Eté 2021 en France : la lecture a  été déclarée grande cause nationale. Mais comment efficacement et à moindre coût revitaliser la relation aux livres de milliers de gens ? 1.2.3 albums est un levier parmi d’autres, accessible à tous et au delà des frontières avec des participants en Suisse, en Polynésie et au Togo.

Le kit d’animation 1.2.3 albums est le fruit d’une équipe de huit personnes : Marie Anne, Natacha, Marie-France, Véronique, Marie Christine, Nicole, Catherine et Emmanuel.
Chacun.e a sa part dans la chaine de fabrication du prélude et des lectures épicées : conception, création, rédaction, répétition, correction.

Les fiches techniques seront disponibles à partir du 8 novembre avec code d’accès communiqué à chaque lancement départemental et par mail à tous les voyageurs inscrits.

Des candidats au voyage-lecture hésitent à embarquer faute de crédits suffisants pour acheter les albums.
Cette année, le prix du pack de 8 albums s’élève à 130,70 €, soit 118,94 € avec la remise collectivité accordée par les librairies indépendantes, sachant qu’il y a deux recueils et donc 30 histoires à partager !

Comment financer l’achat d’un ou de plusieurs packs ?

1/ Vérifier qu’on ne peut pas profiter d’une aide locale : prêt par une bibliothèque municipale ou départementale, certaines BDP mettant des albums à disposition des CDI ou des bibliothèques pour l’année scolaire. En Côte-d’Or, les petites bibliothèques peuvent se faire offrir un pack par l’association des amis de la bibliothèque départementale.

2/ Demander au maire ou à son directeur une rallonge exceptionnelle pour un projet « exceptionnel », selon les termes d’une bibliothécaire qui a convaincu l’élue en moins de dix minutes, comme l’a fait une documentaliste avec le principal de son collège.

3/ Explorer toutes les pistes de financement dans son entourage : prise en charge par le foyer socio-éducatif, le comité d’entreprise, une association, des familles. Deux exemples : dans un Ehpad, cinq familles de résidents qui participent à l’atelier lecture ont financé avec enthousiasme l’achat d’un album. Dans un collège, une grand-mère désireuse de partager les albums avec sa famille, propose d’acheter un pack, de le prêter au CDI du collège de ses petits-enfants et de le récupérer aux grandes vacances.

4/ Oser contacter un possible mécène comme l’ont fait des écoles et des collèges. L’expérience montre que les entreprises et banques sollicitées ont répondu positivement, heureuses de soutenir ce projet. Pour elles, une centaine d’euros défiscalisable, ce n’est pas beaucoup. Livralire fournit une fiche sponsoring et peut délivrer un reçu fiscal à partir de 50 €.

5/ Chercher quelle dépense équivalente mais de portée plus limitée on pourrait supprimer. Exemple : dans une classe de 25 élèves, 8 albums génèrent 200 lectures auxquelles on ajoutera celles des familles ou des camarades à qui on passera les livres en fin de voyage-lecture. Pour le prix de ces 8 albums, on peut acheter 14 romans ou 10 documentaires. Combien faudra-t-il de temps pour que ces ouvrages soient lus 200 fois ? L’invitation à modifier ses acquisitions vaut aussi pour tous les établissements qui ont un budget livres, y compris pour les BDP où tant de livres achetés n’auront qu’un seul lecteur !

6/ En dernier recours, s’adresser à Livralire qui peut aider ceux qui embarquent pour la première fois ou sont dans des situations particulières.

Acheter des albums, c’est investir ! La dépense a des effets durables et mesurables tant sur la lecture que le mieux-vivre ensemble. Certains grands voyageurs le savent, faisant le choix d’avoir suffisamment d’albums pour leur public, quitte, à la fin du voyage annuel, à distribuer de façon intelligente et inventive les exemplaires en surplus !
VML

Huit réponses parmi des dizaines d’autres, émanant d’organisateurs du voyage-lecture, aguerris ou novices.

Bibliothécaire
C’est une merveilleuse opportunité de découvrir une sélection d’albums originaux et intéressants qu’on peut faire vivre longtemps et dans des cadres différents : pochette surprise, accueil de classe, animation familiale, café littéraire adulte.

L’album devient passerelle entre les générations.

Documentaliste
Ce qui me motive chaque année à reprendre l’aventure, c’est la simplicité du dispositif. Selon nos besoins et nos possibilités, on lit un album à quelques-uns ou on organise des lectures épicées en grand groupe dans l’établissement ou à l’extérieur.

