Vous rêvez de venir en Polynésie, eux d’aller en France !  

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Comme l’avait suggéré quelqu’un sur le blog,  j’ai proposé à ma collègue de français qui mène 1, 2, 3 albums avec moi, de faire « un mur de rêve ».  Je voulais jouer sur le singulier et le pluriel : mur de rêve /mur de rêves ?  « Seulement, le tableau blanc du CDI, ça fait pas trop rêver », m’a-t-elle dit.

J’ai laissé mûrir le projet pendant que les élèves écrivaient leurs propres rêves. Et je me suis dit que notre mur de rêve était autour de nous ! D’où l’idée de prendre des photos de notre cadre de vie et d’y insérer les tableaux des rêves des élèves ! Voici le résultat, sous forme de livret Calaméo.

Les jeunes de métropole se reconnaîtront dans certains rêves concernant l’argent, la famille, le foot, les ambitions. Mais sans doute pas dans celui d’être douanier ou de prendre le train ! Un rêve sur notre île de Moorea dont les plages de sable fin font tant rêver les Européens !

Fabienne Bourjon, documentaliste au collège d’Afareaitu (Moorea, Polynésie française)

Ray, le héros de Cours interviewé par des lycéens de Gex

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Bonjour, nous sommes trois élèves de seconde de la section MRCU (métiers des relations clients et usagers) au lycée  polyvalent Jeanne d’Arc à Gex dans l’Ain. Votre histoire racontée par Davide Cali dans l’album Cours nous a touchés. Nous vous remercions de nous accorder quelques instants pour répondre à nos questions.  

1/ « On va voir si tu as du souffle ». En quoi cette phrase est importante pour vous ?  Cette  phrase, c’est le commencement de mon histoire.  Lorsque que j’étais enfant, j’étais seul et perdu, mais un jour, quelqu’un m’a tendu la main, et m’a aidé à remonter la pente. Et moi aujourd’hui j’essaye de faire de même, d’aider des petits.

2/  Pourquoi avez-vous fait de la boxe ?
La boxe est un sport unique, un sport où il faut se battre pour gagner, où il faut analyser son adversaire, la situation et les possibilités. En réalité, je n’ai pas vraiment fait de la boxe j’ai surtout couru. La course m’a aidé à contrôler mes pulsions et mes sentiments.

3/ Qu’avez-vous ressenti lors de votre premier marathon ?
Comme tout le monde, de la fatigue, de l’essoufflement… Au début,  je pensais que je pouvais arriver dans les premiers. C’est seulement ensuite que je me suis rendu compte que le plus important c’était de tenir jusqu’à la ligne d’arrivée.  Je suis fier d’avoir couru jusqu’au bout.

4 / Eprouvez-vous de la reconnaissance envers votre ancien proviseur, M. Parker ?
Oui, énormément, car il m’a poussé vers la lumière et m’a aidé à comprendre qui j’étais en réalité, ce que je souhaitais devenir et quel genre de personne je voulais être plus tard.

5 / Qu’est ce qui vous a décidé à devenir proviseur dans ce collège ?
Je ne souhaitais aucunement exercer le métier de proviseur étant jeune, mais après mes études de mathématiques à l’université,  je me suis demandé comment j’en étais arrivé là et qui m’avait aidé. J’ai tout de suite pensé à M. Parker, mon ancien proviseur. Il avait trouvé un but dans la vie :  aider des enfants, les aider à grandir et devenir adulte. Je partageais les mêmes objectifs. J’ai donc suivi le cursus pour devenir enseignant.

6/ Que voudriez-vous dire aux jeunes en difficulté ?
N’abandonnez jamais. Allez toujours au bout de vos envies. Ne vous freinez pas à cause de ce que disent ou pensent les autres. Vivez à fond votre vie. Etudiez, voyagez, aimez !

L’histoire des Robinsons de Tromelin primée à Blois !

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«C’est vraiment de loin l’histoire que je préfère», a confié Corentin à ses camarades de 6e réunis pour voter (St Dominique / Chalon).Tout comme Mansi, Dina et Etin-Osa, élèves de CM2 à Sens, qui avaient fait une présentation de l’esclavage.

Il l’a été aussi pour 272 élèves de cycle 3 (CM2-6ème) qui participaient au Prix du roman historique jeunesse 2018. 34,8 % d’entre eux ont voté en faveur des Robinsons qui l’emportent haut la main devant La Mercedes rouge (194 voix), Quand Joseph Meister fut sauvé par Pasteur (172 voix) et Le pirate de la Loire (144 voix).

