Ruby Bridges, 49 ans après son entrée à l’école des blancs

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D’Emmanuel Delorme, professeur de lettres – Chalon/ Saône

A mes élèves de 6e, j’ai fait une lecture partielle de Ruby tête haute me concentrant sur le récit personnel de ses premiers jours à l’école des blancs à l’aide également de photos d’archives. L’observation du tableau nous a permis de remarquer que la virulence des manifestants évoquée dans l’album se retrouvait aussi sur le tableau : la tomate éclatée, les inscriptions racistes…

Les élèves ont spontanément demandé s’il s’agissait d’un tableau célèbre et ont voulu savoir où on pouvait le voir. Si j’en avais eu le temps,  je leur aurais passé la vidéo où l’on voit le président Obama et Ruby adulte face au tableau  «The problem we all live with » de Norman Rockwell. Pour finir, je leur ai suggéré de lire l’album dans son intégralité.
Voila notre bilan de lecture.

Elle se prénomme Ruby.
Elle est née en Lousiane, aux Etats-Unis. Elle a grandi à La Nouvelle-Orléans. Elle est courageuse. Elle a la peau noire.

En 1960, elle a passé une année scolaire seule dans sa classe avec sa maîtresse, Barbara Henry, parce qu’elle était noire.

Nous nous prénommons Alexis, Amine, Asma, Aurélia, Axel, Chloé, Dalila, Elona, Hanaa, Hiranur, Iliana, Mariana, Médhi, Mélinda, Nathan, Noé, Noham, Norah, Rayana, Ruben, Salim, Yanis…
Nous sommes nés à Autun, Berlin, Chalon-sur-Saône, Champigny-sur-Marne, Santa Maria das Feira, Tirana…
Nos familles viennent de Montceau-les-Mines, de Reims, de Saint-Etienne, d’Albanie, d’Algérie, d’Allemagne, d’Angola, des Comores, du Portugal, du Maroc, de Mayotte, du Mexique, de Tchéchénie…
Nous sommes gentils, joyeux, rêveurs, ronchons, sociables, sportifs, timides, voire très timides… Nous pouvons aussi avoir un fort caractère !
Nous sommes beaux, belles, blancs, bruns, grands (un peu), métisses, minces, noirs, petits, de taille moyenne. Nous avons des cheveux longs, la peau blanche, mate, les yeux marron…

En 2019, nous ne nous ressemblons pas, nous sommes tous différents les uns des autres, mais nous sommes dans la même classe, le même collège, et c’est très bien comme ça !

Cap d’appeler au numéro qui est sur les signets 1, 2, 3 albums ?

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Cher André Langevin, ou Zaü,
au cas où vous ne l’auriez pas appris par votre éditeur, sachez que monsieur Ba fait ce semestre une grande tournée à la rencontre de lecteurs de 10 à 100 ans embarqués dans 1, 2, 3 albums. A force de côtoyer Ba, ou Yön, puisque comme vous il signe ses planches d’un pseudo, c’est comme si je vous connaissais intimement. Il n’est en effet pas difficile de reconnaître en lui votre double. Je voudrais donc vous confier ce qui m’est arrivé ce dimanche 10 février.

En plein après-midi, le téléphone sonne chez moi, l’organisatrice du voyage-lecture. Au bout du fil, une petite voix timide.
– Bonjour, je suis bien à 1, 2, 3 albums.
– Oui, c’est Véronique, l’organisatrice.
– Je voudrais vous dire que c’est trop bien la sélection des albums. Il y en a un que j’aime particulièrement c’est Mille dessins dans un encrier. Celui-là, il est formidable !
– Tu es où ?
– Chez moi.
– Je veux dire dans quel coin de France car des lecteurs d’albums, il y en a un peu partout.
– Je suis en Bourgogne.
– Comment connais-tu les albums ?
– Je les lis en étude au collège.
– Comment t’appelles-tu ?
– Maëlle
– Quel âge as-tu ?
– Onze ans. Excusez, je suis pressée, au revoir et merci.

La façon de raccrocher m’a fait penser à une blague ou à un pari entre copains : pas cap d’appeler au numéro qui est sur les signets ? Si c’est le cas, bravo, les complices n’ont dit mot ni ricané à ses côtés ! Mais le ton était plutôt celui d’une vraie confidence. Peu importe, la surprise fut immense et émouvante : à l’heure des mails et des SMS, une jeune collégienne qui prend son téléphone pour partager son bonheur de lectrice.