Professeur de lettres
La diversité et la force des sujets abordés est un atout. On peut relier certains albums au programme et de fait collaborer avec des collègues d’autres matières.

Professeure des écoles
Avec 1.2.3 albums, l’oralité souvent mise de côté, est travaillée de façon naturelle et authentique.

Educatrice
A la différence de leur quotidien scolaire où ils sont souvent à la peine, les enfants découvrent que la lecture peut être un loisir.

Animatrices en Ehpad
Les résidents sont suspendus à mes lèvres quand je lis un album.
C’est une belle matière pour échanger des points de vue et des souvenirs.

Soignant en accueil de jour
L’atelier hebdomadaire de lecture des albums autour d’une tasse de café : une bouffée d’oxygène très attendue des patients.

Travailleur social
Les albums sont de bons supports pour la relation d’aide.

Bénévole au centre social
Des apprenants sont fiers de rapporter un album chez eux à partager avec leurs enfants.

Les éditions « les Grandes Personnes » publient un documentaire grand format, pédagogique et ludique : Poster power.

Avec une patte originale, intelligente et dynamique, l’auteure, Teresa Sdralevich, décortique le monde des affiches.
Jalonnant chaque partie avec des exemples graphiques, elle :
– donne une définition des affiches
– analyse le rapport texte-image
– décrit la conception et la fabrication :l igne, perspective, cadrage couleurs, forme, typo…
– recense les types de messages

En fin d’ouvrage, elle offre un kit de 10 planches avec des textes ou images dans les tons noir & blanc et orange fluo de l’ouvrage, à partir desquels créer ses propres affiches.

Un livre-atelier exceptionnel, abordable (17 €) qui intéressera particulièrement ceux qui auront découvert dans Petites nouvelles de la révolution les illustrations d’Henri Meunier, inspirées d’affiches contestataires de grand artistes (Flagg, Henrion, Parilla) ou d’anonymes sur les murs de Paris en mai 1968. Et tous ceux qui voudront s’exercer à cet art subtil et audacieux, avec des jeunes notamment.

L’idée de créer un mur virtuel où partager des textes, des images, des enregistrements audio, des vidéos, des pages internet en lien avec les albums nous a été insufflée l’an passé par Marilyne Pingaud, conseillère pédagogique qui en avait créé un avec les enseignant-voyageurs, rattachés au Service école inclusive du Tarn. 

Aussi, pour la deuxième année, mais cette fois-ci en ouverture de la saison 21/22, Livralire lance un padlet avec des premiers contenus attentivement sélectionnés qui faciliteront la connaissance des thèmes et enrichiront la lecture des albums.

Par exemple :
Une interview de Natali Fortier, l’auteure de Pas l’ombre d’un loup.
Une galerie d’affiches originales qui ont inspiré Henri Meunier pour illustrer Petites nouvelles de la Révolution.
Le film sur le facteur Cheval

Cet outil sera d’autant plus riche qu’il sera complété par les propositions que nous soumettront les participants au fil du voyage-lecture.

Le lien vers le padlet sera fourni aux participants à 1.2.3 albums avec le kit d’animation après chaque lancement.
Il est d’ores et déjà disponible sur simple demande à asso[at]livralire.org

1.2.3 albums est ouvert à tous ceux qui souhaitent partager des lectures, ponctuellement ou régulièrement, avec des personnes de 10 à 100 ans, isolées ou en groupe dans un établissement ou atelier culturel, scolaire, sanitaire et social, en France et ailleurs.

Le jumelage intergénérationnel et/ou le partenariat culturel avec une bibliothèque n’est pas une condition de participation. Une classe, un Ehpad, un service de soins, un centre social, un IME, peut s’inscrire seul.

Participation/ Inscription
L’inscription, ouverte du 1er septembre au 31 décembre, est gratuite en Bourgogne Franche-Comté, dans les départements partenaires (Ain, Allier, Indre, Tarn). Ailleurs en France et à l’étranger, la première inscription est gratuite. Les années suivantes une participation est demandée à ces voyageurs dits « satellites »

Boite à outils très fournie
L’inscription donne droit à des bagages conséquents : des supports de communication, des tutos d’animation, un vade-mecum, l’accès à un padlet participatif, et un suivi  par mail. Le kit pédagogique peut servir à d’autres animations que celles du voyage-lecture : accueil de groupe ponctuel, Nuit de la lecture, Fête du livre, etc.

Agenda voyage-lecture
Septembre à décembre 2021 : les préparatifs
Achats des albums,  9 lancements-présentations, inscriptions, diffusion du kit d’animation, préparation des « lectures épicées ».

