A fin de l’histoire d’Ashoka et la flamme sacrée, il est dit que l’enfant reprit la responsabilité de la flamme en veillant à la rendre accessible aux plus démunis. On parle aussi de « son règne qui dura longtemps et dépassa largement, en bienfaits, celui de son prédécesseur ».

Cette évocation discrète fait probablement référence à l’empereur indien Ashoka Le Grand qui, au 3e siècle avant notre ère, converti au bouddhisme, renonça aux démonstrations de force militaires et aux autres formes de violences, notamment la cruauté envers les animaux. Gouvernant averti, il fut à l’écoute du peuple, développa l’agriculture et les soins médicaux. Son nom en sanscrit signifie « ne pas causer de douleur ».

Son règne tomba dans l’oubli pour ne devenir qu’une légende, jusqu’à ce que des archéologues traduisent ses édits plus de 2 000 ans plus tard.

En lire plus dans un article du National Geographic d’où est extrait cette présentation.
Photo jointe tirée d’un article sur le Monde-histoire.

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A la bibliothèque de Bligny-sur-Ouche en Côte-d’Or, les bénévoles ont préparé, cette deuxième quinzaine de mars, un dégustalivres albums « femmes d’hier et d’aujourd’hui ».

A la pension de famille Vellerot (dans le canton d’Arnaud) qui accueille des ancien.ne.s alcooliques, elles présenteront deux femmes très différentes par l’époque, le cadre, le milieu et le tempérament mais qui, chacune, ont su s’affirmer face aux hommes : Christine de Pizan et La femme du potier (1.2.3 albums 14).

Ces deux lectures épicées seront aussi jouées à la bibliothèque de Bligny.

L’équipe mettra en plus à disposition immédiate du public un panier de portraits d’autres belles femmes (albums, romans, récits, BD). Cette offre de lecture par rapprochement d’œuvres est une mission des bibliothèques. L’objectif est double : aider les lecteurs à aller d’un texte à un autre, faire connaitre le fonds.

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Elodie, toujours pleine d’idées, a donné aux résidents du village bleu de Talant un carnet de voyage individuel (modèle disponible sur le Drive-divers).
Pour chaque album, elle fait une proposition de retour de lecture sous forme d’une question à la première personne.
Exemples :

Héros ordinaires : Quel héros j’aimerais rencontrer ?  Une question à lui poser ?
Le meilleur : J’imagine …Que devient Alex ?
On nous appelait Les mouches : Quelle place tient la lecture pour moi ?
Forêt des frères : De quel côté de la forêt je souhaiterais vivre ?
Petites nouvelles de la révolution : Quel enfant je veux soutenir ? Quel combat j’aimerais mener ?

Ces questions pourront être posées oralement au public, après une lecture de groupe, avec réponses immédiates ou différées, incitant chacun ensuite à feuilleter l’album ou, mieux, à le lire, avant de donner une réponse éclairée. Les propositions pourront être déposées, au fur et à mesure de leur rédaction, dans une petite boite ou un pot estampillé de la couverture de l’album et de la question. Au final, elles seront partagées sous forme de pioche, lues à voix haute, ou/et répertoriées dans un classeur faisant office de journal de bord collectif.

Au Vill’âge bleu de Talant, Elodie, l’accompagnatrice de la vie sociale, en est à sa 3e année d’1.2.3 albums. Pour la première fois, elle utilise les lectures épicées. Le succès, dit-elle, est là.

Pour lancer la discussion après celle du Meilleur, elle créée des cartes-questions (disponibles sur le Drive-divers).
A tour de rôle, les résidents en piochent une, la lisent à voix haute, y répondent et puis invitent les autres à faire de même.
Les échanges, très riches, ont tourné sur l’enfance et la réussite.

Qui était mon modèle quand j’étais enfant ? Etiez-vous sportif ?

Si oui quelle(s) activité(s) ?

 

De quoi rêviez-vous enfant ?

Avez-vous réalisé vos rêves ou vos projets ?
Vos parents vous ont-ils laissé faire vos choix ?
Etre le meilleur est-il important pour vous ?
L’activité physique est-elle importante pour vous ?

Pourquoi ?

L’éducation de vos parents a-t-elle orienté vos choix de vie ?   

‘Si, comme plusieurs voyageuses nous l’ont signalé, vous ne trouvez pas dans les documents mis à votre disposition la fiche de lecture pour Forêt des frères, c’est normal. Seules les illustrations, données généreusement par l’éditeur, sont à disposition sur le Drive. La lecture épicée, centrée sur l’observation a été présentée lors des lancements. Elle figure sur le power point de présentation des lectures épicées (Drive).

