A chaque saison 1.2.3 albums, Delphine Nauche, professeur de lettres au collège de Pont de Vaux (01) établit des ponts avec ses collègues à partir des albums. Exemples :

Avec le professeur d’arts plastiques
Les 6e, au crayon et à l’encre, ont fait chacun leur autoportrait en s’inspirant de la galerie de femmes écrivains, sur fond rouge, à la fin de l’album Christine de Pizan

Pour Petites nouvelles de la révolution, des 5e ont réalisé des affiches.


Avec le professeur d’histoire-géographie
A partir de la Forêt des frères, les 6e ont travaillé sur les villes dans le monde, l’urbanisation, les aménagements des grandes villes ainsi que le futur de ces villes. Ils ont, après discussions et avec des compromis, dressé le plan d’une ville, juxtaposant des quartiers (centre des affaires, quartier commercial, d’habitat…) et essayant de dresser un réseau de transport.

A Jassans dans l’Ain, la médiathèque a fait d’1.2.3albums une aventure intergénérationnelle avec une organisation efficace inspirante.

Les deux classes primaires engagées ont eu droit à trois rendez-vous à la médiathèque :  le lancement avec prélude puis deux lectures épicées. Chaque classe a été une fois à la résidence des Marronniers faire des lectures.

La résidence de personnes âgées a accueilli régulièrement Jennifer, la bibliothécaire, qui, avec la contribution de l’animatrice et de résidents volontaires, a animé les lectures épicées.

Une rencontre finale a réuni tous les voyageurs. Avant le vote, une classe a lu deux contes inventés à la suite de Pas l’ombre d’un loup. Les enfants ont chanté. Inspirés par les très appréciées Petites nouvelles de la révolution, les voyageurs ont brandi – à l’intérieur en raison d’une météo maussade – des pancartes avec leurs revendications du moment.


A Nantua (01), encouragés par la documentaliste et moi-même, les élèves de seconde du lycée Xavier-Bichat ont rédigé des fiches coups de cœur stylisées qu’ils ont glissées dans leurs albums préférés. Ils les ont mis en avant au CDI de l’établissement et à la bibliothèque municipale.
Marie-Emeline Orliange, professeur de lettres

28 albums « grand large » ont repérés de septembre 2021 et juin 2022 dans les services de presse des éditeurs et les nouveautés à la librairie La Mandragore ( Chalon/ Saône).  Le comité de sélection 1.2.3 albums, composé de huit personnes, les a lus et annotés. Le jour du choix, 12 ont été écartés rapidement, 2 adoptés à l’unanimité, 14 commentés vivement. Les 8 qui finalement ont raté le podium mériteraient d’être achetés pour leur thématique, leur esthétique, leur parti-pris ou leur poésie !

Pourvu que l’on danse comme un jour de chance / N. Fortier / Rouergue / 2022 / 17 €
Adieu Blanche Neige / B. Alemagna / La Partie / 2021 / 25 €
L’invention des dimanches
/ G. Abolivier / Rouergue / 2022  / 17 €
L’oiseau en moi vole où il veut / Lundberg / La Partie / 2022 / 19,50 €
Immenses sont leurs ailes / M. Szac et N. Novi / Editions Bruno Doucey / 2021 / 16 €
Dans le cœur / Nada Matta / Memo / 2021/ 15 €
Jacqueline / P-J Ober / Seuil jeunesse / 2021 / 16 €
Un instant de silence / F. Jenner Metz/ Alice jeunesse / 2022 / 15 €

Pierre, jeune adulte en difficulté, grand lecteur et dessinateur amateur, a lu tous les albums.
Il a assisté à quelques lectures épicées avec les 6e du collège Camille Chevalier embarqués par leur professeur de lettres dans 1.2.3 albums,
Il a leur a offert une carte de format A5 avec un visuel pour chaque livre, charge à eux de les reconnaître.
A vous de jouer !

Au terme du voyage-lecture 2021-2022, les participants ont été invités à nommer leurs trois livres préférés : celui qu’ils aimeraient offrir ou se faire offrir, celui qui les a marqués, celui qui leur a appris quelque chose, etc.

Sur le podium, un trio réjouissant d’albums subtils riches d’enseignement :

En tête, l’album minimaliste mais pas si simple : La forêt des frères. « Une histoire qui nous montre qu’on peut se contenter de peu pour être heureux ».

Suivent quasiment à égalité :
Le meilleur : « Une histoire palpitante avec Alex, l’artiste qui décide de suivre sa propre voie ».  « Une histoire avec une fin qu’on espérait meilleure ! »

Héros ordinaires : « De beaux parcours qui donnent confiance en la vie. » «  Des histoires fortes qui nous ont bouleversés. »

Viennent ensuite :
On nous appelait les mouches, « des enfants qui se sentant forts ensemble ont pris des risques. »

Ashoka et la flamme sacrée « qui fait penser à Prométhée et qui touche au sacré. »

Petites nouvelles de la révolution, dans lequel on pouvait picorer et lire à plusieurs sur un temps court.

Christine de Pizan, la féministe qui aura délié les langues des ainées et dont les lettrines de présentation ont été coloriées par centaines !

Pas l’ombre d’un loup, inoubliable pour ceux qui l’ont mis en scène ou l’on vu jouer avec beaucoup d’entrain.

Puissent ces histoires continuer à vivre longtemps et avec d’autres publics, car « même si elles ne sont pas toutes nos préférées, elles sont 100% géniales ». « Elles nous procurent des émotions fortes ». » On se projette dedans ».

