Une bibliothécaire de l’Allier, grande voyageuse d’1.2.3 albums, s’est inscrite à l’opération nationale « Partir en livre » qui se déroulera en France du 22 juin au 24 juillet 2022. Elle envisage d’intervenir dans les quartiers de sa ville et au camping avec des lectures d’albums. Elle nous demande si, pour les plus grands, elle pourrait faire des lectures épicées.

Evidemment et avec joie !

Les canevas de lecture créés par Livralire sont libres de droits et peuvent être repris en toutes circonstances et à n’importe quel moment.

La seule condition, c’est que le livre soit consultable par les auditeurs sitôt l’animation finie et, mieux, puisse être emprunté sur le champ ou une fois l’opération close. Pour ce faire, il sera judicieux de :
– préparer des signets avec la liste des albums lus et les heures d’ouverture de la bibliothèque
– regrouper à la bibliothèque les albums partagés dans un panier facilement identifiable et accessible à tous.

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Une demi-classe de 6e et trois seniors chalonnais sont en demi-cercle au CDI pour goûter deux histoires de Petites nouvelles de la révolution.
Celle qui se déroule à la cantine russe surprend les jeunes qui avaient fait d’autres hypothèses en observant l’illustration de couverture. Elle fait rire le groupe.
La deuxième raconte le rêve de vacances de Sofi et de son frère Oukiok dont le cadre de vie au Groenland fait de neige et lichens est monotone. S’ils pouvaient voir des arbres et avoir chaud !

Est-ce d’abord le dépaysement que l’on cherche quand on part en vacances ? Si oui, pas la peine d’aller très loin pour nous qui vivons dans un pays aux multiples décors. Les vacances sont-elles toujours familiales ?

Les seniors témoignent :
– La notion de vacances n’existait même pas, dit Irène. En plus nous étions cinq enfants et n’avions qu’une 2CV Citroën : impossible de se déplacer tous ensemble. A neuf ans je suis partie en colonie à Cruzille (près de Mâcon), autant dire le bout du monde pour moi.
– La famille de mon père était polonaise, raconte Guy. A dix ans et pour la première fois, nous sommes partis l’été voir notre famille : trois jours de train jusqu’en Pologne.
– Moi, dit Claudine, j’allais un peu en Picardie voir la famille et, plus grande, j’allais aussi en colo.

Les jeunes leur font ensuite écho :
– Moi aussi, j’ai découvert un été ma famille en Macédoine.
– Je suis allée en colo et me souviens avoir pleuré le premier jour.
– Le seul moment où je vois mon père, absent de la maison à cause de son travail, ce sont les vacances. Il nous emmène en Afrique du nord d’où il est originaire mais pas seulement. On a visité une dizaine de pays.

Toutes les destinations sont visualisées sur le planisphère posé au tableau.

Et le professeur de conclure : « En une heure, nous avons fait un grand voyage. Nos âges sont différents et pourtant nous avons des vécus communs. D’ailleurs en vous écoutant, je réalise que moi non plus je ne sais pas ce que c’est que des vacances en famille : c’était la pleine saison de travail pour mon père. On ne partait jamais ».

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Le démarrage de notre premier voyage  avec des scolaires et des seniors a été chaotique à cause du Covid. Mais nos débuts sont prometteurs notamment à la résidence « Ages & Vie » de Saint Léger-sur-Dheune.

Les ainés ont colorié avec application et intérêt les lettrines en amont de la lecture épicée de Christine de Pizan.

Une vieille dame qui ne marche plus et n’entend pas bien a installé dans sa chambre, sur un lutrin, l’album Petites nouvelles de la révolution . Chaque jour, elle lit une des nouvelles à voix haute : une façon de travailler sa voix et de prendre plaisir à lire. 

Gisèle Empatz, bibliothèque Saint Léger-sur-Dheune (71)

P.S : Commentaire d’Emmanuelle Beulque, responsable éditoriale chez Sarbacane, à propos de la vieille dame qui se lit les Petits nouvelles de la révolution : Mais quel bonheur de lire ça !

A Givry (71), les élèves de CM2 de la classe d’Arnaud Picard voyagent de concert avec les résidentes du foyer-logement. Pour raisons sanitaires, le lien est pour l’instant limité à l’écrit.