En voici la trame, inhabituelle il est vrai :
1/ Faire circuler l’album pour lecture individuelle ou en binôme.
2/ Visionner l’album pour une lecture collective soit, en intégrale (pdf dans dossier texte brut) soit, ou aussi, chaque histoire séparément (pdf dans dossier « lectures épicées »)

On pourra aussi isoler les verbes-légendes et essayer de les associer aux pages correspondantes.

Quant aux jeunes qui voudront le présenter à d’autres (comme au collège de la Plaine de l’Ain à Leyment-01, où chaque classe engagée est responsable d’une lecture épicée), je leur suggère d’interpréter l’histoire sous forme d’un théâtre d’objets. Sur deux tables différentes (une pour chaque frère), matérialiser le décor initial puis, en racontant par exemple à la première personne, déposer (ou retirer) des petits objets (type playmobil) qui symbolisent la frugalité ou l’opulence autour des thèmes : se loger, manger, se distraire, être entre amis, profiter de son cadre de vie, etc.

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Pour l’échange après la lecture épicée intergénérationnelle d’On nous appelait les mouches à la maison des seniors à Chalon, nous avons  choisi, le professeur de lettres et moi, le thème des objets.

Après la lecture de l’album – sous forme de randonnée théâtralisée – le public d’une vingtaine de personnes s’est réparti en petits groupes pilotés par un adulte avec trois consignes :
1/ Dresser la liste des objets évoqués dans le texte, repérés sur les visuels de l’animation, ou aperçus sur les illustrations pour les 3 groupes qui disposaient d’un exemplaire. Des tentes  – des conserves – de l’alcool – des cigarettes – des jouets – des bidons – des pêches – une lampe frontale – une loupe – des œufs – des couronnes – des vignettes ( = cartes pour les jeunes et images-récompenses pour les ainés) – un livre

2/ Etablir la typologie des objets dans le récit :
Les objets ordinaires devenus précieux parce que rares et utiles pour se chauffer, se nourrir, faire du troc.
Les objets nouveaux  comme les pêches, les oeufs  ou le livre.
Les objets inaccessibles parce que réservés aux plus aisés (dans le texte intégral page 10) : le palmier à dattes et le puits devant le fortin de l’Obèse.

3/ Choisir ce qu’on voudrait garder si on était dans une telle situation.

Après ces recensions et en grand groupe, un élève a brillamment résumé l’histoire. Emmanuel Delorme, l’enseignant a invité les élèves à énumérer les objets. Puis il a engagé l’approfondissement de la lecture en se centrant sur l’inversion des valeurs des objets : le contexte (C’est quoi l’éclair bleu ?  Réchauffement, météorite) ; les besoins (se nourrir et boire) ; les moyens (le travail dès l’enfance, la récupération) ; le rapport fille-garçon avec Poubelle, comme héroïne de la journée des femmes (8 mars, date de l’animation).

Ensuite, chacun a dit ce qui lui semblerait indispensable en cas d’effondrement :  Son chat  des amis de la nourriture une tente de l’eau un canif  de la musique  un ballon de foot  un collier porte-bonheur un livre – une photo de famille des graines – une lampe solaire  une couverture – un téléphone portable (avec batterie !)

Conclusions des jeunes :
On n’a pas tous les mêmes besoins.
On se ne rend pas compte de la valeur des choses.
La vie n’est pas faite que d’objets. Elle est faite aussi de ceux qu’on aime.

VML 

Le canevas de cet atelier-lecture d’1h30 est disponible sur le Drive à la rubrique divers.

Il existe de par le monde des micro-sociétés où le pouvoir est partagé de façon plus équilibré. Les femmes, par exemple, choisissent leurs maris, gèrent l’argent, règnent sur le monde spirituel, se défendent en groupe des violences conjugales. C’est par elles que se transmet l’héritage ou que s’organise le travail.

Nadia Ferroukhi, après dix ans à leur contact, partage des photographies prises dans dix de ces communautés : Les Ouessantines en France, Les Moso en Chine, les Navajos aux USA, les Turkana au Kenya, les Zapothèques au Mexique, etc.

Ses clichés de haute qualité sont introduits par des anthropologues et enrichis de textes explicatifs intéressants mais si discrets (c’est un livre d’art !) qu’il faudra que les personnes à vue faible ou fatiguée se les fassent lire !

Un livre coûteux (35 €) mais précieux. Un voyage immobile pour les femmes, autant que pour les hommes, qui, d’après les Bijagos de Guinée-Bissau « naissant incomplets, ont besoin d’apprendre à respecter les femmes et à créer des liens avec la nature » (page 96).