VML

P.S : Les commentaires viennent d’élèves de 6e du collège Saint Théodard à Montauban.

Après six mois de lectures collectives et individuelles menées à Givry (71) au foyer logement des Sept Fontaines et, en parallèle, dans une classe de CM1 et ponctuées d’échanges épistolaires, les conditions étaient réunies pour un final commun, indépendant du vote. La rencontre à laquelle se sont joints des seniors de la ville, le Maire et une adjointe s’est déroulée en trois temps.

1/ Une employée de la bibliothèque municipale a remis en mémoire la sélection en dressant les portraits des héros, charge au public de les associer au bon album.

2/ Après que des jeunes aient reconnu les dames « coiffées », chacune a confié ce qu’elle aurait aimé faire dans la vie : fleuriste, pianiste, orfèvre, saxophoniste, gynécologue, couturière. Seule l’une d’elles a pu, comme Christine de Pizan, réaliser son projet de vie en devenant enseignante.

3/ Les albums préférés des enfants sont Les Héros ordinaires et Petites nouvelles de la révolution, n’en déplaise à ceux qui les trouvaient trop difficiles ! Pour annoncer les quatre histoires, tirées de ces deux livres, qu’ils allaient interpréter, quatre objets ont été déposés au sol : le justaucorps de Niki (Nos vies nos envies), une pomme de terre pour les frites à la cantine, le revolver d’Onada, la médaille d’Hachiko, le chien fidèle.
Les saynètes étaient jouées par un récitant, des acteurs et actrices (ah ! les filles acrobates !) qui savaient leur texte par cœur et deux élèves musiciens (violon et guitare).

Ce final met en lumière les atouts d’1.2.3 albums pour qui sait accompagner et oser : lecture, liens, créativité.
Il a semblé trop court aux participants. La classe reviendra à la résidence pendant l’atelier lecture hebdomadaire des seniors pour bavarder et se connaître un peu plus.

VML

Dans les deux Ehpad associés du Coeur du Brionnais, le vote est un moment très attendu par  les voyageurs-lecteurs.
A Marcigny,  29 résidents ont voté à main levée.
A Semur-en-Brionnais, 28 résidents étaient réunis en salle d’animation, impatients de procéder au vote et de découvrir les 3 albums accédant au podium.
Nous avons adapté et rejoué le prélude en résumant tous les albums, placés ostensiblement face au public. Nous avons ensuite distribué à chacun un flyer agrandi sur un A4, avec la consigne d’entourer ses 3 albums préférés, aidant ceux qui en exprimaient le besoin. Les feuilles de vote ont été glissées dans l’urne.
On entendait les mouches voler lors du dépouillement.
Murielle Daumur, animatrice

 

Carla, élève de 6e au collège Saint-Théodard à Montauban se demande, comme d’autres, pourquoi dans Le Meilleur le rouge est si prégnant et, en fine observatrice, pourquoi Alex a tantôt des pieds rouges, tantôt des pieds blancs.

May des éditions 400 coups (Québec), à qui Livralire avait transmis le message, donne une réponse inspirante. Qu’elle en soit vivement remerciée !

« Pour moi, avec un album, c’est au lecteur de bâtir son sens, son interprétation. Il n’y a pas de vérité absolue qui dirait le sens exact d’un détail ou même de l’album dans son ensemble. Et ce même si le créateur avait une intention bien précise au départ.

En ce qui me concerne, le rouge symbolise la colère du père, l’intransigeance de la famille, l’angoisse de l’enfant, mais aussi l’amour que souhaite recevoir le protagoniste. Les sourires qu’il peint sur les portraits le démontrent bien.

Concernant les pieds, qui sont parfois sans chaussures ou chaussés en blanc ou en rouge… On peut penser que c’est un choix de l’illustrateur pour équilibrer les couleurs de chaque illustration. Mais ça pourrait aussi être une manière de montrer que la personnalité du garçon n’est pas encore bien enracinée. Il oscille entre ce que l’on attend de lui et ce qu’il est vraiment. Il est mis à nu devant son père (pieds nus), il est sans couleur devant sa famille (souliers blancs) et il est en quête d’amour (souliers rouges).

Je ne sais pas si ça répond à votre question. Chose certaine, ce serait intéressant de savoir comment votre élève aux yeux de lynx interprète tout ça. »

Delphine NAUCHE, professeur de lettres au collège de Pont-de-Vaux (01),  grande voyageuse, dévoile la démarche qu’elle a adoptée pour une lecture plurielle et créative de l’album Le Meilleur.

1ere étape : lecture coopérative de la couverture. Au CDI, en demi-groupe de 14 élèves réunis autour d’une grande table. L’album circule de mains en mains.  Commençant par la même formule « je vois », chacun décrit un élément visuel différent. Les jeunes ne voient pas tous la même chose ! Ils sont obligés d’être plus attentifs aux détails. Nous avons ensuite recherché les thèmes : le sport, la compétition, la famille…

2e étape :  lecture épicée Livralire (par mes soins). Grand succès !

3e étape : discussion. Nous avons parlé des relations familiales, du droit à la différence, de la compétition… Certains élèves timides deviennent plus loquaces grâce aux albums.

4e étape : écriture. Deux consignes au choix :
– écrire les paroles du père en prenant la dernière illustration comme support.
– imaginer et illustrer une fin heureuse. Le père reconnait ses torts et accepte son fils tel qu’il est.
(pour lire les propositions des élèves, cliquez sur chaque image)