Si quelqu’un pense connaître Maëlle, qu’il m’appelle ou m’écrive. Je voudrai lui offrir un exemplaire de cet album merveilleux qu’elle aime tant. Elle me dira peut être alors si elle-même dessine ou si elle aimerait aller à l’école supérieure de dessin de Maître Yön !
VML

Lectures coopératives au village

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A la bibliothèque de Noiron-sous-Gevrey (21) qui dessert  4 communes  (Epernay sous Gevrey, Broindon, Savouges et Noiron) représentant au total 1800 habitants au Sud de Dijon, j’ai adopté depuis plusieurs années, la formule du voyage-lecture  pour les petits de la maternelle comme pour les plus grands de l’école élémentaire et les adultes.

Pour faire d’1, 2, 3 albums un vrai projet lecture intergénérationnel, je m’appuie sur le facteur proximité à chaque étape :
1/ Nos locaux étant mitoyens avec ceux de l’école et les enseignants très impliqués,  je propose à des élèves de CM1 et CM2 de préparer la scénographie. Quand les volontaires sont trop nombreux, les enseignantes doivent se résigner à un tirage au sort. Une fois la scénographie expliquée à ce comité de présentateurs, les élèves s’engagent à lire intégralement l’album correspondant à leur partie. Nous travaillons et répétons sur trois à quatre séances.

 

 

 

 

 

2/ Dans le même temps, chaque élève de la classe prépare une invitation personnalisée et signée à transmettre  à un senior de son entourage. Cette année, les enfants ont réalisé une carte qu’ils ont portée au domicile du destinataire choisi autant que possible dans leur rue (merci aux parents qui jouent le jeu et accompagnent les enfants dans la démarche). Une maman a d’ailleurs salué notre initiative : « On se contentait d’un petit « bonjour » avec le vieux monsieur du quartier.  Ma fille était très heureuse de pouvoir l’inviter à la présentation pour le connaître un peu mieux » !

3/ Touchés par l’invitation nominale, les seniors viennent en nombre assister à la scénographie. Cette année sur 48 invitations lancées, 30 personnes ont répondu présents, des habitués et des nouveaux. Une dame nous a dit en arrivant : « Je ne sais pas comment vous avez eu mon adresse mais merci, je suis ravie d’être là ». Ils ont adoré notre petite carte. Ils nous apportent toujours quelque chose (bonbons à partager, lampe à huile, aquarelle…).

    

4/ La scéno est brillamment jouée par les élèves, les plus de 60 ans sont conquis. Après la scéno on parle des objets des livres. Jean ne pouvait pas être présent, il nous a fait passer une vieille lampe à huile et Bernard s’est gentiment proposé pour expliquer aux enfants comment elle fonctionnait. Françoise, ancienne institutrice, nous a confié que chaque lundi matin, elle passait devant chaque table avec son bidon pour remplir  l’encrier de chaque élève de sa classe. Les enfants échangent avec les adultes sur leurs réalisations autour du livre Le labyrinthe de l’âme.

5/ Je propose ensuite à des seniors de préparer avec moi et à tour de rôle les lectures épicées qu’on jouera aux jeunes dans le cadre des visites bi-mensuelles qu’ils font à la bibliothèque. Une dizaine d’entre eux repartent avec un  album.

6/ On se retrouvera tous pour le final. Les CM1 CM2 prépareront la mise en scène de deux livres choisis dans la sélection et les plus de 60 ans sont chargés de nous apporter un souvenir.
Sabrina, bibliothécaire à Noiron-sous-Gevrey

Promouvoir 1, 2, 3 albums à des travailleurs sociaux

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Un cadre du service social de l’Yonne a demandé à la Bibliothèque départementale d’animer un atelier lecture lors une journée professionnelle de sensibilisation à la culture africaine. Cette journée de travail avait pour sujet : « Femmes africaines : mieux les comprendre pour mieux les accompagner ». En effet, les travailleurs sociaux d’Auxerre reçoivent de plus en plus de femmes / familles africaines, mais n’ont pas forcément les clés pour comprendre leurs réactions ou leurs façons d’agir.

La bibliothèque départementale nous a envoyées, Sandrine et moi pour animer un des cinq ateliers mis en place pour l’occasion. Nous avons apporté une trentaine d’ouvrages jeunesse et adultes sur l’Afrique et avons fait la lecture épicée de l’album Les sœurs Koumba, un fabuleux voyage au Sénégal (1, 2, 3 albums 9)

Cette lecture a permis de présenter le dispositif 1, 2, 3 albums aux agents du service social départemental qui ont réservé à l’atelier un accueil attentif et intéressé. Gageons que les assistantes sociales seront nombreuses lors de la journée de lancement en novembre prochain dans l’Yonne !

Myriam, bibliothécaire à la BDY

IDClic 6 : labyrinthe sentimental

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En janvier, j’ai réalisé la scénographie devant 20 jeunes d’enseignement spécialisé. Jusqu’à la votation, on va se rencontrer tous les 15 jours, soit à la Médiathèque soit dans les salles de classes de Verdeil, pour partager un album.