La reportrice-photographe, auteure des Matriarches paru chez Albin Michel en 2021, était l’invitée de Daniel Fiévet dans le Temps d’un bivouac (France Inter, 20 novembre 2021)

Au Vill’âge bleu de Talant (21), nous avons démarré notre 3e voyage-lecture par la découverte des couvertures sans titre. Nous nous sommes concentrées sur Pas l’ombre d’un loup, Le Meilleur, Héros ordinaires et Christine de Pizan. Cela s’est fait en partenariat avec le collège et les écoles de Talant qui ont fait la même chose. Nous avons ensuite partagé les réflexions de chacun sur un padlet. J’ai imprimé les retours des élèves et les ai glissés dans les albums.

Cette entrée en matière a été très intéressante. La plupart des participants sont repartis avec un album à lire. L’un d’entre eux, qui est venu à l’animation un peu par hasard, souffre de DMLA a un stade avancé et a de grandes difficultés à lire. Il était toutefois très intéressé par les Héros ordinaires et notamment le Facteur Cheval. Sa voisine lui propose donc de lui lire cette histoire. Finalement, elle sera allée chez lui le samedi suivant et aura lu tout le livre et même les suivants qui circulent.

C’est la première fois que, pour ma part, j’utilise les lectures épicées. Nous avons commencé par Le Meilleur. S’en sont suivis de riches échanges, sur les enfants, l’école et la réussite. Au programme du 8 mars, journée de la femme, la lecture épicée de Christine de Pizan.

Elodie RIGNAULT, accompagnatrice à la vie sociale

A la médiathèque de Mondeville dans le Calvados, nous participons avec bonheur chaque année à 1.2.3 albums car nous tenons à ce projet intergénérationnel qui nous permet de relier des personnes d’âges et de profils différents.

En plus des moments de lectures partagées, nous proposons une création commune inspirée par un des albums de la sélection. Après les secrets de Je n’ai jamais dit, les photos inspirées des Rides, nous retenons cette année le thème du héros.

L’entrée en matière a été faite avec Hachiko, chien loyal, un des Héros ordinaires introduit par de la musique japonaise et lu dans la version épicée proposée par Livralire.

A la deuxième séance, nous avons, Elise et moi, étalé des photos de gens ordinaires – travailleurs, enfants, personnes ridées (images de l’an passé) – et feuilleté avec le public (ici des seniors dans leur résidence) des documentaires* sur les héros.

La parole s’est libérée. Les souvenirs sont remontés. Sont entrés en scène des héros connus de tous et des personnes de l’entourage des participants qui, par leur bravoure, mériteraient d’être qualifiées comme tels.

Les femmes, exclues du recueil Héros ordinaires, ne seront pas en reste. Christine de Pizan pourra ouvrir le bal. On ressortira des femmes « puissantes » qu’on avait croisées dans des voyages-précédents : Kini, la grande voyageuse (albums 15), Ruby tête haute (albums 13), Malala (albums 11), La reine du Niagara (albums 8), Elinor, la première aviatrice américaine (albums 6).

Des ateliers semblables seront menés avec les jeunes. L’objectif final est de réaliser un catalogue des héros que chaque lecteur, quel que soit son âge, a rencontré ou admiré avec son portrait et son action hors du commun. On le partagera dans le cercle des voyageurs mais pas seulement.

Arnaud LE GOFF, bibliothécaire à la médiathèque Quai des mondes à Mondeville (14)

*Quelques recueils tirés du fond de la médiathèque :

Des héros ordinaires aux métiers extraordinaires / Jonny Marx et Gerhard Van Wyk, éditions Hatier Jeunesse, 2019.
I have a dream : 52 icônes noires qui ont marqué l’histoire / Jamia Wilson et Andrea Pippins, éditions Castermann, 2018.
Héros et légendes du Far West / Farid Ameur, François Bourin Editeur, 2012.
L’histoire des femmes célèbres / Jérôme Maufras, éditions La Librairie des Ecoles, 2015.
Portraits de héros de la Renaissance / Anne Jonas, Mila éditions, 2002.
Explorateurs qui êtes-vous ? / Didier Bazy et Alessandro Ferraro, éditions Bulles de savon, 2016.
Histoires du soir pour filles rebelles : 100 destins de femmes extraordinaires / Elena Favilli et Francesca Cavallo, Les Arènes,2017.
Des héros pour la terre : des citoyens qui défendent la planète / Isabelle Collombat et Alain Pilon, Actes Sud junior, 2016.
Toi aussi tu peux changer le monde : D’ados  en héros + 80 histoires inspirantes pour passer à l’action / Marion McGuinness, éditions De Boeck Supérieur, 2020.
Les gens dans l’enveloppe / Isabelle Monnin, éditions J.C Lattès, 2015.
Les sorcières de la littérature : 30 écrivaines aux pouvoirs extraordinaires / Taisia Kitaiskaia et Katy Horan, éditions Autrement, 2019.
Héros : 40 personnages de roman / Patricia et Jean-Philippe Arrou-Vignod et Andrew Lyons, éditions Gallimard Jeunesse, 2021.
Les légendes du sport / Collectif, éditions Quelle Histoire, 2018.
Les légendes du cinéma / Collectif, éditions Quelle Histoire, 2018 .

