins dans un encrier ( Zaü, Rue du monde).
Elle est fière d’avoir initié au voyage-lecture une stagiaire qui dès sa prise de poste dans un établissement voisin, à Marcigny, l’a mis en place avec une cadre de santé.
Elle a si bien défendu ce projet dans une réunion de secteur que quatre collègues sont venues à Mâcon et vont embarquer, avec son soutien en tant que marraine.

L’été dernier, sitôt que j’ai eu commencé de lire à voix haute Une somme de souvenirs à ma mère nonagénaire, elle m’a dit : « Ne me montre pas les images tout de suite, c’est formidable, je vois chaque scène ».

Effectivement, l’auteur nous offre un récit imagé qui se suffit à lui-même sauf que pour certains publics non acquis à la lecture, le temps d’écoute semblera long. Pour maintenir l’attention, j’ai imaginé des rôles tenus par des personnes du public : un interviewer qui interpelle le narrateur et des lecteurs pour lire les souvenirs de Monsieur Wilson, tels que les clients les ont découverts à la braderie de la rue Little.

La chance a voulu qu’en tournant la scène aux ateliers Lelouch à Beaune avec deux apprentis, il y avait ce jour-là trois stagiaires, Benjamin, John et Floriane et que Zihan, élève de CM2 à Beaune était disponible. Dommage qu’on n’ait pas eu comme à Givry (71), une candidate de 9 ans pour jouer la petite fille de Mr Wilson car de profil il est impossible de me faire passer pour une enfant que je ne suis plus depuis si longtemps, encore qu’à se nourrir de littérature-jeunesse (mais pas que !) on reste jeune !
Véronique M Lombard