Au collège Louis Vuitton à Saint-Trivier-de-Courtes dans l’Ain, Kathy Dupré, la documentaliste, a eu l’idée de créer pour les élèves et les profs un horizon d’attente en les stimulant visuellement avec des indices du voyage-lecture disséminés dans le CDI.

  • des  guirlandes de visuels de couvertures préparées avec une élève
  • des hirondelles perchées ici et là, pour annoncer Gloria dans Quelqu’un m‘attend derrière la neige
  • des cylindres de la lecture épicée Des souliers usés en attente sur un rayonnage
  • une armoire « spéciale shoah » avec, en surplomb, les portraits des 4 protagonistes de Si je reviens au centre de la sélection.
  • des portraits de soliste : le violoniste de Chagall, le fifre de Manet, un joueur de cornemuse précédent l’entrée en scène du professeur de musique, violoniste, ravie d’accompagner avec son propre instrument la lecture épicée du Barrage pour les 6e et 5e.

Trois BDP partenaires ont tenu à programmer des rencontres 1, 2, 3 albums en janvier même si les conditions sanitaires limitaient drastiquement le nombre de participants. Une autre journée est prévue fin février à Belfort. Qu’allions-nous faire de bon en si petit groupe ?

A Châteauroux, après une scénographie jouée en « live » avec le public (la formule est vraiment intéressante), j’ai projeté le powerpoint que j’avais préparé pour les lancements d’automne pour présenter les lectures épicées. Certaines voyageuses ont mesuré leur intérêt.

A l’annexe des Planons (Ain) et à la MCO, chaque lecture épicée a été jouée après que j’ai présenté au groupe les supports, la mise en place et le déroulement. Les participant.e.s prenant tel ou tel rôle de lecteur ou lectrice ou de voix dans le public, se sont senti.e.s très impliqué.e.s.

Le regard sur certains albums s’est modifié.
« La mise en scène donne de l’amplitude au texte. »
« On voit les textes autrement. »
« On est sur le chemin. On voit à quel public destiner telle ou telle histoire. »
« On se rend compte que ces lectures sont puissantes et indémodables. »
« On trouve de l’intérêt à tous les albums, même ceux qui nous laissaient indifférents. »

Pendant cet atelier, notre esprit est libéré des activités habituelles, disent les professeurs, permettant aux idées de germer sur :
des aménagements dans le déroulement des lectures (voir liste envoyée aux voyageurs)
des activités conjointes. Exemples : faire un catalogue partagé de cicatrices, plus intergénérationnelles que les rides. Associer une collègue violoniste à la lecture du Barrage.
l’utilisation des lectures épicées
Au collège, des RDV lecture libres à la pause méridienne pour les collégiens qui ne sont pas encadrés par un professeur-voyageur.

Au collège, le choix de partager telle ou telle lecture épicée, en lien avec le programme, avec tous les élèves d’un même niveau.

Au lycée, une lecture épicée par la prof de lettres pour ouvrir la semaine avec sa classe de CAP ou par la documentaliste pour la clore le vendredi quand l’attention des seconde pro baisse. De sorte que les jeunes finissent par les réclamer si on les oublie !

En plus des idées et du savoir-faire, le travail en commun a donné de l’énergie à chacun.e pour s’y mettre et m’a confortée dans la primauté à accorder désormais à ces animations efficaces, universelles et pérennes qui peuvent fidéliser les publics.

VML

Une heure pour découvrir Les Rides de JR, publié par Phaidon, dont la photo ci-dessous est extraite (page 25).

J’ai demandé à mon petit groupe d’élèves de 6e comment ils se représentaient les personnes âgées. Ils les voient, de manière prévisible, comme des personnes fragiles, empêchées, ne pouvant plus faire leurs courses seul.e.s, pouvant tomber plus facilement malade, voyant moins, entendant moins, se déplaçant moins facilement.

Ensuite, je leur ai proposé de s’intéresser à la façon dont JR les voyait, lui.
Ils ont d’abord voulu savoir qui il était. Ensuite, je leur ai montré quelques-uns des visages qu’il a photographiés et publiés dans l’album. Ils ont alors compris que le regard de JR était différent du leur. Par exemple, sur les photographies, les personnes âgées sourient. Certaines sont encore amoureuses !

J’ai terminé par la double-page où JR nous dit que les rides racontent aussi des histoires. La séance étant terminée, il nous a fallu nous arrêter là. Je voulais leur demander quelles histoires des rides peuvent raconter, ce qu’ils aimeraient, eux, en savoir, en apprendre…

Je les ai renvoyés à une lecture personnelle et plus approfondie de l’album qui confortera certainement le changement de regard des élèves sur les aînés amorcé au cours de la séance : en début d’heure, les seniors étaient « des pépés et des mémés », à la fin « des personnes âgées ».