Le Prix du roman historique jeunesse 2018 sera remis en octobre à Alexandrine Civard-Racinais et Aline Bureau dans le cadre des Rendez-vous de l’Histoire à Blois.

 

Des adultes apprenants rencontrent Naya

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Ils sont sept, venus d’ailleurs, installés à Chalon/ Saône depuis au moins deux ans, réunis autour d’Elisabeth, pour l’atelier hebdomadaire « Courage, on va réussir ». Les trois jeunes hommes viennent du Soudan, les femmes du Maroc, de la Turquie, du Vietnam et de RDC.

Ce vendredi là, on va partager ensemble une histoire. J’ai choisi la lecture épicée de Naya.
Je présente les personnages qui s’exprimeront à ses côtés : maître Yacouba, le chef du village, l’émissaire et les troix voix du chœur ! On se répartit les rôles. Je leur donne le texte correspondant que chacun découvre seul puis lit avec Elisabeth ou moi. Un apprenant maîtrisant mieux la lecture que les autres prend les dialogues les plus bavards. Je m’installe au pupitre face à eux et mène la lecture. Tout s’enchaîne on ne peut mieux. J’insiste en les clarifiant sur deux moments clés de l’histoire pour que personne ne perde le fil.

Sitôt le conte fini, le visage de la jeune femme marocaine s’illumine de bonheur. Elle emportera l’album chez elle.
De suite, surgit la question  : vaut-il mieux avoir des filles ou des garçons ?  En RDC, les filles aideront la maman. En Turquie et au Maroc, sitôt mariées, c’est de leur belle-mère qu’elles devront s’occuper. « J’aime mon mari, j‘aide ma belle-mère. J’ai pas le choix … même ici ». Au Vietnam, on souhaite au moins un garçon pour perpétuer le nom. Au Soudan, les garçons feront la guerre. Ils arrêtent tôt leurs études. Les plus diplômés sont les filles.Chacun s’accorde à dire que ça évolue un peu dans leur pays d’origine. Et nous, de rappeler qu’en France aussi on a longtemps connu une forte domination masculine qui perdure.

Cette histoire est typiquement africaine, nous dit Faroug. « En Afrique, le chef fait partie du village. Le contact est direct. On peut l’aborder facilement comme le fait Naya.  La jeune fille a soufflé à l’esprit des femmes comment sauver les hommes. Chez nous, on croit à la transmission et aux forces de l’esprit. »
VML

Un signet cadeau, clin d’œil aux 8 albums

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Pierre, un jeune adulte fidèle aux ateliers lecture chalonnais, a écrit un texte et dessiné un marque page qui a été offert aux jeunes de 6e du collège Camille Chevalier et aux adultes, embarqués depuis janvier ensemble dans 1, 2, 3 albums.

Toute une expérience de partages, à tous les âges
Où il y a eu rêves, amours, beautés, merveilles, guerres, voyages
Où se sont mêlés la fougue de la jeunesse et le calme de la vieillesse
Des moments magiques et sympathiques
Avec comme passage un pont entre les générations
Grâce aux livres et à ceux qui les ont lus, ou les liront…

Pierre Wojtasinski – mai 2018

Cliquez sur l’image pour chercher les indices qui correspondent à chacune des histoires du cru 2018 !

Lire en tout SENS !

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A Sens (89), le voyage-lecture dans les albums, orchestré par Christelle et Josiane, des bibliothécaires adulte et jeunesse de choc, remporte toujours le même succès auprès d’un large public. Le vote est l’occasion de se rencontrer et de partager des créations réalisées par chaque groupe de lecteurs, jeune ou adulte. Le nombre de participants est tel que le final a été scindé en trois séances, les deux premières entre des CM2 et des collégiens, étant ouvertes aux parents.

A la troisième rencontre, le jeudi 24 mai 2018, environ 180 personnes étaient réunies dans la salle jeunesse de la médiathèque Jean-Christophe Rufin. Les groupes se sont succédés sur l’estrade pour présenter leurs créations, en lien avec les albums lus depuis plusieurs mois.
Des élèves de CM2 de l’école Pierre Larousse ont fait un court exposé sur l’esclavage.