Le lancement d’1.2.3 albums avec un groupe de 15 élèves de 6e s’est fait en deux séances par la découverte des couvertures des albums.

Lire les couvertures muettes
Les élèves décrivent une à une, les couvertures sans titre, au gré de leur projection au tableau. Les échanges sont nourris. Des élèves, pour le moins discrets en classe entière, se manifestent spontanément, et interviennent même à plusieurs reprises et finement. Cette découverte permet des prises de parole plus développées : les élèves ne font pas que répondre. On les entend parler, s’exprimer. C’est précieux.

Petites nouvelles de la révolution laisse perplexe : cet enfant qui mange, les couverts, les frites, en bas à gauche, qu’on prend d’abord pour des haricots… Qu’en déduire ? A l’opposé, en haut, l’étoile évoque, elle, un drapeau… Le moment de la lecture de l’album venu, on rappellera cette remarque !
Ashoka et la flamme sacrée est immédiatement associée aux Contes des mille-et-une nuits et le petit personnage rappelle très vite aussi Mowgli, le héros du Livre de la jungle. Tout comme Pas l’ombre d’un loup, On nous appelait les mouches est suffisamment évocatrice pour qu’on s’y attarde : ce sont des enfants qui ont dû marcher longtemps dans un désert hostile : tout n’est que sable et rochers, lit asséché d’une rivière. Les personnages portent des lunettes pour les protéger sans doute de la chaleur excessive, tout comme leurs chapeaux et turbans.
Christine de Pizan la clairvoyante représente très certainement une princesse, tandis que six personnages sont repérés au dos de Héros ordinaires, dont un chien…

Associer un titre
La liste des titres est ensuite proposée. Chacun dans un tableau récapitulatif associe à chaque couverture le titre qui lui revient. La compétition est lancée : c’est à celle ou celui qui, avant tous les autres, saura opérer les associations opportunes. A ce petit jeu, c’est le titre On nous appelait les mouches qui résiste le plus.

Justifier son choix
Titres et couvertures associés, on justifie les choix.

Imaginer l’histoire
On formule aussi des hypothèses sur le contenu de chacun des albums. Et si Petites nouvelles de la révolution, par exemple, racontait la « révolution » du petit garçon à qui, jusqu’alors, ses parents donnaient à manger et qui, désormais, va pouvoir se nourrir seul à l’aide des couverts dont il a appris, entre temps, à se servir ? On comprend par là que les élèves se font une jolie idée de la révolution, gage de liberté, d’indépendance.

Dire ses préférences
Pour conclure, chacun est invité à préciser quelle est sa couverture préférée puis quelles sont les trois lectures qu’il ou elle a hâte de faire. Pour ce qui est de la couverture préférée, 4 élèves ne se prononcent pas, 4 choisissent Ashoka ou la flamme sacrée. Les autres couvertures reçoivent entre 1 et 2 suffrages chacune ; seule Christine de Pizan la clairvoyante est, pour l’heure, délaissée. De manière prévisible, pour ce qui est des lectures attendues avec impatience, ce sont les récits qui sont privilégiés : Ashoka et la flamme sacrée, On nous appelait les mouches…

Feuilleter les albums
Comme il reste un peu de temps, on commence à feuilleter les albums. Le Meilleur est assez court pour que deux élèves aient le temps d’en faire la lecture et se rendent compte que leur hypothèse est invalidée par le récit tout juste découvert. Là où on imaginait l’histoire d’un athlète, d’un champion sportif, c’est l’inverse qui nous est raconté !

Lire ensemble
Les lectures accompagnées (épicées) qui suivront jusqu’en juin, dont certaines partagées avec des seniors, permettront un approfondissement indispensable si on souhaite que 1.2.3 albums soit un temps de lecture à part entière.

Emmanuel DELORME, professeur de lettres (Collège Camille Chevalier – Chalon / Saône)