 Emmanuel Delorme, professeur de lettres (Camille Chevalier / Chalon)

Au collège Saint Dominique (Chalon/Saône), c’est notre classe de 3e qui a lancé le voyage-lecture en présentant, les 12 et 14 janvier, la scénographie aux classes de 6° et 5° ainsi qu’à une classe de CM2.

Notre professeur de Français, Madame Boldrini, a choisi notre classe pour nous exercer à un concours d’éloquence et plus généralement nous faire progresser à l’oral en vue du brevet et du baccalauréat.

Après nous être répartis les rôles, nous avons appris nos textes par cœur et nous sommes entrainés pendant les cours de Français. Une semaine avant le passage devant les classes, nous avons fait une répétition générale.

Le bilan est positif. Pour tous, c’est un bon entrainement à l’oral. Pour certains, c’est un moyen de gagner de la confiance en soi, à l’image de Morgane : « au début je n’étais pas du tout motivée par ce projet, car je déteste parler en public. Mais après l’apprentissage du texte et les répétitions, j’ai pris confiance en moi et j’ai apprécié l’expérience. » D’autres ont appris à gérer leur stress.

Jade Mazoyer, Isaline Dallavalle, Morgane Polato, Chloé Seteen, Hugo Ferreira, Maximilien Denis, Clément Jacquin, Karal Ilkan

Pour présenter les albums à des publics variés, lecteurs autonomes ou non, Livralire invente une scénographie qui met en avant les personnages, le cadre et l’intrigue.

Le montage ci-dessous explique les ressorts de la création et donne un aperçu du déroulement. Sur simple demande, les visiteurs du blog peuvent obtenir le lien vers le film de la scénographie intégrale (25 minutes) avec les textes savoureux empruntés aux auteurs.

Cette lecture-spectacle est jouée à partir de janvier 2021 par les animatrices (et animateurs) du voyage-lecture, seules, associées à des collègues ou/et avec le public. Dans certains collèges et lycées, ce sont les jeunes d’une classe ou d’un club qui préparent et jouent la scénographie pour les autres. En juin, des lecteurs-voyageurs l’utiliseront pour promouvoir à leur tour les albums auprès d’autres publics : des jeunes à leurs parents, des ainés à des CM2, des apprenants à du public à la bibliothèque, etc.

VML

En tant qu’enseignante, j’ai toujours pratiqué la lecture en réseaux. Au cours de mes visites en qualité de conseillère pédagogique, j’ai senti que les enseignants avaient besoin d’outils adaptés pour leurs élèves de collège en difficulté scolaire ou en situation de handicap.

J’ai recherché une dynamique à mettre en œuvre, stimulante autant pour les enseignants que pour les jeunes. Ma collègue, directrice de Canopé dans notre département, me parle du projet 1, 2, 3 albums et me met en lien avec la Médiathèque Départementale du Tarn. Ce projet répondait en tout point aux besoins évoqués. La sélection des albums alliant textes, images et thématiques proches des préoccupations des adolescents est tout à fait exceptionnelle.

Après une année « test » très concluante, malgré le confinement, au niveau pédagogique et avec des effets collatéraux spontanés (des documentalistes découvrant la qualité et l’impact des lectures d’albums les ont proposées aux classes généralistes et aux professeurs de français), les enseignants spécialisés de tout horizon (SEGPA, ULIS, IME, ITEP) ont embarqué avec enthousiasme en septembre 2020.

Pour la deuxième année encore, l’équipe de partenaires met en œuvre le projet dans le cadre des enseignements et du développement numérique, en concertation avec les enseignants (formation commune, padlet coopératif) : le SDEI 81, Canopé  (atelier numérique), la MDP  (lancement du voyage,  fonds Facile à lire, suivi avec Livralire) et les bibliothèques publiques quand elles répondent présentes.

L’agenda du voyage nous laisse du temps au premier trimestre. C’est une chance d’avoir trois mois entre adultes pour rechercher et partager des entrées de lecture, des activités et des ouvertures suggérées par les albums. C’est tout bénéfice pour les jeunes qui, n’ayant pas peu ou pas de références culturelles, peuvent entrer dans les œuvres par analogie et par inférence.

Ainsi donc, à l ’automne, on anticipe en semant des graines pour que le moment venu de la lecture des albums, les élèves puissent faire des liens.