Les jeunes ont partagé le fruit de leurs échanges sur Le Meilleur sous forme de grands panneaux : l’un sur leur sport préféré, l’autre sur l’importance d’être meilleur ou pas.

(cliquez pour agrandir)

La classe a posé trois questions aux huit ainées qui, après lecture épicée et débat, ont répondu.

Quel sport pratiquez-vous et avez-vous pratiqué ?
Sept font de la gym douce (organisée à la résidence), trois de la marche, une du gi gong, une du vélo, une de la marche, une autre nage. Quand elles étaient jeunes, seule l’une d’entre elles faisait du sport.

Est-ce important d’être le ou la meilleur.e ?
Oui dans son domaine de prédilection.
Non :
– L’important c’est de bien faire ce qu’on aime.
– Nous ne sommes pas nés tous pareils.
– On peut être bon dans quelque chose sans être le meilleur.
Il faut surtout être bien dans ses chaussures.
– Il faut accepter la défaite.
– Vouloir être toujours le meilleur entraine souvent l’oubli des autres.
– Chercher à s’améliorer constamment est très positif à la fois pour le physique et le moral. Ca donne confiance en soi et permet de se tourner vers les autres.

Quelle personne admirez-vous ?
Mes petits-enfants / Mon mari qui a conçu le premier enjambeur de Saône-et-Loire / Ma maitresse de CP qui m’a donné ma vocation d’enseignante / Le corps médical/ Les biathlètes / Le chanteur Luis Mariano / Geneviève de Gaulle / Marie Curie / Antoine Dupont, le capitaine du XV de France.

Marie-Christine, la bénévole lecture aux 7 Fontaines, a accompagné les réponses d’un mot d’explication pour les jeunes : « Vos correspondantes sont des dames qui ont entre 78 et 90 ans. La plupart ont commencé à travailler très jeunes. Les activités physiques étaient utilitaires. Les loisirs se limitaient à un bain de pied dans la rivière l’été, et au bal le dimanche. Petites, elles jouaient au ballon, à la marelle et à la corde ».

Ancienne professeur d’EPS, elle souligne la différence entre :
Le sport comme pratique intensive avec compétition.
L’activité sportive pratiquée régulièrement en club ou en famille;
L’activité physique pour préserver son capital santé et se faire du bien.

A la résidence des Sept fontaines à Givry, Marie Christine, présidente de Livralire, anime depuis des années chaque mardi un atelier lecture, avec 1.2.3 albums au menu du premier semestre.

Au fur et à mesure de la lecture des histoires vraies des Héros ordinaires et des Petites nouvelles de la révolution, elle fait placer par une dame du public le nom du personnage sur un planisphère fixé sur un portant mobile.

Utilisant la même salle pour sa séance de gym douce, l’animateur spécialisé  est intrigué par cette  carte du monde. Ayant demandé des explications aux  participantes, il décide de s’en servir en basant les ateliers mémoire qu’il assure en parallèle, sur la géographie et les traditions des pays répertoriés.

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Sylvie Merabti, documentaliste
« En découvrant la lecture épicée de Christine de Pizan, au lancement d’1.2.3 albums en novembre à Dijon, j’ai tout de suite pensé à la journée internationale des droits des femmes. Et si on la jouait le 8 mars au collège ? Ce sera un marathon lecture. La question des lectrices a été très vite résolue. Deux élèves de 3e se sont portées volontaires, dont Sidonie qui avait gardé un souvenir merveilleux – le meilleur de sa scolarité – des lectures épicées faites en 6e pour des CM2. Je leur ai associé des stagiaires documentalistes.  »

Parallèlement, une enseignante d’histoire-géographie séduite par l’album s’est lancée avec sa classe de 5e en éducation morale et civique dans la réalisation d’affiches sur les discriminations et le sexisme et d’un quiz en ligne.

La rectrice et l’inspectrice d’académie, ayant eu vent du projet, se sont invitées au collège et ont assisté à une des lectures en classe de 5e, félicitant chaleureusement Sidonie et Wahiba, pas peu fières.