Un groupe de l’ESAT dont c’était la première participation, a présenté ses œuvres entièrement réalisées en papier mâché : les livres préférés d’Adam R. (notamment Moby Dick et sa baleine) et l’impressionnante paire de chaussures de pointure 53 (la taille a été déterminée après des recherches sur Internet) !

Les élèves de l’IME Sainte-Béate ont fabriqué des instruments de musique en matériaux recyclés comme les enfants du bidonville de Cateura et façonné des poteries à la façon de Naya.

Les résidents de la pension de famille Coallia ont chanté « La cage aux oiseaux » et « Un peu plus près des étoiles ». Ils avaient également confectionné des petits sablés en formes d’instruments de musique.


Les résidents du foyer APEIS Les Chênes Bertin avaient préparé une petite représentation théâtralisée évoquant tous les albums de la sélection, qui s’est achevée par un concert improvisé de djembé !

Avant de procéder au vote, une dame de 82 ans a pris la parole pour exprimer sa reconnaissance pour ce beau moment d’échange. Elle a remercié les groupes d’avoir partagé leurs créations. Elle m’a confié qu’elle était entrée à la médiathèque tout à fait par hasard cet après-midi-là, étant de passage dans sa famille sénonaise. Elle m’a dit avoir été très touchée par les productions des groupes et émue de voir des jeunes (et moins jeunes !) créer du lien « car il y en a bien besoin ! C’était un vrai plaisir d’être entourée par tout ce petit monde ! »

Un goûter servi dehors, sous le soleil, a ponctué l’après-midi, et permis aux différents groupes de mieux faire connaissance avant la proclamation des résultats du vote. Chapeau bas à l’équipe de Sens pour l’organisation.
Marlène François, bibliothécaire à la BDY, référente 1, 2, 3 albums dans l’Yonne

Libérons la parole des élèves !

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Mai 2018, Chalon. Je suis invitée à jouer la lecture épicée de Méditerranée sur une heure de cours de français dans la classe de 6e qui voyage en jumelage avec un groupe d’adultes de la maison des seniors. Cet album est volontairement dévoilé en dernier. Les élèves ont bien compris pourquoi. C’est le seul sans espérance, les rêves de la petite fille ayant été brisés par sa noyade. Dans les autres récits, les personnages surmontent leurs difficultés.

Emmanuel, leur professeur de lettres, demande à un élève de résumer l’histoire qui vient d’être jouée devant eux puis il mène des échanges autour des questions soulevées par les jeunes. S’ensuivra un 2e résumé enrichi des remarques des uns et des autres.

1/ Comment voit-on la fillette ? Elle a des cheveux crépus, n’a pas été à l’école, vient d’Afrique, peut être d’un pays en guerre. Ses rêves témoignent de tout ce qu’elle n’a pas dans son pays mais qui sont d’accès facile pour les enfants du Nord.

2/ Pourquoi l’auteur a-t-il dédicacé l’album à sa fille ? Est-ce elle qui lui a donné l’inspiration ?  Est-ce parce qu’elle ressemble à la jeune africaine ? Est-ce parce qu’il aime sa fille et qu’il espère qu’elle n’aura pas la même destinée ?

3/ Pourquoi ces bouteilles en plastique dans la lecture épicée de l’album ? – Ce sont comme des bouteilles à la mer, dit une élève. Une autre d’ajouter : – les plastiques en mer, ce sont des déchets, à l’image des migrants, les rejetés de nos sociétés. Le papier coloré mis dans la bouteille symbolise ce qu’on a au fond de soi. Derrière les apparences se cache le cœur de l’homme !

La finesse de cette analyse me laisse pantoise ! L’auteur n’a que 12 ans et peine à l’écrit.   Victoire, puisque tel est ton prénom, bravo et merci pour ton interprétation spontanée et profonde qui nous rappelle l’orientation que nous, adultes, devrions donner à l’enseignement du français : « accueillir l’enfant et pas seulement l’élève, en partant de sa culture première pour qu’il donne du sens à ses apprentissages, qu’il en fasse des prolongements de l’expérience déjà vécue afin de devenir acteur et surtout auteur de nouveaux savoirs ».

C’est en tous cas ce que souhaite un collectif d’enseignants et d’amoureux des Lettres vives créé en mai 2018, que chacun peut rejoindre. Son manifeste défend une pratique vivante et coopérative de l’enseignement des lettres où « les élèves savent faire réfléchir, rire, émouvoir, interroger, bousculer ».
VML


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