Enseignante en Segpa, j’ai été entrainée dans 1, 2, 3 albums l’année dernière par notre conseillère pédagogique. Confiante et intéressée, j’ai embarqué cette année 16 élèves de 5e Segpa du collège Louis Pasteur à Graulhet dans le Tarn.

J’ai commencé par Les Rides.  Après la lecture collective, j’ai demandé aux élèves de repérer les différentes émotions puis de chercher une personne de leur entourage, ridée, qui  accepterait d’être prise en photo en faisant une grimace, en riant, en exprimant un secret ou simplement au naturel.


La plupart des grands-parents vivant au loin, seule une jeune fille a tiré le portrait de sa grand-mère. Alors, j’ai proposé aux élèves de chercher sur internet un visage qui illustrerait une des  trois expressions (ou non) et de lui inventer un autoportrait à la manière de ceux donnés dans l’album, avec une ville et un pays, un métier, une situation familiale. L’ensemble forme quatre panneaux.
Marion BASTIE, collège Louis Pasteur – Graulhet (81)

Suggestion Livralire : pour un rendu global qui valoriserait davantage les productions, donner au départ aux élèves un modèle de fiche où coller la photo et écrire le texte. Puis organiser un agencement « artistique » sur le tableau avant collage.

Premier embarquement dans 1, 2, 3 albums pour nous, au collège Albert Camus à Auxerre (89). Avec la complicité de David, accompagnant scolaire (AESH), nous avons joué la scénographie à deux classes de 6e.

Après que les héros aient confié un de leur secret, nous avons invité les élèves à partager à leur tour et anonymement quelque chose qu’ils n’auraient jamais dit.

Une fois remplis, les petits papiers ont été jetés dans le bocal à poisson puis piochés et lus à haute voix. Au milieu de doux secrets ou de petites bêtises, sont sortis des secrets douloureux ou imprévisibles dont deux sur lesquels nous avons rebondi pour éviter tout malentendu.

Juliette Stavrou, professeur-documentaliste, Agnès Cochard, professeur de lettres, Véronique Oudin, coordonnatrice ULIS

La rencontre des élèves de la classe ULIS du collège avec Gloria, l’hirondelle héroïne de Quelqu’un m’attend derrière la neige, s’est prolongée par un atelier de fabrication d’oiseaux.

Julie Dequincey, leur enseignante, a :
– préparé des planches de silhouettes d’hirondelles* trouvées sur le net
– fourni à chaque élève un protocole de réalisation Je sors mon feutre noir, mon feutre orange, mes ciseaux … Je colorie …. Je découpe …. J’assemble
Et une fiche d’auto évaluation qu’ils ont remplie sérieusement.

Une heure après les hirondelles étaient prêtes à s’installer dans le coin lecture de leur classe.

* Si on tape hirondelle activité manuelle en ligne, on trouve plein d’idées notamment sur Pinterest.

Sylvie Merabti, professeur- documentaliste, collège Boris Vian à Talant (Côte d’Or) 

L’expérience virtuelle de vieillissement des visages racontée sur ce blog, a donné une idée inverse à Sylvie Merabti, documentaliste au collège de Talant.

Les seniors qui dans la ville de Talant et via la bibliothèque, ont lu individuellement les albums sans pour l’instant rencontrer les collégiens n’ont pas toujours eu des rides.

Et si on leur demandait deux photos, une récente avec leur visage marqué, une de leur jeunesse à la peau douce ?

Sylvie Guyot à la bibliothèque se chargera de scanner ou tirer les portraits qui seront exposés au collège.

En juin, les élèves voyageurs découvriront les visages des partenaires de lecture en appariant les portraits ridés et ceux d’avant les rides !

VML

Dans le cadre du festival Modes de vie, neuf jeunes du club théâtre du collège de Talant (Côte-d’Or), ont bénéficié de l’accompagnement d’Alexis Louis-Lucas, comédien de la compagnie Taxi Brousse, acteur d’un drôle et superbe seul en scène l’Utopie des arbres.

De novembre 2020 à février 2021, le comédien a animé des ateliers d’écriture et de mise en voix des textes produits par ces volontaires de 6e, 5e, 4e et 3e, avec au final une lecture théâtralisée partagée au collège.

A cette petite équipe si bien entraînée, Sylvie la documentaliste et Pauline, en charge du club théâtre et professeur de français, proposent de préparer trois lectures épicées. Huit élèves répondent présents. Par deux ou par trois, ils s’entrainent, se distribuent les rôles pour Kini le monde à bras le corps, Quelqu’un m’attend derrière la neige et Si je reviens un jour, endossant si besoin deux rôles différents, et prévoyant d’associer, le moment venu, pour les personnages secondaires, l’enseignant et les élèves de la classe « spectatrice ».

En accord avec l’équipe pédagogique, ils feront ces lectures devant toutes les classes de 6e, 5e et 3e, d’avril à mai, chaque semaine étant consacrée à un album.

Les élèves de la classe UPE2A (Unité Pédagogique pour Elèves Allophones Arrivants) du lycée Valéry Larbaud (Allier) ont rédigé, à la manière du photographe JR, leur portrait  illustré d’une image de leur choix.