Exemples de pratiques d’enseignants :
– La visite d’un barrage local, avant la découverte de celui de la Kielder Valley.
– L’écoute du conte de Grimn, en amont de la version contemporaine des Souliers usés.
Un film pour comprendre les migrants, annonce Quelqu’un m’attend derrière la neige.
Une vidéo sur le métier de vitrier diffusée dans le cadre du parcours Avenir précède Les dessins de Claire.
Des séquences sur la guerre 39-45 prépare l’histoire de Louise (Si je reviens un jour).
– Le film Visages villages éclaire les autoportaits des Rides.

De janvier à juin, les jeunes découvriront, comme acteurs ou récepteurs, les albums selon des modes différents :  lecture intégrale, lecture épicée, adaptations audio, lectures adaptées (FALC =Facile à lire et à comprendre). Quand, après un partage de lecture, un élève s’écrie : « c’est comme dans… », on se dit que cette approche de la littérature n’a pas été vaine.

Les graines germent et poussent.
Marilyne Pingaud – Conseillère Pédagogique, SDEI Tarn

L’équipe de Livralire est heureuse d’annoncer l’ouverture en ce début d’année d’Alterbib, un blog sur lequel Véronique Marie Lombard distillera au fil des semaines son testament de bibliothécaire inspiré de son expérience de formatrice. Toutes les chroniques reposent sur du vécu. La participation est ouverte.

Pour la quatrième année, Emmanuel Delorme, professeur de lettres à Camille Chevalier, embarque des élèves de 6e dans 1, 2, 3 albums, en jumelage avec des seniors de la ville que je vais accompagner. En prévision de la première rencontre (la scéno), programmée le 25 janvier (on croise les doigts) à la maison des seniors de Chalon-sur-Saône, j’ai rencontré les élèves au collège.

Après les présentations, nous avons mené un atelier de lecture des illustrations de couverture sans titre (fichier disponible sur simple demande) avec douze élèves à qui Emmanuel avait lu au 1er trimestre cinq albums de l’an passé.

Pour que les collégiens comprennent la démarche, nous commençons chacun avec un visuel projeté au mur : nous décrivons l’image, les élèves complètent. Puis six illustrations sont distribuées à des duos déjà constitués. Après quelques minutes d’observation, ils partagent leur analyse à l’ensemble du groupe à qui la parole est ensuite donnée.

Certaines illustrations sont inspirantes, sans emmener forcément sur la bonne piste. Si le thème du secret est évident avec la fille qui fait le signe « chut » sur ses lèvres, c’est celui du cauchemar qui est évoqué pour celle des souliers usés. Le portrait des rides, c’est un monstre pour le duo garçon-fille qui s’en est saisi à l’envers. Je suis épatée par le sens de l’observation de deux garçons qui témoignent d’une certaine culture générale.

Emmanuel clôt chaque analyse en notant sur le tableau blanc un élément clé de leurs suppositions. Pour finir, nous distribuons la liste des titres et essayons ensemble de les associer aux visuels de couverture.

Le but était de créer un horizon d’attente. Au moment de la scénographie, puis des lectures, les élèves auront les solutions et, comme l’occasion m’en a été donnée hier, verront les couvertures d’un autre oeil.

PS : Le rouge de la page de titre du livret ci-dessous est un clin d’oeil aux 3 albums où cette couleur est prégnante, comme les élèves nous l’ont fait remarquer.
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Ella Maillart nait à Genève en 1903.  Dans sa famille on la surnomme Kini. Elle est ravissante mais très souvent malade. Difficile d’imaginer qu’elle deviendra une solide baroudeuse et une des plus grandes aventurières du XXe siècle.

Depuis 30 ans, la télévision Suisse, la RTS, offre dans l’émission « Passe-moi les jumelles », des portraits de gens qui, comme elle, vont au bout de leurs rêves.

Parmi les dizaines de vidéos d’une durée moyenne de 30 minutes, vous découvrirez, dans des cadres magnifiques :

Les merveilles d’une créatrice de papier dans la magnifique vallée de la Gruyère.

Un aquarelliste qui pendant 366 jours peint en pleine nature dans le Jura.

Un photographe animalier en planque en Suisse et dans le Grand Nord où le loup blanc finit par se montrer !

Les 2500 Joyeux givrés se baignent déguisés, le jour de Noël, dans le lac Léman qui ne fait pas plus de 8 degrés.

Deux frères bâtisseurs qui construisent des structures et des murs de pierre en pleine montagne.

A regarder seul, en duo ou en famille.
A installer sur les tablettes à l’Ehpad, au foyer logement, au collège, à la bibliothèque.