Janvier à juin  2022 :  La lecture partagée des albums, encouragée par des animations ponctuelles ou menées régulièrement, avec en clôture à la mi-juin, un vote individuel pour ses 3 albums préférés.

Présentations publiques à l’automne 2021
Pour ceux et celles qui ont la chance d’être dans un département partenaire ou limitrophe. Sur réservation et sans engagement, convocation sur demande.

MÂCON (71)
vendredi 12 novembre / Médiathèque, 23 rue de la république

DIJON (21)
mardi 16 novembre / Canopé, 3 avenue Alain Savary

BOURG-EN-BRESSE (01)
vendredi 19 novembre / BDP, 31 rue Juliette Récamier

MOULINS (03)
mardi 23  novembre  /CNCS, Quartier Villars, Route de Montilly.

NEVERS (58)
jeudi 25 novembre
/ Canopé, 3 rue Lamartine

BELFORT
mardi 30 novembre / Hôtel du département, 6 place de la révolution française

CHÂTEAUROUX (36)
vendredi 3 décembre / BDI, 100 rue Montaigne

AUXERRE (89)
mardi 7 décembre /  INSPE, 24 rue des Moreaux

ALBI (81)
jeudi 9 décembre / BDT, 1 rue Francisco Goya

Parrainage
Trois albums (On nous appelait les mouches, Le meilleur, Ashoka et la flamme sacrée) seront offerts à tout ancien voyageur qui, lors d’un lancement et, à côté de ses partenariats locaux, s’engagera à aider, au titre de parrain/ marraine, un.e collègue d’un établissement d’une autre commune, nouvellement inscrit.e.

Fiche d’inscription, agenda, descriptif, argumentaire, renseignements disponibles par mail et téléphone : asso[at]livralire.org / 06 68 38 14 44
Avec relais assuré par les BDP partenaires.

Une quarantaine d’enseignants spécialisés (SEGPA, ULIS, IME, ITEP, EREA) ayant engagé en 2020-2021 leurs classes d’enseignement adapté dans le voyage-lecture proposé par Livralire, ont souligné quatre atouts d’1.2.3 albums :

1/ Une sélection riche et ouverte
Les huit albums proposés sont des beaux livres « dont l’entrée peut se faire par l’image, ce qui supplée la difficulté de compréhension de l’écrit ».
Ils abordent des sujets forts, parfois inattendus, qu’on peut relier :
– à des matières du programme : histoire-géographie, art visuel, éducation civique, etc
– aux apprentissages : lecture, oralité, écriture, numérique (avec notamment des padlets interactifs)
– à l’actualité et à la vie.

« Mine de rien les élèves élargissent leur vocabulaire, progressent en lecture, en écriture, voyagent, se découvrent les uns les autres. »

2/ Un agenda intéressant
La sélection est annoncée en juin. Le kit d’animation, créé par Livralire est présenté et partagé en novembre. Ce laps de temps permet aux adultes de rechercher des activités suggérées par les albums et surtout des entrées de lecture pour, le moment venu, accéder aux textes par analogie ou inférence.

 A l’automne, on anticipe en semant des graines pour qu’à la lecture des albums, les élèves qui ont peu ou pas de références culturelles puissent faire des liens.  Le voyage-lecture proprement dit se déroulant de janvier à juin avec le public.

3/ Des outils d’animation efficaces
Livralire met à disposition :
– une présentation originale du pack (les 8 livres)
– un padlet coopératif  avec ouvertures et livres cousins
– des canevas détaillés de lectures de groupe des albums, dites « lecture épicées » qui apportent du piquant, éveillent, aident à faire sens, varient les séances. Elles peuvent être jouées par les adultes en amont de la lecture individuelle, puis par des jeunes qui, connaissant l’histoire, veulent la transmettre à d’autres. 

« Les élèves nous ont dit que leur moment préféré était celui où ils avaient lu à haute voix ».

 4/ Des partenariats possibles
Chacun est libre de travailler en réseau avec :
– des collègues du même établissement ou d’autres
– les familles qui consultent les albums et suivent le voyage-lecture via un padlet
– des services culturels : une bibliothèque, Canopé, un musée

Pour aller plus loin, lire ou relire les témoignages partagées sur le blog au premier semestre 2021 :

Plein de progrès et d’émotions avec les albums  par Mmes Burret (UPE2A) et Gervasoni (ULIS ) : collège Roger Semet (Digoin (71)

Les albums, un support épatant en IME  par Anne Laure Marquis, enseignante Tournus ( 71)

Les albums, vecteurs pédagogiques, culturels et humains par Virginie Vaysse (Ulis, Albi)

L’imprégnation culturelle, préalable à la lecture  par Marilyne Pingaud  (Conseillère Pédagogique, SDEI Tarn) 

Voici le nouveau pack d’albums proposé pour la 16e saison d’1.2.3 albums dont un modèle de fiche de commande est disponible sur simple demande. Chacun a sa fiche individuelle de présentation en date du 30 août.