Sidonie, collégienne
« J’avais très envie de revivre 1.2.3 albums avant de quitter le collège. Passionnée de romans historiques, l’histoire de Christine de Pizan m’a plu. En plus, le 8 mars, c’est le jour de mon anniversaire. J’avoue que lire devant la rectrice a été assez stressant, mais une fois qu’on est lancé, tout va bien ! »

Wahiba, collégienne
« Je ne suis pas une grande lectrice. C’était tout nouveau pour moi de lire devant une classe et finalement je me suis sentie très à l’aise. J’avais peur aussi que les élèves bavardent et rigolent. Pas du tout ! J’ai l’impression que notre histoire les a transportés. »

Aurore, stagiaire documentaliste
« C’est une expérience nouvelle et formatrice. Il m’a fallu de l’entraînement pour maîtriser cette activité : poser ma voix, m’imposer et capter l’attention des élèves. Le faire en continue de 8h30 à 16h30 est devenu lassant et a sans doute diminué  mon entrain. Néanmoins, je reste persuadée que cette parenthèse de lecture aura été bénéfique pour tous.  »

Conclusion : stress et émotion pour les lectrices, bonne écoute et belle découverte pour les élèves et les profs.

S’adapter
Au début de l’année, Covid oblige, il nous manquait toutes les semaines 10 élèves au collège de Pont-de-Vaux (Ain). Nous avons donc attendu février pour lancer 1.2.3 albums.

Profiter du prélude
La nouvelle formule de présentation des albums est bien plus simple à préparer. On a joué le prélude aux élèves de 6e puis je leur ai lu l’histoire du chien fidèle japonais, un des Héros Ordinaires, qui a eu beaucoup de succès. Les élèves ont partagé une anecdote, drôle ou touchante, sur leur animal de compagnie. Même les plus timides ont osé prendre la parole.

Inviter le Principal
Le nouveau Principal que j’avais convié à une séance a été emballé ! Il voulait rester avec nous pour feuilleter les albums.

Associer les élèves
Avec mes deux classes de 5e, que j’engageais pour la première fois, la présentation des albums a été suivie par une lecture à plusieurs voix de Christine de Pizan, avec en appui les illustrations du livre que j’aurais trouvé dommage de ne pas montrer. Nous avons lu facilement en alternance, quelques élèves et moi, sans répétition, grâce au repère des lettrines fournies par Livralire et distribuées au groupe.

Relier au programme
J’ai choisi l’album Christine de Pizan car nous venions de terminer un chapitre sur les romans de chevalerie qui présentent la femme comme une pauvre dame en détresse que le preux chevalier doit sauver. Après la lecture épicée, nous avons donc réfléchi à la place de la femme noble dans la société médiévale et à la détermination dont a dû faire preuve Christine de Pizan pour s’affirmer et exister.

Surmonter les difficultés
Ashoka
et la flamme sacrée est un album bavard qui n’a pas beaucoup de succès. Je profite d’heures de groupe pour entrainer les 6e à la lecture épicée de type feuilleton. Une semaine après l’entraînement (qui se prolonge à la maison), le 1er groupe fait la lecture au 2e groupe qui aura en charge la suite de la lecture. C’est un travail qui plaît aux élèves même s’il génère du stress. Après le passage du 1er groupe, les élèves lecteurs ont donné des conseils aux élèves du 2e groupe pour bien lire à voix haute.

Fédérer par la lecture
A deux classes de 3e qui venaient de terminer la seconde guerre mondiale en cours d’histoire, nous avons, la documentaliste et moi, offert la formidable lecture épicée de Si je reviens un jour (1.2.3 albums 15). Nous avions convié aussi le personnel administratif qui, comme les jeunes, ont été très émus. Un silence plein d’émotion régnait dans le CDI. Ce fut un moment très fort pour tous, ado et adultes.

Delphine Nauche, professeur de lettres, Collège de Pont de vaux (O1) avec Livralire pour les intertitres.

Au collège des Trois Rivières à Verdun sur le Doubs (71), trois professeurs de lettres ont embarqué les cinq classes de 6e (130 élèves) dans 1.2.3 albums.

