Au collège des Champs Plaisants à Sens (Yonne), des 6e dévoilent quelques secrets dans un album numérique inspiré de celui de Didier Jean, Zad et Régis Lejonc, paru chez Utopique.
Découvrez les en cliquant sur l’image.

Les contraintes sanitaires nous obligent à innover. Les CM2 n’ont pas pu goûter les deux lectures épicées qu’on avait programmées en séance intergénérationnelle à la résidence des 7 fontaines. On a été les faire dans leur classe.

En attendant l’unique rencontre prévue à la mi-juin, avec le vote en clôture du voyage-lecture, j’ai proposé aux vieilles dames de partager des souvenirs positifs, à la manière des octogénaires des Rides.

Pour ce faire, je suis allée recueillir oralement et individuellement des bribes de leur vie : âge, lieux de vie, métier, famille, centre d’intérêt.

J’ai rédigé et imprimé les confidences, puis les ai collées sur des fonds rouges. J’ai inséré les textes dans des pochettes plastiques, derrière les portraits, tirés par une photographe professionnelle l’an passé.

Je suis allée dans la classe, avec une notice explicative, distribuer les autoportraits à des binômes d’élève. Le jour du vote, ils pourront, dans un face à face intimiste, partager une impression ou poser une question à leur « associée de lecture ». Ils découvriront l’école non mixte, le bal itinérant, le  métier de garde barrière, la passion de Gigi pour la pétanque ou de Simone pour les voyages, etc.

Marie-Christine- Givry  (71)

Echo d’un premier voyage-lecture dans les albums à l’IME de Tournus.

1, 2, 3 albums a été pour moi l’occasion de faire travailler mes jeunes sur des sujets très divers, inattendus, mais passionnants, le tout de manière attrayante et en profondeur.

Nous avons fait de l’histoire, les métiers au Moyen-Age, la beauté et la symbolique des vitraux avec Claire, l’histoire de la Russie avec Kini, la Shoah avec Louise.
Nous avons fait de la géographie, avec la découverte de l’Asie centrale, de l’Europe, de l’Afrique, de villes du monde entier grâce aux portraits de JR.
Nous avons fait de la SVT avec Gloria, de la poésie avec Kathryn et son papa, de l’écoute musicale, de l’art visuel, de l’éducation civique, de la philo (les rêves, les non-dits…).
Nous avons même voyagé dans l’inconscient avec les princesses et le gabelot.
Nous avons aussi parlé d’actualité.

Inspirés par des albums, les jeunes ont dessiné. Ils ont écrit des haïkus et de la poésie.

  • Notre groupe façon JR
  • le vitrail de Lilya
  • Le vitrail de Romuald
  • Paysage de Lilya
  • Franck Sinatra par Jessy
  • Haïku de Lilya
  • Haïku de Jessy

Toutes ces découvertes ont permis à mon public d’adolescents de découvrir que l’on peut apprécier les livres souvent vus comme effrayants, ennuyeux ou même repoussants.

Ma mission au sein de l’IME étant d’externaliser des groupes en collège, le support des albums m’a été d’un grand secours pour cette année compliquée où les rencontres étaient proscrites.
Nous avons donc travaillé dans nos deux collèges en lien étroits avec les responsables des CDI et certains professeurs engagés avec nous (Tournus et Cuisery) et nous avons pu échanger régulièrement via des plateformes virtuelles sur nos avancées respectives.

Nous avons aussi pu malgré tout nous rencontrer pour les présentations et certaines lectures épicées. Nous allons d’ailleurs nous réunir pour voter ensemble.

Je dois donc dire que cette expérience a été pour moi et pour mes élèves d’une grande richesse.

Anne Laure Marquis, EPMS Tournus (71)

Aux 7 fontaines, à Givry (71), le confinement du printemps ayant chamboulé l’emploi du temps, il allait manquer un mardi pour partager tous les albums et clore le voyage-lecture par le vote. Et si on faisait circuler* le 8e album Je n’ai jamais dit entre les participantes, d’appartement en appartement ?

L’annonce est faite à l’issue de l’atelier du mardi de reprise après le 3e confinement.

Le jeudi qui suit, Gigi, 88 ans, tête de liste, fait la lecture et sa part d’écriture. Elle lit l’album puis rédige une confidence sur une feuille A5 qu’elle met dans une enveloppe. Le lendemain, elle glisse le courrier « nomade » dans la boite à lettres de la deuxième dame notée sur la liste. La chaine est lancée. Les secrets seront partagés avec les CM2 qui voyagent en jumelage lors de l’unique rencontre de l’édition prévue mi-juin.

*Idée facile à adopter en salle de profs, dans une classe, dans un atelier  adulte avec l’avantage de faire entrer l’album dans les  maisons !

Véronique & Marie-Christine

Présenter la lecture épicée du Barrage à douze grands seniors dont la vue a baissé et qui doivent respecter une distance sanitaire : un défi gaiement relevé. Pour ce faire, on a disposé les fauteuils sur deux rangs en quinconce et sur deux côtés pour une visibilité optimale, et :

– Utilisé des tasseaux de tailles différentes pour monter le barrage.

– Grossi les visuels à 300%.

– Planté le décor au sol avec du tissu de grand format : une nappe verte pour représenter la prairie avec un rebord pour symboliser la berge qui ne sera pas submergée, et une nappe bleue installée sur un manche à balai à dérouler pour figurer la mise en eau et la création du lac.

Nous avons géré cette présentation à deux voix avec changement de lectrice après le remplissage du barrage. L’une lit, l’autre installe, construit, manipule.

