Cinq élèves de 6e, Elsa, Clotilde, Héloïse, Méline et Quentin ont donné à leurs camarades la lecture épicée de Quelqu’un m’attend derrière la neige, qu’on avait préparée plusieurs lundis de suite aux pauses méridiennes.

L’auditoire a été attentif et conquis. Les lecteurs sont contents de leur expérience et le disent.

Méline aimerait en faire d’autres.

Héloïse trouve que cette lecture lui a appris à se concentrer face à un auditoire et que c’est super de travailler en petit groupe.

Quentin dit avoir progressé en lecture à voix haute. Il reconnait que c’est très impressionnant de lire devant ses camarades de classe et devant ses professeures, Madame Deguines et Madame Pereira.

Clotilde a apprécié le travail préparatoire, bon entrainement à l’oral.

Frédéric GILLOT – professeur documentaliste, collège Saint Joseph La Salle à Dijon.

 

L’album Les rides de JR a été le point de départ d’une correspondance tissée entre les résidents de l’Ehpad des Peupliers à Bourg-en-Bresse et la classe de 3e du collège de la Plaine de l’Ain à Leyment (01)

Premier échange : le temps de la jeunesse
Les collégiens, sans destinataire attribué, font leur autoportrait avec une illustration, un dessin ou une photo, et confient comment ils imaginent leur vie future : rêves, peurs, espoirs.
Dans le même temps, les ainés retrouvent une photo de leur jeunesse et partagent leurs souvenirs.

Les courriers sont échangés, et les élèves, émus, découvrent qui a lu leur lettre et comment on vivait, à leur âge, en pleine seconde guerre mondiale.

Deuxième échange : le temps de la vieillesse
Les collégiens se projettent dans le futur. Quel visage auront-ils au soir de leur vie ? Que racontera-t-il des épreuves traversées ?

Les résidents, pris en photo par Marie-Line, leur animatrice, écrivent sur leur vie et parlent de leur quotidien dans la résidence.

Les élèves attendent avec impatience cette deuxième lettre. Ils se souviennent parfaitement du premier portrait de jeunesse qu’ils ont reçu. Ils répondent, trouvent des points communs avec leurs aînés ! « Nous ne sommes pas les meilleurs mais nous ne nous laisserons jamais manipuler ou offenser. Nous partageons ça avec vous. »

Les ainés se réunissent pour découvrir les portraits imaginaires des élèves dans quelques années à partir de leurs têtes actuelles. Leurs visages se dérident, rayonnent de joie et d’émotion à la lecture des petits mots des jeunes.

Quel pied de nez au virus que ce projet mené à bout et quelle expérience ! On ne serait sans doute pas allé si loin face à face.
Comme le dit Jacqueline : « Nous ne nous sommes pas rencontrés, mais nous avons l’impression de nous connaître. »
Les rencontres sont parfois plus belles encore par l’écriture…

Emilie Nallet associée à Marie-Line Dumange et Jessica Mota

Ceux qui ont pu, dans ce semestre agité, aller au bout du voyage-lecture, étaient invités à  nommer leurs trois livres préférés : ceux qu’ils aimeraient offrir, se faire offrir, ceux qui les ont marqués, ceux qui leur ont appris quelque chose, etc.

Je n’ai jamais dit caracole en tête. Il a pour lui un texte minimaliste, un sujet universel, un format duplicable. Les participants ont partagé des confidences, doté de secrets bien gardés des inconnus ou des personnages célèbres.

Suivent deux albums « robustes » et émouvants dont l’accès a été facilité par les lectures épicées : Trop bien, cette façon de nous raconter des histoires.

 Si je reviens un jour : J’ai failli pleurer. Je mesure la chance qu’on a de vivre aujourd’hui. Quelle belle famille soudée jusqu’au bout !

Quelqu’un m’attend derrière la neige : Quelle incroyable rencontre où chacun est sauvé par l’autre.

……..……..

Le barrage arrive en 4e position. Il a réveillé des souvenirs chez les aînés et conduit certains collégiens, notamment les Albigeois, à découvrir un vrai barrage. Les illustrations de l’album sont magnifiques.

Le 5e, Les rides, remporte la palme spéciale de créativité  (voir articles sur ce blog) : Je ne savais pas qu’on pouvait avoir tant de rides. Ce livre m’a apporté de bonnes ondes. Il y a de la beauté dans les rides.