Huit livres mais beaucoup plus d’histoires encore, car deux en contiennent plusieurs :
Les héros ordinaire (TERRAL, La Martinière)6 récits de vie ou le destin de cinq hommes persévérants, dont le célèbre facteur Cheval, et un chien japonais d’une fidélité peu commune.
Petites nouvelles de la révolution (COUSSEAU, Sarbacane) : 16 saynètes recensant de par le monde les rêves et actions concomitantes de 16 enfants, qu’on pourra jouer ou lire à plusieurs voix.

Le Québec sera à nouveau présent avec :
Le Meilleur (EBRAHIMI), un album persan publié par Les 400 coups (Montréal) et racontant comment trouver sa place dans une famille.
– le retour de Gisèle et Marcel (1, 2, 3 albums 2017) dans Pas l’ombre d’un loup au Rouergue, version pétillante de notre célèbre Chaperon, dessinée et théâtralisée par Natali Fortier

Deux albums sur nos modes de vie :
On nous appelait les mouches  (CALI, Sarbacane) : une aventure dystopique (encore que des enfants qui vivent sur des décharges, ça existe malheureusement déjà) avec la découverte d’un drôle d’objet inconnu et apparemment inutile.
– La forêt des frères (NORITAKE, Actes Sud Junior) : un album grand format avec un texte minimaliste de type haïku sur la question du rapport de l’homme à la nature.

Deux albums pour emmener loin :
– dans le temps, avec Christine de Pizan (LOYER, Actes Sud junior), féministe avant l’heure (lien vidéo France 3)
– dans l’espace, avec le petit indien Ashoka et la flamme sacrée  (HAN, Actes Sud junior) dont il est responsable.

Les filles qui dominaient en 2021 cèdent la place aux garçons.
Sans qu’on l’ait voulu, un fil porteur relie ces albums, celui de l’accomplissement. Les héros de la 16e saison sont des bâtisseurs. Puissent-ils communiquer leur vitalité féconde à ceux et celles qui les rencontreront par la lecture partagée.

VML

A l’heure où des Afghans doivent mettre à l’abri leur bibliothèque …
Alors que l’objet livre est au coeur de l’album de la sélection 2021-2022 On nous appelait les mouches
Il est bon d’entendre Patrick Weil, fondateur de L’ONG Bibliothèques sans frontières faire l’éloge du livre papier dans l’émission Boomerang (France Inter) du 28 avril 2021 :

« Très peu de temps après la création de Bibliothèques sans frontières, nous avons été confrontés avec Jérémy Lachal, son directeur, à une question difficile. Pour réduire les inégalités d’accès à la connaissance et à l’information en Afrique, ne devrait-on pas zapper les vieilles bibliothèques classiques emplies de livres, et se tourner directement vers la révolution technologique des liseuses, des ebooks, des smartphones ?

Après tout, persuadées de la fin du livre papier, certaines universités américaines avaient vendu leurs bibliothèques à des universités chinoises. Le débat nous agitait. Nous avons décidé de faire trancher la question par nos partenaires éditeurs, auteurs, bibliothécaires africains. On a donc organisé avec eux un colloque à Paris et ils nous ont dit la chose suivante : « Un dictateur peut couper l’internet en une seconde. Il ne peut pas confisquer, brûler tous les livres en une seconde. Le livre papier garantit mieux la liberté ».

Ils avaient raison. Le goût partagé de la liberté nous fait mettre des livres dans tous les programmes que nous développons dans le monde, y compris ceux où nous déployons les plus hautes technologies. Mais voilà que cette conversation de plus de dix ans a traversé la Méditerranée et nous revient comme un boomerang dans le monde d’hyper-technologie et d’hyper-connexion dans lequel nous nous enfonçons.

Le livre papier, le papier journal sont devenus aussi pour nous un espace de liberté. Quand vous lisez votre journal papier ou votre livre, aucun GAFA, aucun État ne peut repérer que vous vous êtes arrêté(e) à la page 18, ou que vous avez sauté un chapitre.
Le livre papier, c’est la liberté. »