Nous avons passé un excellent moment dans le nord de l’Angleterre, avec en clôture de la musique locale pour danser ou frapper dans ses mains.

Nadette et Marie-Christine à Givry (71)

Je n’ai jamais dit que j’ai le vertige, que j’ai peur des araignées, que mon rêve est de faire le tour du monde en bateau…

Après la lecture de l’album de Didier Jean & Zad, illustré par Régis Lejonc, les élèves de l’école des Tilleuls et les résidents du foyer Clair Soleil à Mondeville ont dans leurs établissements respectifs (covid oblige !) :
– attribué un nouveau secret à un personnage de l’album
– rédigé anonymement un secret personnel.
Les confidences des jeunes et des ainés seront mélangées. Les voyageurs-lecteurs devront deviner pour chaque secret s’il s’agit de celui d’un adulte ou d’un enfant.

Arnaud Le Goff, Médiathèque de Mondeville (Calvados)

A l’Ehpad de Semur-en-Brionnais (71), vingt résidents ont partagé la lecture, courte et aisée, de Je n’ai jamais dit, en deux groupes de dix, répartis sur deux après-midi.

Tous les participants ont évoqué le thème des secrets, plus ou moins lourds à porter, presque toujours importants. L’échange a été riche. :

  • Il y a forcément des choses que l’on n’a jamais dit, soit par timidité, soit par peur , par honte ou juste parce qu’on n’a pas envie.
  • Moi, je crois que je n’ai pas de secrets. Quand quelque chose me turlupine, je le dis et après c’est fini ! Par contre, quand on me confie des choses, je sais les garder pour moi.
  • Il ne faut jamais trahir un secret. Il y a des choses que l’on garde pour nous, non pas que ça soit grave mais parce que c’est intime.
  • Il y a des bribes de vie qui n’appartiennent qu’à nous et que l’on doit pour cette raison garder pour nous.
  • On n’a pas forcément tous des secrets mais, par contre, tous nous avons des choses que l’on garde pour soi.
  • Parfois, les secrets que l’on nous confie sont trop graves et on ne sait pas quoi en faire.
  • Certains secrets peuvent faire trembler le monde !

Deux résidents nous ont également livré des bribes de vécu en nous révélant qu’ils n’en n’avaient jamais parlé à personne, ce qui a généré beaucoup d’émotions de leur part et aussi de la nôtre. Mais chut !  Comme le dit l’album : « Ne le dit(es) à personne ». Nous ne pouvons que respecter notre engagement !

Murielle Daumur, animatrice, porte-parole des résidents de l’EHPAD de Semur-en-Brionnais (71)

Les élèves du dispositif ULIS, leurs parents et moi, leur enseignante, nous nous régalons avec notre premier voyage-lecture 1, 2, 3 albums.

Pour mes élèves, la lecture et l’écriture sont des activités difficiles, et pourtant :

  • Ils emmènent volontiers les albums chez eux : un pack est réservé au prêt.
  • Ils apportent en classe des livres ou informations en lien avec la sélection.
  • Ils font le lien avec des œuvres qu’on avait partagées en septembre et octobre en imprégnation des thématiques de la sélection.
  • Ils espèrent me voir sortir un nouveau livre de mon cartable, dans une nouvelle boîte mystérieuse couverte d’indices.
  • Ils tirent des fils entre des éléments des albums qu’on matérialise au mur.
  • Ils écrivent des mots, des textes selon les consignes que je propose.
  • Ils oralisent des extraits de textes.
  • Ils enregistrent leurs productions d’écrits.
  • Ils remplissent leur carnet de voyage de fabrication maison.

Les familles consultent les albums et suivent notre exploration avec un padlet où sont répertoriés les vidéos Livralire, les productions des jeunes, les documents annexes (la construction d‘un barrage, d’une cathédrale, la migration des hirondelles, etc).

Le travail est enrichi par un partenariat avec Canopé et le centre d’art « Le Lait ».

A partir des éléments visuels que je lui ai fournis, la médiatrice nous propose une œuvre d’art par album.  Exemple : pour le vol groupé des hirondelles et les colonnes de migrants (dans Quelqu’un m’attend derrière la neige), elle a choisi le tableau de Gilles Aillaud : El Passeilo avec la farandole de toreros dans l’arène. (visuel de gauche ci-dessous à grossir d’un clic). Et les élèves de créer des défilés !

L’impatience et la curiosité des élèves montent au fil des jours.
A travers des livres et des tableaux, les élèves partagent des idées et des savoirs, des mots et des dessins. La salle de classe s’agrandit de jour en jour par ces trésors élaborés ou spontanés.

Virginie VAYSSE, Coordinatrice dispositif ULIS, Collège A. Bruant, ALBI (Tarn)

L’équipe de l’Unité Protégé du collège a installé un arbre à secrets (cliquez sur les images) dans le CDI, invitant les élèves à le garnir.
Les jeunes ont apprécié cet espace de libre expression.
Ils savent que cet arbre leur est proposé par les élèves de l’UE et cela est comme un pont entre eux.
Ils ont également bien rempli la boîte qui contient les Je n’ai jamais dit destinés à rester cachés.

Emilie Nallet, professeure documentaliste, Collège de la Plaine de l’Ain, Leyment (01)

Des jeunes albigeois du collège Aristide Bruant nous le rappellent. Comme les rides sur nos visages, les écorces sont les indicateurs du temps qui passe pour les arbres dont certains sont champions de longévité.

En plus du montage collectif ci-dessous de leurs textes lus par leur professeure Virginie Vaysse, chacun a illustré et mis en voix le portrait de son arbre.