Après le jeu d’hypothèses sur les couvertures détourées et le prélude, elles ont décidé de partager trois lectures épicées dans chaque classe. Facile pour le Meilleur qu’on peut faire en solo ; compliqué pour Pas l’ombre d’un loup à 9 voix (le narrateur, les personnages, les récitants pour les couplets). Usant de leur charme et de leur bagout pour faire tomber les réticences (« On ne sait pas faire » ; « On n’a jamais lu à voix haute »), elles ont, chacune, coopté des adultes de l’établissement, disponibles à l’heure de leur cours de français. Des collègues, le principal, l’intendante, le cuisinier ont répondu présents comme l’agent d’entretien, jouant le loup à la grande surprise de son fils. S’en sont suivis des échanges intergénérationnels sur les contes, riches et différents d’un groupe à l’autre.

Les autres lectures épicées seront préparées par les élèves et jouées aux CM2 lors de leur visite au collèges. La répartition par album se fera posément sur une heure de vie de classe après que les jeunes aient parcouru les cinq livres et donné leurs préférences.

Au collège Croix-Menée au Creusot (71), cinq classes de 6e et deux classes de Segpa préparent avec enthousiasme les lectures épicées pour la semaine « Autrement ».
Marion professeur de lettres, a parallèlement embarqué ses élèves de 5e sur les traces des Héros ordinaires. Ils « se battent » pour préparer à tour de rôle les lectures épicées programmées six vendredi de suite, voulant en savoir plus sur ces histoires vraies et remplissant leur propre carnet de héros.

Dans les deux établissements, les meneuses (et oui il faut y croire et assurer) s’accordent à dire que :
– le travail est facilité puisque Livralire fournit les animations clés en main avec même la répartition des voix.
le projet stimule la communauté éducative autant que les élèves.

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A Lomé (Togo), les élèves de 6°1 et 6°2 du lycée français ont déjà bien lu les 8 albums avec Tiens-toi droite qui se passe dans le pays voisin à la place de Pas l’Ombre d’un loup.
Enthousiastes pour le projet, ils se sont rendus à la bibliothèque associative de quartier, Akplanou pour présenter à des élèves de 5° du collège Grands Savants, le prélude de 1.2.3 albums et échanger autour des albums.

Cette sortie fut riche en émotions et en palabres et appréciée des jeunes passeurs :
1.2.3 albums c’est trop bien, j’adore présenter mon livre.
Je trouve que c’était très bien de faire découvrir des livres à d’autres personnes.
J’ai aimé pouvoir improviser la présentation à chaque groupe.

L’espace de la bibliothèque était petit mais beau.
Les autres enfants ont aimé écouter les histoires et ils étaient attentifs et posaient de bonnes questions.
J’ai bien aimé cette rencontre car on a connu d’autres personnes, une autre bibliothèque. On s’est fait des amis.
On a pu échanger nos idées avec d’autres élèves autour des albums. Passionnant !

J’ai trop aimé la sortie car ça faisait longtemps que nous n’avions pas fait de sortie.

Mathilde Marin, documentaliste –Lycée français de Lomé

A Loudéac, en Bretagne centre, Servane Rivoal, bibliothécaire s’est emparée d’1.2.3 albums pour les publics que la profession qualifie d’empêchés et qui sont surtout des oubliés de la culture. Quand le livre vient concrètement à eux, les barrières physiques, psychiques et psychologiques tombent.

La présentation des albums a été faite dans quatre lieux différents en présence d’adultes qui ont des projets pour enrichir la lecture de leur public.

  • Au collège des Livaudières avec une classe IME et un groupe ULIS devant une équipe pédagogique, pour qui la forme prélude a été plus efficace que la scénographie de l’an passé. Une élève, non lectrice, a tenu à emprunter un album. Un autre a remercié pour cette heure magique.
  • Au lycée Xavier Grall avec des élèves de CAP SAPAT (service d’aide à la personne et au territoire) qui, dans le cadre de leur formation, joueront des lectures « épicées » dans leur lycée et à l’Ehpad voisin.
  • A la Maison familiale rurale avec des jeunes de 4e où les enseignantes ont vu sitôt le lien à faire entre Le facteur Cheval de la Drôme (Héros ordinaires) et le Poète Ferrailleur de Lizio à 40 kms.
  • A l’Arbre de vie (Groupe d’Entraide Mutuelle) où les adultes participants ont manifesté leur enthousiasme et attendent avec impatience les lectures épicées qui seront animées par la bibliothécaire et l’animatrice.

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