Les trois derniers que d’aucuns auraient aimé  voir sur le podium :
Les dessins de Claire sont réconfortants : On peut réaliser son rêve même s’il nous manque quelque chose.

Les souliers usés : De l’action, de la magie, de l’amour !

Kini, le monde à bras le corps : Que ça fait du bien un livre qui parle de voyage quand on est en semi-confinement !

Longue vie à ces albums qui permettent des lectures coopératives, plurielles et intergénérationnelles !

* Les commentaires en italique sont ceux envoyés par les élèves du collège de Pont-de-Veyle dans l’Ain. Il faudrait des pages et des pages pour en partager d’autres.

Aventures autour de l’imagination
Lectures en toute liberté
Bonheur de découvrir « Le barrage »
Univers littéraires partagés autour d’un livre à lire chaque semaine
Merci pour ces moments littéraires
Merci pour ces mondes miraculeux de méditation
Merci pour ces magnifiques moments
Merci d’avoir créé 1, 2, 3 Albums

Les élèves de 6 ème du collège Saint – Théodard à Montauban

Au collège de Pont de Vaux dans l’Ain, Delphine NAUCHE, professeur de français, voyageuse fidèle et investie, repère chaque début de saison les albums à potentiel collaboratif. Aujourd’hui, elle partage la démarche et le résultat du travail interdisciplinaire autour des Rides, dans une mise en page inspirée de l’original, sur fond bleu ou jaune selon la sixième d’appartenance des futurs seniors.

Vincent Aupoil, professeur d’histoire-géographie, a fait travailler les élèves sur les différentes villes de l’album et les vestiges du passé que l’on trouve dans ces villes. Les élèves ont fait des recherches sur internet et savaient par la suite reconnaître les villes grâce aux monuments et bâtiments.

En français, sur les heures de groupe, nous sommes allés au CDI où j’ai été épaulée par ma collègue documentaliste, Nathalie Blanc. Nous avons fait la lecture épicée sur l’album après avoir replacé sur un planisphère les villes étudiées en histoire-géo.

Puis j’ai lancé le sujet d’imitation : « imagine et rédige la belle vie de ton alter ego vieillissant ». Les élèves ont trouvé facilement l’inspiration et ont pour la plupart imaginé vivre ou voyager à travers le monde. Je pense que c’est à cause / grâce au travail de mon collègue de géographie qui leur a fait voir ce qu’il y avait au-delà de Pont de Vaux !

En arts plastiques, Stéphane Boulet-Burgan a fait travailler la matière aux élèves puis il a photographié leur production qu’il a appliquée comme un filtre sur leur visage.

Après la découverte de l’album Je n’ai jamais dit, j’ai proposé aux jeunes de 11 à 15 ans, intégrés à l’ITEP Le chemin à Albi, avec qui je voyageais pour la première fois de :
– dessiner un personnage dans un graphisme cousin de celui de l’album
– lui donner une identité : nom, âge, nationalité
– inventer sa confidence, l’écrire puis l’enregistrer
– utiliser un logiciel (découvert dans un atelier proposé par Canopé-Albi aux enseignants inscrits à 1, 2, 3 albums) pour animer le visage.

Sandra Clec’h, enseignante (Tarn)

Fait avec Padlet

Mercredi 16 juin 21, notre groupe se retrouve pour choisir les albums de la saison prochaine parmi les 27 titres repérés depuis septembre 2020 par Véronique avec l’aide d’Odile de la librairie La Mandragore (Chalon/Saône). Les deux excusées ont communiqué leurs préférences.

On passe les albums en revue selon l’ordre alphabétique des auteurs.

Dès le premier tour, on en écarte 10 :  mal écrit /creux / tordu / ah non, pas encore la guerre / c’est une réédition / ça ressemble trop à un album de l’an passé.

On en adopte 2 à l’unanimité !

Il en reste 15 en lice pour 6 places ! On discute, on argumente, on compare, on rapproche des titres, on pense aux futurs lecteurs qui aiment les histoires vraies, les pas trop tristes, pas trop longues, les livres catalogue comme Je n’ai jamais dit, mais cette année il n’y en a pas !