L’hôte qui reçoit prépare une présentation d’un album de son choix. Mercredi passé, Corinne et sa classe ont mis en scène Le Labyrinthe de l’âme.

Un grand labyrinthe a été créé sur une table. Chacun notre tour, nous faisions avancer un petit personnage (fabriqué par José),  jusqu’à une image représentant un état d’âme. Arrivé à l’une de ces émotions, un élève lisait à haute voix un extrait du livre. La traversée du labyrinthe a duré environ une demi-heure. Ensuite, chaque élève a reçu la silhouette d’un visage, préparé par Lucas et Jasmin.

Avec peinture, feutres ou crayons, chacun devait figurer un état d’âme de son choix. Au bout d’une demi-heure, les différents portraits ont été réunis sur un tableau. Avec ces nouveaux dessins, on aurait pu réaliser un tome 2 du Labyrinthe de l’âme !


Sandra, bibliothécaire à Aigle (Suisse)

 

La scénographie 1,2,3 albums appréciée à la Nuit de la lecture

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A la médiathèque Lucien Brenot de Chevigny-Saint-Sauveur (Côte-d’Or), nos tentatives pour   faire venir des adultes voir la présentation d’1, 2, 3 albums ayant jusqu’ici échoué, on a décidé de la proposer en janvier dans le cadre de la manifestation nationale en faveur de la lecture. Bien nous en a pris !

Les adultes, venus souvent en famille, ont goûté attentivement la scénographie. Curieux, ils ont demandé en quoi les albums étaient intergénérationnels et, dubitatifs, quel était le lien entre les sentiments annotés et les textes.

Si le label français « Nuit de la lecture » fait lever la méfiance envers les albums considérés à tort comme des livres de l’enfance, autant en profiter !
Françoise Igolen & Sarah Roblet

PS  :  A Sens (89), la médiathèque a programmé pour la 3e année consécutive 1, 2,3 albums dans le cadre de la Nuit de la lecture. La lecture-spectacle de présentation des albums est devenu un rendez-vous incontournable pour les familles.

Une rencontre à visages et enseignements multiples

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Pour la 2e année, Livralire a lancé 1,2, 3 albums à la maison des seniors de Chalon-sur-Saône en jumelage avec une classe de 6e. Mardi 22 janvier, six adultes voyageurs de l’an passé arrivent très à l’avance. Ils sont rejoints par cinq nouvelles personnes qui avouent que c’est de rencontrer des jeunes qui les a décidées à venir. C’était clairement annoncé sur le programme.

En attendant les collégiens, on remet aux adultes une invitation avec les objets-indices et un signet 1, 2, 3 albums sur lequel est collée une étiquette avec les dates des 9 rendez-vous lecture dont trois avec les 6e. Pendant les intermèdes musicaux, je vois leur regard aller et venir entre les papiers qu’ils ont en main, le livret ouvert sur table, l’album et les silhouettes évidées sur les cartons de fond.

 

 

 

 

 

Après qu’on ait posé ensemble un regard global sur la scénographie (D’où viennent les silhouettes évidées ? Pourquoi seulement des mots pour le  8e album ?) les jeunes sont invités par deux ou trois à emprunter un album et à le partager avec un adulte : lecture, feuilletage, observation. Les groupes se forment facilement, les échanges démarrent plus vite qu’on ne le pensait de sorte que certains ressentent de la frustration quand on annonce le goûter. Une dame nous demande si on a prévu un moment où se retrouver avec les mêmes enfants pour discuter de l’album.

Comme je le leur avais suggéré, les élèves ont noté sur un petit papier un sentiment qu’ils ont ressenti personnellement ou admiré chez les héros. A côté des inévitables « c’est nul » ou «  c’est cool », il y avait les mots : amour, joie, admiration, bonheur, ennui, stress, curiosité, plaisir, courage, tristesse.

L’attitude attentive des collégiens a étonné les adultes. On la doit un peu à l’effet de surprise de la scénographie et beaucoup à la préparation de la rencontre par le professeur, parlant du projet, de la sortie en ville et faisant émettre des hypothèses à partir des objets du carton d’invitation dont l’intrigante lampe à pétrole.

Trois adultes nouveaux-venus confient leur joie d’avoir été là, d’avoir vu une belle lecture-spectacle et d’avoir côtoyé des jeunes. Guy est partant pour faire un dessin après chaque lecture épicée, Pierre un signet final.

Pour la petite histoire, sachez que le professeur a astucieusement géré la colère d’une élève contre une autre en lui faisant choisir dans le Labyrinthe de l’âme les trois sentiments qu’elle ressentait.
VML


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