Ainsi, les jeunes migrants  se sont fait connaître au sein de leur établissement et ont fait découvrir leur pays d’origine à leurs camarades, grâce à la carte planisphère affichée à côté de leur portrait au CDI. Cette activité pédagogique a valorisé les parcours de vie authentiques, parfois douloureux et toujours émouvants de ces jeunes allophones.

Par ailleurs, grâce à cet exercice alliant création et rédaction, chaque élève a pu travailler le lexique et la syntaxe de leur nouvelle  langue d’apprentissage.

Vous pouvez découvrir leur portrait en parcourant la carte interactive : Portraits UPEA

Prochainement, les élèves de l’UPE2A  partageront une lecture scénarisée de l’album Si je reviens un jour, (album plébiscité par nos  jeunes migrants, passionnés par l’Histoire) avec leurs camarades de la classe de 3ème Prépa Métiers dont est inscrit au programme l’étude de cette tragique période historique.

Odile, professeur de français langue étrangère et Marie-Hélène, professeur documentaliste
Lycée V. Larbaud, 03306 Cusset

Louise Pikovsky figure dans la liste des 76000 juifs déportés pendant la 2e guerre mondiale, dressée sur le Mur des noms à l’entrée du musée de la Shoah à Paris.

Son émouvante histoire a été mise en lumière par la journaliste Stéphanie Trouillard, dans un documentaire web sur France 24 puis une bande dessinée Si je reviens un jour.

Le format BD est un atout pour les lycéens et les adultes amateurs du genre. Il peut être un frein pour qui a mauvaise vue, qui n’a pas l’habitude de lire de bande dessinée et qui ne pourra faire une observation visuelle fine pour repérer les différentes époques.

La lecture épicée de Si je reviens un jour, centrée sur Louise et les 3 femmes qui l’ont approchée, fera connaître la dramatique trajectoire d’une jeune fille brillante qui aimait la vie.


A Vesoul (Haute-Saône) les voyageurs-lecteurs de l’unité d’enseignement au lycée Belin se sont projetés dans l’âge mûr… avec des rides (grâce au logiciel de vieillissement « snapchat ») et un métier (ou une situation sociale), qu’ils ont décrit dans un autoportrait imaginaire.
Ainsi le garçon, à droite sur la photo de groupe, passionné de tracteurs aura, le temps de l’atelier, réalisé son rêve : « être à la tête d’une grosse exploitation agricole de 230 hectares, avoir 7 tracteurs, 7 ensileuses, 6 bennes, 2 presses… une femme et 5 enfants ».

A Mondeville (Calvados), la médiathèque fédère par une newsletter régulière ses trois groupes de voyageurs : un Ephad, un lycée, un CM1-CM2.
La dernière en date relate les premières séances de photos animées par un club photo de la ville (l’Image photo club Paul Langevin).
Stéphanie et Marc ont installé un studio éphémère au lycée Jules Verne. Les élèves de terminale MELEC (Métiers de l’électricité et de ses environnements connectés) se sont prêtés au jeu, masqués et démasqués. Leurs portraits seront exposés à la médiathèque avec ceux des plus jeunes et des ainés. On imagine pour les visiteurs un jeu plaisant d’association entre les portraits au naturel et ceux en partie cachés.

Dans l’album dont le titre reprend son surnom, Kini le monde à bras le corps, la biographie de l’aventurière suisse Ella Maillart défile en 20 courts chapitres.

Le découpage par tranche d’âge (l’enfance, la jeunesse et l’âge adulte) retenu pour la lecture épicée, permet, si besoin, de faire une lecture feuilleton en 3 épisodes : le temps de la formation, le temps des voyages, le temps de la maturité.

Formidable surprise pour la créatrice de lecture épicée que je suis que de voir une version différente de celle que j’ai imaginée.

En effet, au collège de Saint-Trivier-de-Courtes (Ain), ma version du Barrage a gagné en qualité et en dynamisme, grâce au duo professeur-documentaliste et professeur de musique.
1/ Les élèves se sont installés en cercle autour d’un plot fait de deux boites en carton sur lequel constituer les paysages.
2/ Tous les éléments ont été distribués aux jeunes pour installation progressive :  les vignettes extraites de l’album et les kapla pour monter le barrage.
3/ La professeure de musique a chanté et joué du violon.
4/ Les élèves se sont déplacés en tournant au son de la cornemuse.
5/ Sitôt le paysage verdoyant constitué, l’album a été introduit.
6/ Un chœur s’est constitué de fait avec des phrases répétées par tous.

A mon tour avec un groupe de douze élèves de Chalon sur Saône (Collège Camille Chevalier), j’ai adopté avec succès l’installation en cercle, distribué les kapla en plus des vignettes d’avant le lac, passé deux morceaux de musique de William Taylor, fait reprendre en écho les phrases évoquant l’écoute musicale.
J’ai préféré ne montrer les magnifiques double-pages que dans un 2e temps, celui où les jeunes, encouragés par leur professeur de lettres, récapitulent l’histoire à voix haute.
Puis nous avons installé les animaux et les plantes sur les berges du lac, ne laissant au fond du lac que les habitations englouties. Nous avons imaginé les anciens villageois venus chanter et danser au bord de l’eau en hommage à tous ceux qui avaient vécu dans la vallée. Les gens passent, la musique demeure.
VML