On sait aussi que les accompagnateurs s’appuient sur les albums pour développer l’oralité, pour faire écrire, pour ouvrir à d’autres œuvres, des évènements, des figures…

Pas facile ! Emmanuel rappelle notre rôle : offrir des livres qui résonnent en chacun. On peut tout se permettre, sauf l’anecdotique !
Dur, dur ! Deux heures après, il y a d’un côté 8 albums « gagnants » pour une édition (bientôt dévoilée), avec de fait, le thème de l’accomplissement comme fil, et de l’autre les 9 qui ont raté le podium (photo jointe à agrandir en cliquant dessus). Puissent-ils être achetés aussi par ceux qui cherchent à enrichir leur fonds d’albums.

Le comité très féminin, Catherine, Nicole, Marie Christine, Martine, Annie, Véronique G et Véronique ML, heureusement complété par  l’irremplaçable Emmanuel.

Nous nous sommes de nouveau régalés avec les albums, bons supports de lecture, tremplins vers des activités (photos, vitraux, kamishibaï), occasions de découvertes (film d’Agnès Varda et JR, vitraux de l’église du village, etc.).

Cette année, j’ai intégré les lectures à des ateliers tournants*. Les élèves ont beaucoup aimé ces moments. Lors du travail en autonomie, ils lisaient l’album de leur choix et complétaient une fiche pour chaque album pour garder des souvenirs de leurs lectures et noter leurs ressentis.

A cinq jours du scrutin, nous avons fait une séance de « cercles de lecture » pour permettre un moment de partage entre lecteurs à la manière de véritables jurys de prix littéraires.

Chaque élève a rédigé un petit post-it avec ses coups de cœur (ou non). L’ensemble est affiché dans le couloir de l’école pour une consultation libre des avis des uns et des autres avant le vote pour ses trois albums préférés.

Stéphanie CHABRIDON, Ecole de Saint-Ambreuil 

* Pour les ateliers tournants, je prends un groupe de 6-7 élèves sur un atelier guidé (en général, on travaille des stratégies de compréhension en lecture) et, pendant ce temps-là, deux autres groupes de 6-7 élèves travaillent en autonomie (un groupe sur 1, 2, 3 albums et un groupe sur autre chose (lecture suivie d’un roman ou d’un texte explicatif + questionnaire). Au cours de la semaine, je fais un temps d’ atelier le lundi, un autre le mardi et un troisième le jeudi. Le vendredi, chaque groupe est donc passé sur chaque atelier et nous faisons une séance de mise en commun soit sur une stratégie de compréhension, soit sur l’atelier autonomie sur le roman ou le texte explicatif… En 8 semaines, cela a permis aux élèves de passer 8 fois en atelier sur 1, 2, 3 albums et d’avoir lu tous les albums et d’avoir une fiche pour chaque album ( type de carnet de voyage). Ils ont beaucoup aimé ce fonctionnement…

La lecture épicée de Si je reviens un jour a libéré les souvenirs des résidents qui ont connu des familles juives.

Les juifs sont des personnes courageuses, très cultivées et érudites. C’était dans mon souvenir des familles distinguées qui comptaient les plus grands médecins et chirurgiens.

– Dans mon école, il y avait beaucoup d’enfants juifs. Je me souviens qu’un jour, j’étais en train d’acheter des bonbons et il y a eu une rafle. Un médecin a été arrêté sous mes yeux.

– Mes beaux-parents ont caché des juifs. 

– Papa était juif. Il a fait tout son possible pour toujours nous donner du pain. Jeune, il habitait en Russie. Il est venu à Paris avec un groupe d’amis. Puis il s’est installé dans le Charolais où il a rencontré maman qui habitait Chambilly. Mon nom de jeune fille, c’est Navelski. Papa ne nous a pas raconté tout ce qu’il a subi et ne nous a pas tout dit. Lorsqu’il nous livrait quelques souvenirs, il avait tout de suite les larmes aux yeux !

On parle de la guerre 39-45, des Allemands, de l’étoile jaune. Les paroles fusent. Nous restons sans voix en écoutant les témoignages poignants de nos anciens.

Murielle DAUMUR, animatrice Ehpad Semur-en Brionnais

C’était du temps où la télé n’existait pas. Les jeunes filles se pomponnaient pour aller au bal à pied ou en vélo… sous la surveillance de leur mère.

Madeleine, Simone et Jacqueline, en étaient. Elles racontent les bals de Givry et des communes voisines aux CM2 du bourg venus clore 1, 2, 3 albums à la résidence des 7 fontaines.